Actifs au quotidien

Un plan pour se surpasser

Mais comment fait-elle ? Souvent, voilà la première question qui surgit lorsqu’une personne arrive à concilier toutes ses obligations avec un entraînement assidu. Parce que tous les sportifs ont leurs secrets, Pause rencontre chaque semaine un mordu qui a décidé de faire de l’activité physique une priorité.

Sous le soleil de la Californie, où elle habite, Évelyne Ouellet s’entraîne cinq jours par semaine. Son objectif : participer à environ trois triathlons par année. Depuis 2013, son mari et elle ont pris le départ de trois courses Ironman (3,8 km de natation, 180 km de vélo et 42,2 km de course) et sept demi-Ironman (1,9 km de natation en eau libre, 90 km de vélo de 21,2 km de course). Voici comment elle arrive à tout concilier.

Vous venez de participer à votre 10e triathlon de type Ironman récemment, en Californie…

On a fait l’Ironman Oceanside 70.3. Quelle belle fin de semaine ! C’était un mélange de famille, d’amis, de roadtrip… j’ai l’impression qu’on a une connexion directe avec la vie dans ces moments-là. J’ai fait mon record personnel et j’étais pas mal fière parce que je m’entraîne de façon récréative. J’ai fait la course en 7 h 8 min.

Parvenir à terminer des triathlons très relevés comme ceux-là, ça demande tout de même beaucoup de préparation. Comment y arrivez-vous ?

Premièrement, j’aime ça ! J’aime la variété dans le triathlon : la natation, le vélo et la course. […] Je peux construire mon horaire en fonction de mes besoins et cette flexibilité est intéressante, pour moi et pour mon conjoint, qui en fait aussi.

Concrètement, à quoi ressemble votre horaire ?

On s’adapte et ça change souvent. On reçoit un plan d’un entraîneur pour quatre semaines à la fois. Si je pense au triathlon final, je trouve ça beaucoup, alors je décortique l’entraînement jour par jour. Le mardi, je vois que je dois faire 1 heure de vélo et 15 minutes de course. Le lendemain, il faut que je nage… et ainsi de suite. Ces temps-ci, je me couche tôt, alors je peux me lever vers 5 h pour m’entraîner du mardi au jeudi. La semaine, mon conjoint et moi, on s’entraîne chacun de notre côté, mais la fin de semaine, on aime faire des sorties à deux ou avec des amis. Le samedi, on aime faire de longues randonnées de vélo. Notre fille a grandi et comme elle peut rester seule, elle nous dit : « Allez-y ! » On roule de 7 h à 11 h.

Le sport est donc une affaire de famille, chez vous ?

Oui ! Je trouve important d’inclure notre fille dans la discussion et que l’on regarde ensemble ce qui est bon pour tout le monde. Notre fille est d’ailleurs ceinture noire en taekwondo et elle fait partie d’une équipe compétitive de natation. Elle nage six fois par semaine. Elle est vraiment plus vite que nous et ça nous inspire de la voir aller ! Parce qu’on aime beaucoup assister à ses compétitions, on a décidé de ne faire « que » des demi-Ironman cette année. C’est une décision de famille. On s’encourage beaucoup. Chaque fois qu’il y en a un qui va faire du sport, les autres lui disent : « Bravo !  »

Qu’est-ce qui vous a amenée à être si active, personnellement ?

Je m’en souviens très bien. En 2010, je suis allée en Floride avec ma famille. Je suis montée sur le tapis roulant dans le gym de l’immeuble où on était. Après 20 ou 30 minutes, je me sentais mieux. Je me suis dit : « Évelyne, tu aimes ça, bouger, c’est bon pour le mental, go, tu es capable ! C’est ta responsabilité ! Tu ne peux pas toujours dire que tu n’as pas le temps ou que tu dois aller à l’épicerie. » Je nageais déjà une fois par semaine, mais je me suis inscrite à un groupe de triathlon. J’ai compris que je devais le placer dans mon horaire.

Quels sont les effets de l’activité physique dans votre vie ?

Ce qui est bon pour le physique aide beaucoup pour la concentration et la confiance en soi. On passe de ne pas être capable de faire quelque chose à être capable de le faire. Ce n’est pas rien ! Qu’une personne n’arrive pas à courir 5 km, je comprends ça : j’étais là il n’y a pas si longtemps. On se prépare et un jour, on est capable de le courir, ce 5 km ! Mon meilleur conseil : inscrivez-vous à un événement que vous n’êtes pas encore capable de faire, prenez-vous un plan d’entraînement, combinez ça avec quelques amis actifs et vous vous surpasserez c’est garanti.

Y a-t-il des jours où vous avez moins envie de suivre votre plan d’entraînement ?

Tellement souvent ! Il y a une phrase qu’on se dit, mon conjoint et moi : « En cas de doute, suis le plan ! » Il y a des journées où on le sait clairement qu’on n’ira pas, et c’est correct, il faut se donner cette latitude. Par contre, si on est dans une zone grise, on sait qu’on sera toujours contents d’être sortis.

Et tout cet entraînement vous permet de participer à des courses qui comptent beaucoup pour vous, non ?

Oh oui ! Pour moi, quand ces événements nous permettent de combiner voyage, sport, famille et amis, c’est pas mal le summum. C’est très rassembleur. On est fiers de chaque personne. C’est comme un peu une célébration de la vie. On est tous vivants, on est contents d’être là… Il y a dans ces événements un apprentissage sur la vie qui va au-delà du sport.

Évelyne Ouellet

44 ans

À la tête du marketing global pour l’entreprise 4U2C à Los Angeles et mère d’une adolescente de 13 ans

Fait des triathlons de type Ironman

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