La vie après Occupation double

« On est encore la saveur du mois »

Comment les anciens candidats d’OD vivent leur soudaine célébrité virtuelle ? Cinq d’entre eux ont accepté de se confier sur leur expérience et de parler de leurs attentes.

Renaud Blanchet 

ouvert à tout !

138 000 abonnés Instagram

C’était un rêve pour Renaud de participer à Occupation double. « J’ai vu toutes les éditions. En 2018, mon tour est venu. Est-ce que mon but était de devenir influenceur ? Pas directement. Est-ce que je voulais avoir de la visibilité et me démarquer ? Absolument ! »

Les fans l’ont parfois pris en grippe, sa présence n’a laissé personne indifférent, on a parlé du Renaud Show. « Quand tu t’inscris à un jeu comme OD, tu dois être compétitif. J’ai joué le jeu. Le prix m’intéressait, mais je tenais surtout à vivre l’aventure de A à Z », nous a dit le Montréalais en janvier.

Le mécanicien de locomotive, qui a repris son boulot à temps partiel, a hâte de savoir où le mènera sa nouvelle célébrité. « On est encore la saveur du mois, on reçoit beaucoup d’offres qu’on filtre. J’explore toutes les possibilités. »

Renaud soigne son image, paie de sa poche des photographes professionnels. « Je veux montrer que je suis impliqué, rigoureux. » Il publie au moins trois fois par semaine et analyse ses statistiques.

« Dans les premières semaines, ça devenait maladif. Je comparais mes chiffres à ceux des autres, je paniquais quand les autres avaient plus de likes. C’était nocif. J’ai pris mes distances, je me concentre sur mes objectifs. J’aimerais beaucoup continuer dans les médias. » Il serait sur le point d’annoncer une offre en ce sens.

Adamo Marinacci 

pour la musique

48 400 abonnés Instagram

Gagnant d’Occupation double à Bali, Adamo Marinacci, 30 ans, a eu du mal à s’adapter à sa soudaine célébrité, à l’impact des réseaux sociaux dans sa vie. « Ça m’a énormément déstabilisé. J’ai vécu une année difficile, c’était vraiment trop gros. Je n’étais pas prêt. Je n’arrive même pas à croire que j’ai gagné l’émission, ça n’a pas rapport. »

« À mon retour, j’ai capoté. Je suis un gars qui préfère graviter autour du monde, là, on gravitait autour de moi. C’était beaucoup trop d’attention. »

– Adamo Marinacci

Jusqu’à 150 000 abonnés l’ont suivi sur Instagram. « Je sais que c’est la nouvelle affaire, qu’il faut être là-dessus, mais je trouve ça malsain. Tu dois parler de toi, tu dois publier des photos parfaites qui camouflent tous tes problèmes personnels. »

Musicien, il a participé à Occupation double pour voyager et faire connaître son groupe Les Grosbig. « C’est incroyable, je peux vivre de ma musique ! »

À son retour de Bali, plusieurs entreprises l’ont contacté. Sans succès. « Je ne répondais pas. Je suis sûrement passé à côté de plusieurs contrats. »

Il a plutôt choisi de contacter des organismes qui lui tenaient à cœur, comme la Société canadienne de la sclérose en plaques. Il a maintenant un agent. « Je suis pourri, c’est lui qui gère mes réseaux sociaux. » Il accepte des contrats ici et là. Son compte a été piraté et son nombre d’abonnés a fondu. « Je ressens moins de pression. »

Il écrit son premier album solo, dont la sortie est prévue d’ici la fin de 2019. « Je fais tout pour la musique. »

Jonathan Fortin 

le néophyte

138 000 abonnés Instagram

« Le fait d’être connu, c’est spécial, confie le charpentier-menuisier de Saint-Prime. C’est le fun à vivre parce que je sais que c’est éphémère et que ça ne durera pas 10 ans. Je ne veux pas changer ma vie, je travaille en construction et je veux continuer. Ce n’est pas mon but de devenir Instababe ! »

