Les deux usines québécoises de Sural ferment

Une centaine d’emplois touchés à Bécancour et à Victoriaville

Près d’une centaine de travailleurs du Centre-du-Québec se sont retrouvés sans emploi, hier, après l’annonce de la fermeture des deux usines de Sural à Bécancour et à Victoriaville.

Sural, un fabricant de tiges d’aluminium dont le siège social est situé au Venezuela, est aux prises avec des dettes auprès de ses fournisseurs qu’il n’arrive plus à payer.

L’usine de Bécancour, qui compte une cinquantaine d’employés, avait procédé à une fermeture qualifiée de « temporaire » le 5 février dernier, invoquant auprès de ses employés des « raisons opérationnelles ».

La fermeture de l’usine de Victoriaville, mardi, a cependant été accompagnée d’une tout autre raison lorsque l’employeur a avisé le syndicat que l’entreprise avait placé les deux entités sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC).

Autrement dit, les deux usines sont en faillite et ne rouvriront plus leurs portes à moins d’une reprise par un autre exploitant, une option qui n’est pas dans les cartons pour l’instant, selon le syndicat des Métallos qui se dit toutefois prêt à toute restructuration.

« C’est sûr qu’on essaie toujours, dans un cas de faillite, de trouver un opérateur pour éviter que le syndic liquide tous les actifs. Si on réussit à trouver un opérateur, au moins l’entreprise demeure vivante et c’est moins difficile pour la région, surtout pour la région de Bécancour en ce moment », a expliqué le directeur québécois des Métallos, André Croteau, en faisant référence au lock-out à l’aluminerie ABI de Bécancour.

Le syndicat réclame maintenant les sommes dues aux travailleurs licenciés, notamment les salaires en suspens, les vacances accumulées et les indemnités de cessation d’emploi. « C’est de l’argent que l’employeur leur doit », tranche sans hésiter André Croteau.

Priorité aux travailleurs

Les Métallos entendent également suivre de près la situation des régimes de retraite. Si les employés de Victoriaville bénéficiaient d’un régime à cotisations déterminées, pour lequel le syndicat n’est guère inquiet, ceux de Bécancour cotisaient à un régime à prestations déterminées, qui est beaucoup plus à risque en cas de faillite.

André Croteau souligne que la menace de voir les caisses de retraite servir à payer les créanciers prioritaires tels que les banques et les municipalités au détriment des employés ne devrait pas planer au-dessus des têtes de ceux dont la carrière a servi à bâtir ces fonds.

Les Métallos – et plusieurs autres groupes de défense des travailleurs – font d’ailleurs des pressions depuis des années à Ottawa pour changer les règles du jeu.

« La loi fédérale devrait être changée pour que les travailleurs soient les créanciers prioritaires en cas de faillite », affirme M. Croteau.

Forte demande

M. Croteau précise toutefois que, dans l’immédiat, la priorité est au reclassement, bien que cette démarche ne l’inquiète guère.

« Il y a beaucoup de gens qui ont des métiers spécialisés là-dedans – des mécaniciens industriels, des machinistes, des électriciens –, alors on ne devrait pas avoir trop de difficulté, surtout avec les pénuries de main-d’œuvre qu’on connaît en ce moment », fait-il valoir.

L’usine de Bécancour, Produits laminés Sural Canada, avait vu le jour en 1992, alors que celle de Victoriaville, Sural Québec inc., est pratiquement neuve; elle avait été inaugurée en 2015.

L’omniprésence médiatique de Huawei soulève des questions

Alors que s’envenime une querelle diplomatique entre les deux pays à propos de la société de haute technologie, il n’est pas passé inaperçu que le logo de Huawei est bien visible sur le plateau de Hockey Night In Canada. Les animateurs rappellent régulièrement aux 1,8 million de téléspectateurs hebdomadaires que des segments sont « présentés par les téléphones intelligents Huawei ».

Le message enjoué de l’entreprise contraste avec l’affrontement provoqué par l’arrestation de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, en vertu d’un mandat américain. Dans ce qui pourrait ressembler à des représailles, la Chine a arrêté deux Canadiens et envisage d’en exécuter un troisième.

L’accord télévisuel est l’un des nombreux exemples de la manière dont Huawei, premier producteur mondial d’équipements de télécommunications et l’un des plus grands fabricants de téléphones intelligents, s’est lancé dans une campagne mondiale visant à gagner des consommateurs. Il commandite le rugby australien, finance des recherches dans des universités du monde entier et fait venir des étudiants étrangers en Chine pour qu’ils y suivent une formation technique. Il a fait la promotion de concerts de musique classique en Europe et donné des pianos à des écoles néo-zélandaises.

Une image menacée

Ses efforts sont maintenant menacés par le différend avec le Canada et les accusations américaines, selon lesquelles il pourrait aider le gouvernement autoritaire chinois à espionner les populations du monde entier.

« Le plan marketing de Huawei jusqu’au 1er décembre [date de l’arrestation de Mme Meng] fonctionnait très bien », a déclaré Guy Saint-Jacques, ancien ambassadeur du Canada en Chine. Maintenant, « l’opinion publique change en ce qui concerne la Chine et Huawei ».

