OPINION

PROJET D’OLÉODUC TRANS MOUNTAIN
Le Canada doit respecter ses promesses environnementales

Devant l’annonce imminente par le gouvernement Trudeau d’un appui financier à l’expansion de l’oléoduc Trans Mountain, il est urgent d’affirmer notre opposition à ce projet ainsi que notre solidarité avec les Premières Nations et toutes les autres communautés qui y résistent.

Signataire de l’accord de Paris, le Canada doit s’engager rapidement dans une transition juste et profonde qui réduira significativement notre dépendance aux hydrocarbures, nos émissions de gaz à effet de serre (GES) et créera une économie et des emplois plus écologiques.

C’est donc avec étonnement et déception que nous constatons l’entêtement du gouvernement fédéral à vouloir soutenir par tous les moyens dont il dispose le projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain promu par l’entreprise texane Kinder Morgan.

En permettant l’expansion à long terme de l’industrie des sables bitumineux, cet investissement significatif en transport de pétrole brut nous éloignerait de l’atteinte de nos objectifs de réduction de gaz à effet de serre.

Le projet Trans Mountain est l’équivalent d’ajouter près de trois millions de véhicules sur les routes pendant des décennies. D’une durée de vie de l’ordre de 50 ans, cet oléoduc va à l’encontre de l’effort de transition en enfermant l’avenir économique du Canada dans l’extraction d’hydrocarbures extrêmes.

Engagements climatiques

Le Canada doit respecter ses engagements climatiques par la mise en place d’une politique de transition juste, profonde et ambitieuse. Les investissements du gouvernement fédéral doivent par conséquent soutenir les efforts des acteurs économiques qui y contribuent et non pas ceux des acteurs qui en sont l’obstacle principal.

Tout investissement se doit de soutenir la reconversion des secteurs de notre économie qui sont trop intenses en émissions, celui des hydrocarbures en priorité, et aider les travailleurs et les communautés à faire la transition vers des emplois et des activités plus écologiques – tout en s’assurant que les Premières Nations ne soient pas exclues de cette nouvelle économie comme elles l’ont souvent été jusqu’à maintenant.

L’évocation par M. Trudeau et ses ministres de l’idée d’intérêt national pour justifier son appui à l’entreprise Kinder Morgan est parmi les gestes les plus polarisants que le Canada ait connus depuis plusieurs années.

En quoi nourrir une telle polarisation entre deux provinces au profit d’une seule industrie sert-il l’intérêt national de ce pays ?

M. Trudeau a aussi promis de mettre en œuvre la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, laquelle prévoit que les Premières Nations doivent donner leur consentement libre, préalable et éclairé à des projets sur leurs territoires. Nombreuses Premières Nations en Colombie-Britannique s’opposent farouchement au projet Trans Mountain. Cent cinquante Premières Nations au Québec, au Canada et aux États-Unis ont d’ailleurs signé un traité d’alliance contre toute expansion des sables bitumineux et en faveur d’une transition énergétique juste.

Aujourd’hui, nous devons manifester notre solidarité envers tous ceux qui luttent contre Trans Mountain. Notre opposition ferme à ce projet doit aussi se faire entendre à Ottawa, au Québec, dans le Mouvement Desjardins, à la Caisse de dépôt et placement du Québec ainsi que dans toutes les autres institutions et organisations qui peuvent poser des gestes qui feront une différence.

Tous ensemble, nous avons contribué à l’abandon du projet d’oléoduc Énergie Est. Ensemble, nous devons lutter contre tout projet climaticide. Ensemble, nous devons réellement et rapidement nous engager dans une transition juste, profonde et durable qui respecte les droits des Premières Nations. Il faut exiger de Justin Trudeau qu’il rejette le projet de Kinder Morgan, qu’il refuse de le financer et qu’il respecte les droits autochtones et le droit pour la Colombie-Britannique de refuser ce dangereux projet.

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