Médias

Vous reconnaissez-vous dans les médias québécois ? De plus en plus de personnes se désintéressent d’une offre relativement homogène, centrée sur le contenu de masse, les interlocuteurs connus et la nouvelle facilement digeste. Heureusement, dans un domaine en pleine mutation, plusieurs acteurs redéfinissent les règles du jeu. À cet effet, nos nommés regorgent d’audace, de rigueur et de vision. On est entre de bonnes mains.

CÉDRIC CHABUEL

PRODIGE DU BALADO

Cédric Chabuel a réalisé les trois podcasts journalistiques québécois qui ont fait le plus de bruit dans les derniers mois : T’es où, Youssef ?, Disparue(s) et Histoire d’Enquête : L’affaire Jolivet. Ses investigations audio pleines de suspense lui ont même récemment valu la médaille d’or, catégorie Nouvelles et documentaire, aux New York Festivals Radio Awards. Cette année, celui qui élève la balado au statut d’art s’attaque à La Bombe, une nouvelle enquête à laquelle devenir accro.

« J’essaie d’utiliser les voix comme des instruments. Il y en a une infinité, et même celles qui se ressemblent ont des accents ou des rythmes différents. Ça me fascine et ça m’émeut beaucoup d’entendre les gens… surtout quand ils ne sont plus devant moi ! Quand je réécoute, je me mets parfois même à pleurer. »

Thomas Gerbet

Pour qu’on arrête de se faire niaiser

Reporter à Radio-Canada depuis 10 ans, Thomas Gerbet a récemment réussi le projet un peu fou de couvrir l’actualité internationale seul, avec un iPhone, alors qu’il était correspondant en Inde pour un contrat de trois mois. Parfait prototype du journaliste multiplateforme de 2018, il nous promet maintenant de porter une attention particulière à la vérification des faits avancés par nos politiciens et de se pencher sur les élections provinciales aussi ardemment qu’il a couvert les municipales. Denis Coderre s’en souvient encore… Le journaliste lui tweetait la même question chaque jour !

« Il y a quelque chose de jouissif à démontrer que quelqu’un a menti. »

Samuel Daigle-Garneau

Érudit hip-hop

Si, en ce moment, le rap québ connaît une popularité sans précédent, Samuel Daigle-Garneau, lui, veille à son rayonnement depuis déjà une décennie. Il est rédacteur en chef et gestionnaire de médias sociaux pour HHQc.com, véritable site de référence du hip-hop québécois. Le journaliste autodidacte prépare d’ailleurs une nouvelle mouture de la plateforme, qui mettra en relation les artisans du hip-hop local et leurs fans.

« On a vraiment imaginé la plateforme comme un réseau social à travers lequel on mélange notre actualité éditoriale avec le contenu musical des artistes. Pour un fan, ça va être plus facile de venir consulter la page d’un rappeur sur notre site que d’aller se perdre dans un océan de feed Facebook. »

Gabrielle Lisa Collard et Julie Artacho

Grosses militantes

La première rédige des articles féministes dans le magazine Elle Québec et le blog Dix octobre. La seconde tire le portrait de nombreux humains (dont un bon lot de vedettes québécoises). Ensemble, elles sont les ambassadrices du fat activism québécois. Parce qu’ici aussi, la grossophobie règne, que ce soit dans les clichés reproduits par les médias au sujet des « gros » (un terme qu’elles revendiquent) ou dans la bouche de professionnels de la santé. Cette année, elles planchent sur la création d’une série documentaire qui pulvérisera les préjugés et présentera des modèles différents au nom de la diversité corporelle.

« Il y a ce mouvement qui dit : “Aime-toi malgré ton petit bourrelet.” Nous, on pense qu’il faut arrêter de se valider par l’apparence physique. »

Nicolas Ouellet

L’animateur qui nous veut du bien

Il anime à la radio, assure la gérance du chanteur Philippe Brach, produit le podcast musical Union et collabore au magazine culturel Esprit critique. Malgré son jeune âge, le parcours particulièrement impressionnant de Nicolas Ouellet témoigne de sa curiosité, de son dynamisme et de sa polyvalence. Cet automne, cet animateur convaincu de l’intelligence du public québécois animera OD+ en direct, l’extension quotidienne d’Occupation double. Pour lui, toute occasion est bonne pour conjuguer plaisir et contenu.

« Je pense que c’est important de ne pas exclure le contenu du divertissement. On a souvent tendance à séparer ceux qui parlent au "vrai monde" de ceux qui en appellent aux intellectuels, et à croire que ces deux publics sont deux entités différentes qui peuvent difficilement se rejoindre. »

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.