Tennis  Coupe Rogers

Halep a survécu

Malgré des douleurs aux pieds, la Roumaine Simona Halep a renversé coup sur coup Anastasia Pavlyuchenkova et Venus Williams, hier, au stade IGA. « Ç’a vraiment été une très longue journée », a raconté la première raquette mondiale.

Tennis  Coupe Rogers

Deux matchs, deux victoires

Simona Halep racontait hier après-midi qu’elle avait des problèmes avec ses pieds, des « ampoules » douloureuses qui la gênaient dans ses déplacements. La Roumaine venait de vaincre difficilement la Russe Anastasia Pavlyuchenkova, 7-6 (9), 4-6 et 7-5, en plus de trois heures d’un match amorcé la veille… et elle allait devoir jouer un autre match ! Contre Venus Williams !

N’écoutant que son courage, les pieds bien protégés, la numéro un mondial est vaillamment revenue sur le court central en soirée, et elle n’a cette fois pas eu à se dépenser outre mesure pour écarter sa rivale, 6-2 et 6-2.

« Ç’a vraiment été une très longue journée, a raconté la championne du tournoi en 2016. Ce n’est pas tous les jours qu’on gagne deux matchs contre de bonnes adversaires. [Hier] après-midi [contre Pavlyuchenkova], je savais que ce serait très difficile et j’ai vraiment dû me livrer au maximum. [Hier] soir, Venus [Williams] était visiblement gênée par une blessure. »

Williams elle-même en était aussi à son deuxième match de la journée et elle jouait en dépit d’un genou droit en mauvais état. L’Américaine, qui avait été finaliste à Montréal en 2014, était déçue de la tournure des évènements, mais elle a refusé de se donner la moindre excuse en point de presse devant les journalistes.

« Elle a très bien joué, beaucoup mieux que moi, et méritait sa victoire. Jouer deux matchs est toujours difficile, mais plusieurs joueuses ont dû le faire aujourd’hui. Cela n’arrive heureusement pas souvent, et c’est bien ainsi… »

— Venus Williams

Halep a raconté qu’elle avait réussi à retrouver des forces entre les deux matchs : « J’étais très fatiguée après mon premier match, mais j’ai quand même eu quatre heures pour me reposer. La routine est très différente, bien sûr. On ne joue pas souvent deux matchs en quelques heures. C’est important de conserver son énergie au maximum, en se reposant, en tentant de dormir un peu. »

Aujourd’hui, la Roumaine n’aura qu’un match à disputer, mais il s’annonce ardu, contre la Française Caroline Garcia. « C’est toujours difficile contre elle. Elle joue très bien en ce moment et a beaucoup d’assurance. J’espère être près de 100 % physiquement [aujourd’hui] et, si c’est le cas, je crois avoir de bonnes chances de l’emporter. »

Un match de trop pour Sabalenka

Dans le dernier match de la soirée, la Biélorusse Aryna Sabalenka s’est inclinée en trois manches, 6-2, 6-7 (1) et 0-6, contre la Belge Élise Mertens. C’était le deuxième match de trois manches pour Sabalenka, qui avait difficilement vaincu la deuxième mondiale Caroline Wozniakci, 5-7, 6-2 et 7-6 (4), à peine deux heures avant son match contre Mertens.

Il s’agissait de la victoire la plus importante de la carrière de la jeune Biélorusse, actuellement 39e mondiale, et il est un peu dommage qu’elle n’ait pu défendre ses chances dans des conditions normales. Au total, elle a joué pendant plus de 4 heures 43 minutes sur les courts du stade IGA hier…

Tennis  Coupe Rogers

L’étrange détour d’Ashleigh Barty

Chaque joueuse a son propre parcours vers les hautes sphères du tennis, mais certains de ces parcours sont plus tortueux que d’autres. Celui d’Ashleigh Barty entre dans cette catégorie.

C’est que sa route vers le sommet est passée par… le cricket !

De septembre 2014 à mai 2016, l’Australienne s’est en effet éclipsée des terrains de tennis, exténuée par la vie sur le circuit mondial. La petite joueuse de 5 pi 5 po s’est alors jointe au Heat de Brisbane, dans la Big Bash League.

À l’époque, sa décision avait intrigué plus d’un observateur. En 2013, elle avait gagné plus de 600 000 $ en bourses, principalement grâce à ses trois finales du Grand Chelem en double. Selon les médias australiens, elle allait toucher environ 7000 $ pour sa saison de cricket.

Sa décision est d’autant plus intrigante qu’elle n’a jamais réellement levé le voile sur ses motivations. Encore aujourd’hui, elle esquive rapidement la question.

« C’était un peu sur un coup de tête, par l’entremise d’une amie physiothérapeute, a-t-elle raconté hier. J’en ai souvent parlé par le passé. »

Même si les deux sports sont bien différents, a-t-elle tiré des enseignements du cricket qu’elle peut appliquer au tennis ? Là non plus, elle ne s’étend guère.

« Ce sont deux choses complètement différentes. Je joue beaucoup en double, donc il y a cette notion de sport d’équipe quand je joue avec Casey [Dellacqua]. Mais il n’y a pas vraiment d’autres comparaisons. »

Pause bénéfique

Cette pause du tennis a duré près de deux ans et a visiblement porté ses fruits. Depuis son retour, Barty ne cesse de gravir les échelons et de concrétiser tout le potentiel vu en elle quand elle a été sacrée championne junior à Wimbledon en 2011. Depuis le début de 2018, elle se maintient essentiellement entre les positions 15 et 20 au classement mondial.

