éducation

Des profs sans formation en enseignement à la CSDM

Les gens titulaires d’un baccalauréat dans une discipline pertinente pourront faire de la suppléance même s’ils n’ont aucune formation en pédagogie.

Il n’est plus nécessaire d’avoir été formé en enseignement pour faire de la suppléance dans les écoles de la Commission scolaire de Montréal (CSDM). Ceux qui ont en poche un baccalauréat et une expérience pertinente auprès des jeunes sont maintenant invités à venir enseigner aux élèves.

Quelques semaines seulement après la rentrée, la plus grande commission scolaire du Québec a publié un avis dans lequel elle sollicite les candidatures de gens titulaires d’un baccalauréat d’« une discipline enseignée dans les écoles de la CSDM en formation générale des jeunes (mathématiques, littérature française, histoire, etc.) » pour pallier la pénurie de suppléants.

Plusieurs commissions scolaires peinent à recruter des enseignants titulaires et leurs banques de suppléants s’en trouvent dégarnies. En conséquence, les étudiants en enseignement sont courtisés pour faire des remplacements périodiques dans les écoles. La CSDM les a appelés en renfort à la dernière année scolaire.

« Mais cela ne suffit pas à pourvoir tous nos besoins », explique la CSDM dans une annonce publiée la semaine dernière, dans laquelle elle précise que ces remplacements se feront surtout dans les écoles primaires.

« Depuis la rentrée, on reçoit par semaine entre 200 et 250 nouveaux élèves », dit le porte-parole de la CSDM, Alain Perron.

Une gestion de classe difficile

Les suppléants que la CSDM cherche à recruter sont appelés à rester « cinq jours et moins » dans une école et ne se verront pas offrir de contrat. Mais même pour faire de la suppléance, l’avantage d’un enseignant formé comme tel est indéniable, dit Catherine Renaud, présidente de l’Alliance des professeurs, qui représente les enseignants de la CSDM.

« Pour quelqu’un qui n’a pas de formation en pédagogie, la gestion de classe risque d’être beaucoup plus difficile. Tu passes plus ton temps à gérer les crises, les batailles, les injures qu’à enseigner des contenus. »

— Catherine Renaud, présidente de l’Alliance des professeurs

Elle reconnaît que la pénurie de professeurs a « atteint son apogée ».

« Il faut regarder pourquoi on est rendus là. Qu’est-ce qu’on peut faire pour éviter ces situations-là ? Pourquoi est-ce qu’il y a moins d’inscriptions dans les facultés d’éducation qu’auparavant ? Peut-être que ceux qui n’ont pas encore enseigné comprennent les conditions d’exercice des enseignants », avance Catherine Renaud.

La commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB) demande encore à ses suppléants d’avoir un baccalauréat en enseignement ou d’être en voie de l’obtenir. Contrairement à ce que permet maintenant la CSDM, un bachelier en musique, par exemple, ne pourrait faire de la suppléance à la CSMB.

Mais les choses pourraient bientôt changer. « On est en réflexion. On a vu ce que la CSDM a fait et il n’est pas impossible qu’on ouvre la porte, compte tenu du contexte », dit Gina Guillemette, porte-parole de la CSMB.

Pour pallier le manque de suppléants, la commission scolaire de la Rivière-du-Nord a quant à elle affecté 10 professeurs dont la tâche cette l’année est uniquement de faire de la suppléance. « On est en période d’essai, mais pour le moment, ça fonctionne très bien », dit Nadine Brochu, conseillère en communications.

La banque de suppléants de cette commission scolaire des Laurentides est à flot, mais on joue tout de même de prudence. « Je ne dirai jamais qu’on n’est pas à la recherche d’enseignants ! », lance Nadine Brochu.

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