Musique

La complexe vie de tournée de l'OSM

Faire voyager 116 musiciens et plusieurs membres du personnel de l’OSM n’est pas une mince tâche. Celui qui a la responsabilité d’organiser ce vaste projet, c’est Sébastien Almon, directeur des tournées et des opérations artistiques.

En poste depuis 2008, celui qui affiche un air calme et détendu fait un long travail en amont avant que les musiciens ne préparent leurs valises. « Le travail commence pour moi trois ans avant la tournée, dit-il. Il faut d’abord déterminer le marché et identifier les agents qui vont vendre les concerts aux salles. De notre côté, il faut s’y prendre à l’avance pour pouvoir réserver les solistes. »

L’OSM effectuera une tournée en Amérique du Sud l’automne prochain. Sébastien Almon y travaille depuis 2016. Tout en voyant aux derniers détails de la tournée européenne, il travaille à celle qui aura lieu en mars 2021.

Au cours de la tournée qui s’amorce à Düsseldorf ce soir, cinq œuvres au total seront interprétées. Mais seulement trois le seront chaque soir. Cela veut dire que les programmes varieront d’un soir à l’autre.

Dans un monde idéal, l’OSM ne monte qu’un seul programme qui est proposé aux salles. Mais il arrive qu’une œuvre qui faisait partie du programme proposé soit déjà inscrite dans la saison de la salle ou de l’orchestre qui accueille l’OSM. Il faut alors offrir autre chose.

« On n’aime pas trop panacher. Maestro Nagano, quand il monte un programme, a en tête un sens dramaturgique. Les mélanges d’œuvres peuvent venir briser cette dramaturgie. »

— Sébastien Almon, directeur des tournées et des opérations artistiques

Sébastien Almon garde en mémoire la tournée de 2015 qui a constitué tout un casse-tête pour l’orchestre. « C’était l’horreur, dit-il. On s’est retrouvés face à plein de salles qui ne pouvaient pas recevoir telle œuvre ou tel soliste. On a dû créer trois programmes différents. Et pire, pour chaque représentation, le programme comportait au moins une variation. Finalement, on a présenté six ou sept programmes différents. »

Le pire cauchemar

Ancien ingénieur, Sébastien Almon a fait ses premières armes dans l’organisation des tournées au sein d’un chœur puis d’un festival de musique en France. Quand il est arrivé à Montréal, il a entendu parler du poste de directeur des tournées à l’OSM. Il l’a obtenu haut la main.

Sébastien Almon est rapidement devenu à l’OSM celui qui pense à chaque détail d’une tournée. « Pour celle de 2021, on a pensé à une œuvre pour orgue, raconte-t-il. J’ai précisé que nous jouons avec un orgue accordé à 442. On ne peut donc pas jouer dans une salle avec un orgue accordé à 440. Il faut savoir cela avant de partir. »

Pour Sébastien Almon, le pire cauchemar que l’on puisse connaître en tournée, c’est que les musiciens ne soient pas à l’heure pour le concert.

« Il arrive que l’on voyage et que l’on joue le même jour. C’est stressant. »

— Sébastien Almon

L’autre stress est le transport des instruments. Selon les villes, les instruments doivent parfois passer 24 heures dans un hangar des douanes. Il faut donc tenir compte de cela au moment de préparer l’horaire de la tournée.

La plupart des instruments sont transportés par cargo. Dans certains cas, ils voyagent avec les musiciens. « Il y a un instrument qui est prêté par un donateur et il est stipulé dans le contrat qu’il doit voyager avec le musicien, dit Sébastien Almon. On n’a pas le choix. »

En 11 ans, Sébastien Almon n’a jamais connu de situation catastrophique. On lui a toutefois raconté que lors d’une tournée en 1985, au Mexique, les instruments étaient arrivés après les musiciens. Ceux-ci ont dû offrir le concert avec des instruments prêtés par les musiciens de l’Orchestre national du Mexique.

Cette anecdote fait aujourd’hui partie de l’histoire de l’OSM. Et que serait un grand orchestre sans histoire ?

La tournée de L’OSM en chiffres

9 villes

116 musiciens

750 partitions

149 instruments

3 solistes

26 heures de vol

20 heures d’autocar

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