Commerce de détail

La Senza quitte Sainte-Catherine, Victoria’s Secret titube

La boutique phare de La Senza, sur la rue Sainte-Catherine au centre-ville de Montréal, a fermé ses portes. Un départ qui survient alors que Victoria’s Secret éprouve son lot de difficultés. Mais le local, vaste et avantageusement situé, ne restera pas vacant longtemps, puisque Michael Kors va s’y installer, a-t-on appris.

Il s’agissait de « la première boutique concept dédiée à l’attraction sensuelle qu’exerce la lingerie mode », selon le communiqué de presse diffusé lors de l’inauguration, au printemps 2004.

Il faut dire que l’entreprise fondée au Québec et achetée par le propriétaire de Victoria’s Secret (L Brands), en 2006, a perdu beaucoup de plumes ces dernières années. En 2009, la chaîne comptait 322 points de vente. Il n’en reste que 124, selon le rapport annuel 2018. Une baisse de 60 %.

De plus, en 2012, le siège social montréalais de La Senza a été fermé. La gestion de la chaîne a alors été transférée à Columbus, en Ohio, où se trouve L Brands.

Le détaillant n’a pas répondu hier à nos questions sur les causes de la fermeture de sa boutique phare montréalaise.

Rappelons par ailleurs que la concurrence était vive pour La Senza sur la rue Sainte-Catherine puisqu’un immense Victoria’s Secret (le deuxième au monde par sa taille) avait été inauguré juste à côté, en 2015.

Victoria’s Secret peine aussi

Même Victoria’s Secret, la marque de lingerie la plus célèbre au monde grâce à son défilé, peine désormais à attirer les clients.

Jeudi, l’entreprise américaine cotée en Bourse a dévoilé que ses ventes comparables (une donnée clé dans l’industrie) avaient baissé de 1 % au cours de la période de cinq semaines terminée le 7 juillet. Et ce, malgré ses soldes semestriels, un événement normalement très attendu des clientes. Résultat, le détaillant a été forcé de prolonger ses soldes de 15 jours et de réduire davantage ses prix.

Cette décision devait « faire augmenter la fréquentation et vider les stocks », selon Amie Preston, chargée des relations avec les investisseurs de L Brands. Mais cela s’est traduit par une marge « nettement » plus faible que l’an passé.

La baisse de popularité s’expliquerait notamment par le fait que les femmes se tournent de plus en plus vers les soutiens-gorges légers, non coussinés et peu coûteux (bralette, en anglais), au détriment des soutiens-gorges très pigeonnants qui ont fait la renommée de Victoria’s Secret, selon un texte publié sur MarketWatch plus tôt cette semaine.

Quoi qu’il en soit, les investisseurs ont fortement réagi au faible enthousiasme des femmes pour les soldes de juin : l’action a perdu 12,1 % de sa valeur. Depuis le début de l’année, la dégringolade frôle les 50 %.

Victoria’s Secret compte 46 magasins au Canada et 1124 aux États-Unis.

Michael Kors s’amène

Le propriétaire de l’immeuble qui abritait La Senza, Rester Management, nous a par ailleurs confirmé que l’espace de 15 000 pieds carrés répartis sur trois étages était déjà loué. Mais il n’a pas voulu nous donner l’identité du prochain locataire.

Selon des informations recueillies auprès de diverses sources dans le secteur de l’immobilier, il s’agit de la marque de prêt-à-porter Michael Kors. Le détaillant est présent chez Ogilvy, mais n’a pas pignon sur rue à Montréal. Il est aussi présent au Carrefour Laval, au Centre Rockland et aux Promenades St-Bruno, entre autres.

L’entreprise cotée à la Bourse de New York a réalisé des ventes de 4,7 milliards US à son dernier exercice, en hausse de 5 %.

— Avec William Leclerc, La Presse

Libre-échange Canada-Europe

Le rejet italien ne signe pas la fin du CETA

Le vice-premier ministre italien, Luigi Di Maio, leader du Mouvement 5 étoiles (antisystème), a confirmé hier que la majorité parlementaire rejetterait l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (CETA), ce qui jette de l’ombre sur son existence même.