« Je suis vraiment ailleurs dans ma tête. Je me sens bien physiquement, je sens que mon jeu est plus complet, a raconté la joueuse de 22 ans. Je crois que je suis bien plus mature qu’à 17 ans. C’est évident : avec l’âge et l’expérience, on grandit en tant que personne. »

La voici maintenant en quart de finale, une étape qu’elle n’avait pas encore atteinte cette année dans les tournois Premier 5 (la catégorie de la Coupe Rogers) ou Premier Mandatory (la seule autre catégorie supérieure à la WTA). Aujourd’hui, elle se frottera à la Néerlandaise Kiki Bertens, une joueuse en grande forme qui vient de faire tomber deux têtes de série (Karolína Plíšková et Petra Kvitová).

Avec une victoire et une présence dans le carré d’as, Barty cimentera son statut de joueuse à suivre pour le reste de la saison. Et surtout, elle continuera à prouver que son parcours, aussi atypique soit-il, était finalement le bon.

« Chaque joueuse a son histoire, ses expériences. J’ai simplement eu la mienne. Aujourd’hui, je me sens à ma place parmi le top 20. Je sens que je suis constante. Ce que j’ai fait a fonctionné. »

Tennis  Coupe Rogers

Bouchard et Stephens s’amusent encore !

Eugenie Bouchard voulait jouer le plus de matchs possible à la Coupe Rogers, la voilà en quart de finale du double. Faute d’avoir pu l’emporter en simple, la Canadienne a continué de s’amuser, hier, avec sa partenaire américaine Sloane Stephens. Le duo a défait l’Australienne Daria Gavrilova et la Belge Kirsten Flipkens, 6-0 et 6-4, et jouera en quart de finale aujourd’hui. Jamais Bouchard n’était allée aussi loin dans le tournoi, une performance à laquelle elle n’accorde qu’une importance relative. « Avec Sloane, on rigole beaucoup, peut-être trop parfois. Nous voulons surtout jouer du bon tennis. Nous sommes toutes les deux des joueuses de simple, nous prenons ces matchs comme un entraînement. Je ne joue pas toujours les doubles. C’est très bien que je puisse encore jouer ici à Montréal et continuer à travailler sur mon jeu. Nous avons gagné quelques matchs et nous nous concentrons sur celui [d’aujourd’hui]. Nous ferons de notre mieux et nous verrons bien… » Bouchard et Stephens affronteront aujourd’hui (vers 18 h 30) les deuxièmes favorites, Ekaterina Makarova et Latisha Chan. Le match sera disputé sur le court Banque Nationale. — Michel Marois, La Presse

Garcia montre la sortie à Sharapova

La Française Caroline Garcia connaît en ce moment la meilleure séquence de sa carrière et se retrouve au sixième rang du classement mondial. Celle qui avait la mauvaise habitude de crouler sous la pression a montré hier devant la Russe Maria Sharapova qu’elle avait maintenant les nerfs… et le jeu pour tenir tête aux meilleures. Garcia s’est imposée 6-3 et 6-2, sans jamais vraiment être inquiétée. Très constante – ce sera la septième fois qu’elle jouera en quart de finale cette saison –, Garcia bénéficie d’un bel appui cette semaine et elle n’a pas manqué de demander au public du court central de revenir l’encourager ce soir !

— Michel Marois, La Presse

Tennis  Coupe Rogers

La journée en bref

Wozniacki en beau fusil

Tout ça pour ça… Caroline Wozniacki, toujours une favorite du public à Montréal, a dû attendre au jeudi avant de disputer son premier match, parce qu’elle avait un laissez-passer au premier tour, et parce que la pluie a forcé le report de son match prévu mercredi. Finalement, au bout de 2 h 31 min d’efforts, la deuxième tête de série s’est inclinée 5-7, 6-2 et 7-6 (7/4) devant la Biélorusse Aryna Sabalenka. Ça a donné une Wozniacki d’humeur massacrante en point de presse, qui a duré 2 min 35 s pour 11 questions (le chrono inclut les questions). La Danoise a eu le temps d’assurer qu’elle était en pleine santé, même si elle avait déclaré forfait la semaine dernière à Washington en raison d’une blessure à une jambe.

— Guillaume Lefrançois, La Presse

Stephens freine Suárez Navarro

Ç’a a mieux été pour Sloane Stephens, qui a défait l’Espagnole Carla Suárez Navarro en deux manches de 6-2 et 7-5, en 1 h 30 min. Stephens a donc un parcours relativement harmonieux jusqu’ici, après une victoire expéditive contre la Québécoise Françoise Abanda mercredi. En quart de finale, la 3e tête de série a rendez-vous avec la Lettone Anastasija Sevastova, 19e mondiale. Cette dernière a indiqué la sortie à l’Allemande Julia Goerges (no 10) avec un gain de 6-3 et 7-6 (7/2).

— Guillaume Lefrançois, La Presse

Svitolina poursuit son chemin

La 5e tête de série a également survécu à la journée d’hier sans trop de difficulté. L’Ukrainienne Elina Svitolina a vaincu la Britannique Johanna Konta 6-3 et 6-4. Konta n’était peut-être pas dans les meilleures dispositions, puisqu’elle avait dû terminer son match de deuxième tour plus tôt dans la journée.

— Guillaume Lefrançois, La Presse

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.