Pour Huawei, il s’agit de contrats lucratifs visant à fournir de nouveaux réseaux mobiles ultrarapides 5G. Les États-Unis affirment que Mme Meng a aidé à contourner des sanctions et accusent Huawei de voler des secrets commerciaux. Washington estime aussi que la société pourrait laisser le gouvernement chinois infiltrer ses réseaux.

Huawei, qui n’a pas répondu aux demandes d’entrevue pour cet article, a déjà rejeté les accusations. Le gouvernement chinois a déclaré que les détracteurs de Huawei inventaient des menaces.

Pourtant, les manchettes négatives se succèdent.

« À un moment donné, une majorité de Canadiens pourraient dire : “Nous ne pensons pas que le gouvernement devrait faire affaire avec Huawei” », a prévenu M. Saint-Jacques.

Rogers Communications, qui diffuse l’émission Hockey In Night in Canada et offre les téléphones intelligents Huawei au Canada, a indiqué qu’elle n’envisageait pas de modifier son contrat de commandite, conclu en 2017 et se terminant à la fin de 2020.

Des universités reculent

Huawei entretient un vaste réseau de relations avec des universités du monde entier par l’entremise de partenariats de recherche et de bourses, mais certaines universités ont commencé à repenser leur collaboration, bien qu’il n’y ait aucune allégation d’actes répréhensibles de la part de Huawei.

L’Université d’Oxford a cessé d’accepter l’argent de Huawei le mois dernier. L’Université Stanford a fait de même après que les procureurs américains eurent dévoilé près de deux douzaines d’inculpations, tout comme l’Université de Californie à Berkeley, qui a également supprimé des installations de visioconférence hors campus offertes par Huawei.

La réplique

Huawei a réagi à ces revers en intensifiant ses efforts de relations publiques.

Le mois dernier, son président, Ren Zhengfei, a organisé trois réunions d’information avec les journalistes, pour répondre aux questions de reporters occidentaux, japonais et chinois.

La société sortira avec force ce mois-ci au Mobile World Congress, un important rassemblement de l’industrie des télécommunications en Espagne. Son dernier téléphone intelligent, un appareil 5G avec écran pliant, devrait être dévoilé. 

Pour attirer les meilleurs talents, Huawei gère un programme appelé Seeds for the Future, dans le cadre duquel des étudiants de plus de 100 pays sont envoyés en Chine pour étudier le mandarin et suivre une formation technique au siège de la société.

Ford

Environ 1,5 million de F-150 rappelés

Le groupe automobile Ford va rappeler en Amérique du Nord environ 1,5 million de camionnettes F-150, le véhicule le plus vendu aux États-Unis, pour un capteur de vitesse de transmission défectueux. La défaillance du capteur se traduit par une perte temporaire de la transmission. Par conséquent, « en rétrogradant de vitesse, on peut perdre la maîtrise de la voiture, ce qui augmente le risque d’accident ». Les véhicules concernés ont été produits de 2011 à 2013 dans les usines de Dearborn et de Kansas City. Environ 1,26 million de véhicules sont touchés aux États-Unis et 221 000 au Canada.

— Agence France-Presse

General Motors

Des camionnettes électriques avec Amazon

General Motors et Amazon sont en discussion pour investir dans Rivian, une jeune entreprise américaine construisant des pick-up électriques. Les deux groupes souhaitent acquérir chacun une participation minoritaire dans cette jeune pousse établie dans le Michigan. Rivian souhaite devenir le premier groupe à commercialiser une camionnette électrique sur le marché américain. Elon Musk, PDG de Tesla, a indiqué fin janvier que le constructeur de véhicules électriques californien pourrait dévoiler une camionnette électrique l’été prochain.

— Agence France-Presse

Barrick Gold vire au rouge

Barrick Gold, qui a conclu au début de l’année sa fusion avec Randgold Resources, a affiché une perte au quatrième trimestre, notamment en raison de problèmes à ses mines de Lagunas Norte et de Veladero. La société aurifère a indiqué avoir perdu 1,2 milliard US, soit 1,02 $US par action, pour le trimestre clos le 31 décembre. En comparaison, elle avait réalisé une perte de 314 millions US, ou 27 cents US par action, pour la même période un an plus tôt. Les revenus trimestriels ont totalisé 1,9 milliard US, en baisse par rapport à un chiffre d’affaires de 2,2 milliards US à la même période l’année précédente. Sur une base ajustée, Barrick a inscrit un profit de 6 cents US par action pour son plus récent trimestre, en baisse par rapport à un bénéfice ajusté de 22 cents US un an plus tôt. Les analystes s’attendaient en moyenne à un bénéfice ajusté de 5 cents US par action pour le plus récent trimestre, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters Eikon. — La Presse canadienne

Les bons noms

Sous la photo de l’article « Trois ambassadrices des femmes en techno », publié hier, les noms auraient dû se lire comme suit : de gauche à droite, Catherine Proulx, Julie Tousignant et Amira Boutouchent. Nos excuses.

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