« Rapidement, le CETA arrivera au Parlement pour la ratification et cette majorité le rejettera », a dit M. Di Maio, devant l’assemblée de la Coldiretti, principal syndicat agricole italien.

« Si seulement un des fonctionnaires italiens à l’étranger continue à défendre des traités scélérats comme le CETA, il sera démis de ses fonctions », a-t-il ajouté.

« Être ici, pour moi, signifie revendiquer un peu de souverainisme sain. […] Si tu t’occupes de produits italiens sur le marché, tu cherches à les défendre. […] Nous devons défendre l’Italie et l’économie italienne », a souligné M. Di Maio, qui est aussi ministre du Développement économique et du Travail.

L’accord provisoire restera en vigueur

Le rejet du CETA par les Italiens ne serait pas une catastrophe, d’après Patrick Leblond, directeur associé à l’École supérieure d’affaires publiques et internationales de l’Université d’Ottawa à qui La Presse a demandé de faire des commentaires.

« Même en cas de rejet du CETA par les Italiens, l’accord provisoire continue. Il faudrait une décision de l’ensemble des membres à la majorité qualifiée pour mettre fin à l’application provisoire. Ce n’est pas l’Italie qui peut décider toute seule. »

Selon l’universitaire, l’Union européenne (UE) attendra que tous ses membres aient voté avant de prendre une décision au sujet de l’accord provisoire. Ce procédé prend du temps, souligne-t-il. Il n’est pas impossible que le Parlement italien change d’idée d’ici là, fait-il valoir.

Le CETA, signé en octobre 2016 entre l’UE et le Canada et approuvé en février 2017 par le Parlement européen, doit être ratifié par chaque Parlement des 28 pays de l’Union européenne pour être valide, même s’il est entré en vigueur de manière provisoire le 21 septembre. Pour le moment, il a été ratifié par 11 pays.

Vincenzo Boccia, président de Confindustria, principal syndicat patronal, a pour sa part estimé que ce serait « une grave erreur » de ne pas ratifier cet accord. « Si le traité de libre-échange permet d’exporter davantage, il est dans l’intérêt national, si l’on exporte moins, non. Or, selon les données, cela me semble objectif, il ouvre [le Canada] à l’Italie, il ne ferme pas », a-t-il dit.

L’association de consommateurs ADUC a elle aussi critiqué la décision de M. Di Maio, en affirmant dans un communiqué que « l’économie italienne, qui vit beaucoup des exportations, ne pourrait avoir que des avantages avec un accord comme le CETA qui protège 40 produits italiens typiques sur le marché canadien, un chiffre plus élevé que jamais auparavant ».

Le Canada demeure confiant

Le gouvernement de Justin Trudeau reste « engagé » dans le processus de ratification de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (CETA), et « n’envisage pas d’escalade », a dit hier un haut responsable canadien après l’annonce que la majorité parlementaire italienne rejetterait le CETA. Pour le Canada, l’opposition de Rome réside en un problème entre l’Italie et l’Union européenne au sujet des appellations d’origine protégée. Ottawa estime que les retombées du traité se font déjà ressentir et que l’Italie a vu une augmentation de 8 % de ses exportations depuis l’entrée en vigueur du CETA en septembre dernier.

— Selon Agence France-Presse

Commerce de détail

La Baie ne vendra plus les vêtements Ivanka Trump

La Compagnie de la Baie d’Hudson (HBC) ne vendra plus dans ses magasins la gamme de vêtements d’Ivanka Trump, qu’elle avait déjà retirée de son site internet.

Le grand détaillant a précisé hier dans un communiqué qu’il éliminerait progressivement la marque dans ses magasins tout au long de l’automne, en raison de ses ventes décevantes.

« Dans le cours normal de nos activités, nous passons en revue nos offres de marchandises et apportons les changements appropriés », a expliqué HBC.

La société d’Ivanka Trump a été informée de cette décision l’automne dernier.

