Le Québec dans l’assiette

Saveurs boréales

Aux quatre coins de la province se concoctent des aliments qui n’ont rien à envier à ceux d’ailleurs. On vous fait découvrir un de ces produits et les gens qui le fabriquent avec enthousiasme et conviction.

Camerises Mistouk

Alma, Lac-Saint-Jean

Depuis 2014

Propriétaire : Dominique Tremblay

Les produits

Une vingtaine de déclinaisons de la camerise, dont des épices, des tartinades, des sauces, des sirops et des toniques. Une première cuvée de vinaigre balsamique est en production.

Ce qui les démarque

La mise en valeur de la camerise, un petit fruit qui ressemble au bleuet, mais dont le goût est unique et complexe : sucré, amer et acidulé à la fois. La marque travaille également avec des plantes boréales et des ingrédients extraits du terroir jeannois et des régions nordiques du Québec.

Produits phares

La Métisse et Le Métis, des sauces piquantes qui marient la camerise aux bleuets, à la bière, aux épices boréales et aux piments du Lac-Saint-Jean, et qui ont été désignées gagnantes du prix Innovation du Conseil de la transformation alimentaire du Québec. « J’ai le plaisir de vous annoncer qu’elles ne se comparent à rien. La seule chose qu’elles ont en commun avec les autres sauces piquantes, c’est que ça pique ! », lance le jovial entrepreneur de Camerises Mistouk, Dominique Tremblay.

Comment les apprêter

La gamme de sauces piquantes fait bon ménage avec les viandes rouges, les poissons à chair grasse, le chocolat noir et tout autre plat qui requiert un brin de panache supplémentaire.

La petite histoire

« Camerise. » Ce mot vous est encore inconnu ? C’est que le fruit qu’il désigne n’a été baptisé qu’en 2006 au Québec, où on l’appelait jusqu’alors « chèvrefeuille comestible ». Mistouk est, quant à lui, le joli nom de la rivière qui coule au nord d’Alma, près des vergers de camerises de Dominique Tremblay, fondateur de Camerises Mistouk.

Il y a quatre ans, l’entrepreneur s’est lancé dans la mise en valeur de ce petit fruit nordique encore méconnu chez nous, malgré le fait qu’il pousse à l’état sauvage sur le territoire. Au Japon, ce « fruit de longévité » est pourtant valorisé depuis belle lurette pour ses propriétés : il est plus riche en antioxydants que le bleuet et la canneberge.

Si on l’a ignoré jusqu’ici, c’est peut-être parce qu’il ressemble à s’y méprendre au chèvrefeuille à balais qui, lui, est toxique, avance M Tremblay. « Dans le doute, nos mères nous disaient de nous abstenir. » Par ailleurs, le chèvrefeuille comestible pousse de façon anarchique en forêt, ce qui ne facilite pas la cueillette. Pour remédier à ce problème, des vergers ont été implantés dans la région du Lac-Saint-Jean, avec l’aide de subventions gouvernementales visant à valoriser les produits locaux.

Parfaite terre d’accueil pour ce petit fruit, le Lac-Saint-Jean a les infrastructures pour traiter la camerise aussi bien que le bleuet. Tous deux requièrent en effet le même traitement, sans entrer en compétition du point de vue de la production, puisque la récolte de la camerise se fait avant celle du fruit vedette de la région. Le climat nordique est en outre un atout pour ce fruit qui peut supporter sans broncher une température de -50 °C.

« Quand j’ai commencé à m’y intéresser, il y a six ans, on disait : “On va envoyer ça aux Japonais, aux Allemands et aux Polonais qui en sont friands.” Je me suis dit : “Ben non ! Il ne faut pas regarder partir les camerises comme on a fait avec les bleuets, et les voir revenir d’ailleurs une fois transformées. On est capables de faire ça” », raconte le Jeannois, qui envisage de les envoyer bientôt en petits pots en Europe où l’accueil est favorable.

La curiosité est manifeste pour ces produits qui « goûtent le Nord ». « Je ne vais pas plus bas que Québec pour mes ingrédients. La petite saveur distincte et complexe, elle vient du fait que ces plantes ont souffert pour pousser dans le Nord ! », souligne Dominique Tremblay, en ajoutant que le froid oblige les végétaux à se protéger avec des vitamines et des antioxydants. « Tout ça apporte quelque chose de différent : des particularités uniques, côtés santé et saveurs. »

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