Cette saison, Jonathan a été perçu comme le bon gars, intimidé par les garçons et mal-aimé des filles. « Ils en ont mis un peu plus au montage, mais les gens m’ont perçu de façon positive. J’aime ça. »

Son plan était de « vivre le trip OD » et de reprendre une vie normale. « Ma vie normale a changé un peu. Chez nous, les gens me regardent d’une façon différente. Ils sont gênés de m’aborder, mais je suis content de répondre à leurs questions. »

Sa dernière vidéo – où on le voit s’amuser avec son neveu – a reçu 52 000 mentions J’aime. Veut-il profiter de cette visibilité ? « J’attends les offres. On a une agence, je suis en stand-by. Je ne virerai pas fou à essayer de tout prendre. Si vous vendez des bulles de bain, ne m’approchez pas. Une émission de rénovations ? Ça, oui ! »

Sansdrick Lavoie 

la télé d’abord

133 000 abonnés Instagram

Sansdrick Lavoie, 29 ans, ne s’en cache pas : il aime la caméra. En mars, il animera l’émission Faites-nous la cour ! sur Canal Vie. « Je n’ai jamais été aussi comblé professionnellement. J’aime la lentille, j’aime me sentir compétent. J’adore le public, me faire reconnaître. »

On l’a vu dans OD Bali et OD Grèce. Jamais il n’a oublié la présence des caméras. « C’était instinctif, je savais que j’étais filmé en tout temps et que j’avais l’occasion d’exposer ma personnalité. Si j’ai du succès, je dirais que c’est parce que j’assume tout ce que je dis, tout ce que je fais. »

Il gère seul sa présence sur les réseaux sociaux. « J’apprends mieux quand j’ai à me “démarder”. Au début, j’ai refusé plusieurs contrats. À un moment, j’ai paniqué. Et si on ne m’offrait plus rien ? Ç’a été un gros défi pour moi de me définir comme influenceur. Le cellulaire est un outil pour moi, pas un passe-temps. Je veux avoir une notoriété pour mon talent, pas pour les photos de mon quotidien. »

Sansdrick se décrit comme animateur, mais ne rejette pas le statut d’influenceur. « L’un ne va pas sans l’autre. J’aime parler aux gens. En télé, c’est difficile de garder un emploi. Instagram m’assure des revenus. » Il vient de signer avec Coors Light, a collaboré avec A & W et LG Canada. « Je ne me suis pas éparpillé, c’est un mal pour un bien. » Les publications qui marchent le mieux ? « Faire ce qui me tente ! »

Catherine Paquin 

faire sourire

237 000 abonnés Instagram

Il y a des jours où Catherine Paquin, 23 ans, meurt d’envie d’enfiler son uniforme d’infirmière, de retourner à l’hôpital. Elle est en sabbatique jusqu’en septembre. « C’est certain que je vais y retourner, donc je me raisonne. Ce sera une adaptation, les patients vont-ils douter de ma crédibilité ? J’espère que la poussière aura le temps de retomber. En attendant, j’essaie d’en profiter. »

Depuis son retour de Grèce, Catherine est partout : à Igloofest, à Stoneham, à Mont-Tremblant, au Salvador. « J’ai toujours aimé bouger, voyager, partager mes photos de voyage. Je suis comme dans mes pantoufles sur Instagram. »

« Je ne vois pas les réseaux sociaux comme un job. Jusqu’à présent, j’ai presque tout refusé. Ce n’est pas ma tasse de thé de vendre des trucs. Je montre des choses que j’aime, payée ou pas. J’aimerais m’associer à des causes comme Héma-Québec. »

La jeune femme de Blainville est consciente de son influence. « Il faut être vrai, plusieurs comparent leur vie à la nôtre. Si tu montres seulement ce qui est incroyable et que tu n’affiches pas le #ad quand tu es payée, ce n’est pas réaliste. »

« J’ai tellement appris sur moi. J’avais peur du jugement, j’ai appris à m’accepter comme je suis, à foncer. Je veux continuer de partager du positif, faire sourire les gens. C’est ça, ma paie ! »

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