Il y a presque deux ans, la campagne « Grab Your Wallet » a suggéré aux consommateurs de cesser de magasiner chez les détaillants qui vendaient des produits de la famille Trump. La campagne est née à la suite de la diffusion d’un enregistrement dans lequel on pouvait entendre le père d’Ivanka, le président des États-Unis Donald Trump, alors candidat républicain à la présidence, faire des commentaires obscènes sur les femmes.

Les deux femmes qui ont lancé la campagne faisaient valoir qu’elles ne pouvaient pas soutenir les magasins qui vendaient des produits provenant d’entreprises liées à M. Trump.

Une campagne distincte, « Baycott », a exhorté les consommateurs à boycotter les magasins La Baie en particulier.

Depuis le début de ces deux campagnes, plusieurs détaillants ont cessé de stocker des produits liés à M. Trump, notamment la gamme de vêtements de sa fille Ivanka.

Shoes.com, Zulily et Nordstrom, par exemple, ont cessé de proposer des produits de marque Ivanka Trump, selon le site Grab Your Wallet.

HBC n’a pas précisé si les appels au boycottage avaient joué un rôle dans sa décision.

Six produits portant l’étiquette Ivanka Trump apparaissent toujours sur le site web de Saks Off 5th, qui appartient également à la Compagnie de la Baie d’Hudson. Cependant, tous ces articles sont en liquidation, et leurs prix sont réduits jusqu’à 80 %.

Ivanka Trump a renoncé à la gestion de sa marque et a placé ses actifs dans une fiducie familiale, mais elle continue de tirer profit de l’entreprise.

Trois choses à savoir sur l’économie chinoise

RALENTISSEMENT DE LA CROISSANCE

La croissance économique chinoise a ralenti faiblement au deuxième trimestre 2018, l’impact des tensions commerciales croissantes avec les États-Unis n’ayant pas encore été ressenti, selon des experts interrogés par l’AFP. Pékin devrait annoncer lundi que son produit intérieur brut (PIB) a enregistré une croissance de 6,7 % entre avril et juin, selon la prévision médiane de 13 analystes. Cela correspondrait à un recul de 0,1 point de pourcentage par rapport au premier trimestre, où la Chine avait vu sa croissance économique se stabiliser à 6,8 %. Selon les experts, le conflit commercial sino-américain ne devrait pas avoir de fortes conséquences avant l’année prochaine, si la guerre se poursuivait.

EXCÉDENT COMMERCIAL RECORD

La Chine a enregistré le mois dernier un excédent record avec les États-Unis, de quoi attiser la colère de Donald Trump, qui vient d’engager une guerre commerciale avec le géant asiatique. Pékin a encaissé un excédent bilatéral de 28,97 milliards de dollars en juin, un chiffre en hausse de 18 % par rapport au mois de mai. Il s’agit d’un record pour un excédent mensuel depuis 1999, selon Bloomberg. Ces chiffres sont les derniers à être compilés avant l’entrée en vigueur des droits de douane punitifs de 25 % que les deux pays se sont mutuellement imposés à partir du 6 juillet sur 34 milliards de dollars d’importations. En dépit de l’ouverture des hostilités, le commerce se porte bien entre les deux premières économies du monde : sur les six premiers mois de l’année, le commerce bilatéral a progressé de 13,1 %.

UNE VOLONTÉ DE DIVERSIFIER SON COMMERCE

La Chine a plaidé hier pour davantage de coopération avec les pays appartenant comme elle aux BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), en réponse à la guerre commerciale engagée par les États-Unis. Pékin veut ainsi intensifier la coordination des politiques macroéconomiques avec ces pays en réponse aux « défis posés par le changement de politiques de certains pays développés », a déclaré le ministre adjoint des Affaires étrangères. Les États-Unis ont annoncé mardi leur intention de taxer, à partir de septembre, 200 milliards de dollars d’importations chinoises à hauteur de 10 %, qui s’ajouteront aux 50 milliards de biens taxés à 25 %. Le président chinois Xi Jinping assistera au 10e sommet des BRICS, prévu à Johannesburg du 25 au 27 juillet.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.