PORTRAITS D’ENTREPRENEURS

ergonofis : les jeunes visages de la révolution des bureaux

À première vue, leur histoire ressemble à un conte de fées. Tous deux mannequins dans la vingtaine, Kimberley et Samuel se rencontrent lors d’une séance photo dans un pays chaud. Trois ans plus tard, ils sont à la tête d’ergonofis, une startup montréalaise à la croissance fulgurante qui révolutionne l’achat de mobilier de bureau ergonomique. Est-ce que tout s’est réalisé par magie  ? Non. «  On a travaillé comme des fous et on ne s’est versé aucun salaire pendant deux ans  », résume la cofondatrice.

De mannequins à entrepreneurs

Kimberley Pontbriand commence à travailler comme mannequin dès l’âge de 14 ans et cela influence fortement la création de son entreprise. «  Très jeune, j’ai dû adopter de saines habitudes pour garder la forme.  » Lors d’un contrat à l’étranger, alors qu’elle poursuit des études en marketing, elle fait la rencontre de Samuel Finn.

Fier gaillard au parcours peu habituel, Sam est tour à tour auteur, joueur de hockey et à la tête de trois entreprises – tout ça, avant d’avoir 25 ans. Offrant à l’époque des consultations en ligne sur la mise en forme, il partage avec Kim sa plus grande frustration. «  Les gens s’entraînent, mais vont ensuite passer toute la journée assis  », constate-t-il. «  Je veux avoir un impact concret et durable sur leur santé, bien au-delà de la salle d’entraînement.  »

Passant lui-même huit heures par jour devant son écran, Sam est bien placé pour comprendre l’inconfort lié au fait de demeurer trop longtemps dans la même position.

Le problème perdure en travaillant uniquement debout – un prototype de bureau surélevé avec des pneus de voiture permet de le confirmer. La productivité passe par l’alternance « assis-debout ».

En discutant, l’idée se précise. Les deux entrepreneurs se lancent dans la vente de mobilier ergonomique et fondent ergonofis.

Développer le produit parfait

Les cofondateurs offrent principalement des bureaux à hauteur ajustable, qui permettent d’alterner les positions de travail tout au long de la journée, sollicitant des muscles différents et réduisant l’inconfort. Après avoir été revendeur de produits existants, le duo se rend à l’évidence : aucun modèle ne les satisfait pleinement.

«  Les plus beaux étaient trop chers, alors que d’autres étaient fabriqués à l’étranger  », souligne Kim. «  Il fallait toujours faire un compromis entre design, durabilité et fonctionnalité.  »

C’est ce qui motive le duo à développer sa propre gamme, combinant des composantes conçues pour usage intensif, des essences de bois locales et des lignes élégantes en un tout au chic fou.

336 % de croissance par année

Afin de maintenir un prix concurrentiel, l’entreprise vend ses produits en ligne directement aux clients, sans intermédiaire. Après trois ans, la startup montréalaise enregistre une croissance moyenne de 336 % par année et des milliers de bureaux livrés partout en Amérique du Nord.

Kim attribue cette progression spectaculaire au dévouement de l’entreprise à offrir la meilleure expérience d’achat possible.«  Dans l’industrie du meuble, les délais moyens sont de quatre à huit semaines. Chez ergonofis, la livraison se fait en trois à cinq jours et si le client n’est pas entièrement satisfait après 30 jours, nous assumons le remboursement et tous les frais associés au retour  », explique l’entrepreneure. «  On est prêts à perdre de l’argent pour qu’un client soit satisfait à 100 %.  »

Les clients aspirent au style de vie ergonofis, soit un style de vie plus actif au bureau. Ceux-ci deviennent une source exponentielle de référence, et même un tremplin vers de grandes entreprises comme Desjardins, Shopify et Rodeo FX.

1 bureau = + 3 arbres

En plus de favoriser des matières et de la main-d’œuvre locales dans ses opérations, pour chaque bureau vendu, ergonofis plante trois arbres. Cet engagement écoresponsable est imbriqué à même le modèle de l’entreprise et grandit au rythme du chiffre d’affaires. «  On est tous conscient que les choses doivent changer  », croit Kim. «  En tant que jeunes entrepreneurs,c’est notre responsabilité d’être la voix du changement, de faire les bons choix.  »

Seuls maîtres à bord

À ses débuts, plutôt que de solliciter du financement auprès d’institutions ou d’investisseurs, le duo injecte toutes ses économies personnelles et fait preuve de rigueur budgétaire. «  On ne faisait pas de dépenses extravagantes et on occupait un deuxième emploi pour ne pas se verser de salaire ; c’est en réinvestissant tous nos profits que nous avons bâti notre fonds de roulement  », se rappelle Kim.

Aujourd’hui, les entrepreneurs sont heureux d’être seuls maîtres à bord. «  Cela nous permet de contrôler nos investissements et de nous concentrer pleinement sur l’expérience individuelle de chaque client. »

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