Agriculture

Le grand virage numérique de Synagri

Synagri n’est pas connu du grand public. Mais c’est un géant dans le monde agricole au Québec. Membre de la deuxième cohorte du propulseur d’entreprises Adrenalys, ce spécialiste en production végétale vient d’investir des dizaines de millions dans ses infrastructures. Et il accélère son grand virage numérique.

La situation

« On perd une ferme par jour au Québec depuis 20 ans », lance Sylvain Lavoie, directeur général de Synagri. Pour cultiver les terres, les exploitations agricoles sont désormais plus grandes. Et elles possèdent des équipements à la fine pointe de la technologie. Aujourd’hui, des agriculteurs utilisent une tablette pour suivre leur production. Des véhicules à épandage variable sont dotés de GPS orientés à partir de satellites. Les sols sont cartographiés sur ordinateur, puis échantillonnés et analysés. Car, sur un même hectare, les sols sont différents. Et leurs besoins aussi. Ici, plus de chaux. Là, plus de potassium…

L’entreprise

Le siège social de Synagri est situé à Saint-Hyacinthe. Ce distributeur fournit aux agriculteurs des fertilisants, des semences et des produits de protection des cultures (antistress, biostimulants, pesticides, etc.). En période de pointe, l’entreprise emploie 400 personnes. Elle compte une quarantaine d’agronomes et d’autres spécialistes, dont une chimiste à son laboratoire agréé GéoSol. Son chiffre d’affaires s’élève à 220 millions, répartis dans ses 22 succursales au Québec, en Ontario et aux États-Unis. « Nous couvrons un grand territoire et chaque région possède ses particularités », dit M. Lavoie.

Les investissements

Les propriétaires de Synagri sont actionnaires en parts égales. D’un côté, on trouve la norvégienne Yara, inscrite à la Bourse d’Oslo. De l’autre, l’américaine Cargill, une société privée. « C’est le meilleur des deux mondes, car on a des parents internationaux qui nous donnent accès à beaucoup d’informations, souligne le directeur général. Et, en même temps, nous sommes complètement autonomes pour ce qui est de la gestion et du financement. » Forte de cette synergie, la direction a lancé un programme de mise à niveau de 30 millions de ses installations et de ses équipements. « Au moins 85 % du travail est fait », précise M. Lavoie.

Plan quinquennal

Ce plan stratégique, amorcé il y a cinq ans, a permis d’agrandir des usines, des entrepôts et des bureaux. Et d’acquérir, par exemple, des épandeurs de haute précision pour épandre des fertilisants dans les champs. Axée sur l’innovation, Synagri possède des fermes de recherche à Saint-Hyacinthe et à Nicolet. « On fait, notamment, des tests de taux de semis et des tests de fertilisation, explique M. Lavoie. Notre but est d’offrir les meilleurs rendements possibles sur le plan économique. » Des experts se trouvent dans chaque domaine : agriculture de précision, sols et fertilisants, céréales, maïs, soya, plantes fourragères, protection et santé des cultures.

Virage numérique

Pour répondre à la réalité des grandes fermes plus technologiques, Synagri accélère son virage numérique. Un cadre, Stéphane Gagnon, a été nommé gestionnaire des données agronomiques. Il ajoutera trois membres à son équipe. « L’agriculture de précision existe depuis 20 ans, précise l’agronome. Mais la gestion des informations a beaucoup évolué. » Aujourd’hui, ajoute M. Gagnon, il est possible de regrouper des ensembles de données (types de sol, taux de fertilité, etc.). « Ces outils guident le choix des produits et les programmes de fertilisation, d’entretien et d’enrichissement des sols. »

Aller plus loin

Pour veiller à l’intégration des systèmes informatiques, on a embauché un contrôleur d’expérience spécialisé en TI. Mais Synagri souhaite aller encore plus loin. Depuis quelques mois, elle participe à la deuxième cohorte des « PME d’exception » d’Adrenalys. Les partenaires de ce groupe, mis sur pied par le consultant Ascendis, appuieront la stratégie de Synagri, de concert avec ses employés. Des exemples ? Talsom canalisera les 5 millions nécessaires pour achever le virage numérique. Et l’agence Bleublancrouge évaluera la notoriété du distributeur. « Leur apport sera essentiel », dit Sylvain Lavoie.

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