MUSIQUE

Nuit blanche pour Céline

LAS VEGAS — Une quinzaine de fans inconditionnels ont attendu jusqu’au milieu de la nuit, vendredi soir, près de la demeure de Céline Dion, pour célébrer la fin de sa résidence avec elle.

Ils venaient de la Norvège, de la Belgique, de la France, des Pays-Bas, des États-Unis et du Canada. Des admirateurs de la première heure, qui ont vu la vedette un nombre incalculable de fois en spectacle.

Ils assistaient à l’avant-dernière représentation de la Québécoise, mais sont partis pendant le rappel. Ils ont sacrifié My Heart Will Go On pour réaliser ce qu’ils appelaient « une mission ».

Ils ont pris place dans des voitures louées en direction de Lake Las Vegas, quartier où vit leur chanteuse préférée, à près de 30 minutes de la Strip.

Une partie de cette bande de fans, tous membres du club d’admirateurs Red Heads, avaient fait la même chose pour marquer la 1000e représentation de Céline Dion, en octobre 2016. Tenant 1000 ballons, ils avaient attendu la vedette internationale au bord de la route, tout près de la guérite de la communauté privée où se situe sa demeure.

À l’époque, lorsqu’elle était passée en voiture, elle s’était arrêtée, croyant qu’il s’agissait d’un mariage. Émue de voir que c’était pour elle, elle avait passé plusieurs minutes avec ces gens venus de partout dans le monde pour la rencontrer.

Cristina Moldovan lui avait alors tendu l’un des ballons, et Céline Dion l’avait lâché pour le laisser s’envoler.

L’expérience se répète

Cristina était encore là, vendredi soir, pour marquer la fin de cette résidence. Déjà, à l’adolescence, complètement obnubilée par Céline Dion, cette Roumaine avait annoncé à ses parents qu’elle quitterait un jour son pays pour aller vivre dans celui de son idole.

C’est ce qu’elle a fait, et elle vit au Québec depuis maintenant plusieurs années.

Vendredi soir, elle s’acquitte donc d’une deuxième mission à Lake Las Vegas dans l’espoir d’avoir autant de chance qu’en 2016.

Il est près de 23 h lorsque son amoureuse, Line Basbous, une douzaine de personnes et elle s’attroupent sur une partie de terrain et un bout de trottoir. Au son des chansons de Céline, elles posent sur un bar des flûtes à champagne, du mousseux et un magnifique gâteau en forme de Colisée. Elles installent aussi un « CELINE » lumineux, créent des jeux de lumière dans les arbres, posent des carrés lumineux sur la pelouse, et bien plus.

Julien, Français à Las Vegas pour l’occasion, explique que « les missions peuvent procurer beaucoup de joie ou beaucoup de déception », selon qu’elles fonctionnent ou non. Il est fébrile et espère que Céline s’arrêtera lorsqu’elle passera devant eux.

Très organisés, d’autres admirateurs sont postés à la sortie du Caesars Palace pour les informer du départ de la vedette.

Ce soir-là, Céline Dion tarde à sortir… Et vers minuit, des policiers et des agents de sécurité de la communauté privée, alertés par une femme agitée et nullement sensible au geste d’amour des fans envers leur idole, leur demandent de partir.

Cristina Moldovan et Line Basbous ont déjà vu neiger… Elles sortent l’artillerie lourde pour les convaincre de les laisser réaliser leur mission.

Myriam Le Bouthillier n’en revient pas… Sérieux, il faut s’en aller ? Alors qu’ils sont si près du but ? Alors que tout se déroule dans le calme et la joie ?

« Come on… Est-ce qu’il y a quelque chose de plus inoffensif qu’un fan de Céline ? »

— Myriam Le Bouthillier, admiratrice de Céline Dion

Finalement, tout le monde met de l’eau dans son vin. Le groupe retire entre autres les lumières des arbres, et la sécurité le laisse tranquille.

L’espoir de rencontrer Céline renaît.

À 1 h, Line Basbous reçoit l’information qu’ils attendent depuis deux longues heures : Céline vient de quitter le Caesars Palace.

« Lorsqu’elle arrive, on reste calmes, on ne crie pas. On l’invite à prendre un verre et on la laisse prendre le lead », dit la fondatrice du fan-club.

Les 30 minutes qui suivent se passent dans la fébrilité. Rassemblé près du bar, tout le monde regarde au loin les voitures qui s’approchent. Et, malgré l’heure tardive, elles étaient étonnamment nombreuses.

Finalement, le moment tant attendu arrive : 

« C’est elle ! »

« Elle arrive ! »

« C’est sa voiture, c’est sa voiture ! »

« Mais… elle n’arrête pas ! »

« Est-ce qu’elle nous a vus ? »

« Son chauffeur nous a vus, peut-être pas elle… »

Mission ratée… Un silence s’installe. C’est terminé.

« On ouvre quand même le champagne ? », lance Line Basbous, en souriant.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.