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CINQ VINS DOUX POUR LES FÊTES

Qui n’a jamais rêvé de commencer le repas avec le dessert ? C’est désormais permis, et même encouragé, avec les vins sucrés. Plutôt que de les servir à la fin du repas, plusieurs sommeliers les proposent avec l’entrée, parfois même avec le plat principal. Une façon d’ouvrir l’appétit et de relancer l’intérêt pour ces grands vins en perte de vitesse, selon Guillermo Cruz, directeur du restaurant étoilé Mugaritz, en Espagne, de passage à Montréal lors de l’événement Somm360. Voici cinq vins doux à savourer au début ou à la fin du repas pendant les Fêtes.

Avec le gâteau « nu »

Si le vin liquoreux se retrouve à l’entrée, que servir au dessert ? La question se pose ! Le sommelier Guillermo Cruz recommande de terminer avec des bulles. « Ça apporte de la fraîcheur en fin de repas », dit-il. Plusieurs proseccos sont moins secs que les champagnes ou les cavas. Ils sont un bon compromis pour ajouter une touche de légèreté au dessert tout en étant assez riches pour les accompagner. C’est le cas de la cuvée Soller de la famille Marsura. Produit au cœur de l’appellation en Vénétie, ce prosecco contient 16 g de sucre par litre. Ses arômes rappellent légèrement ceux de la poire mûre et des fleurs blanches. On perçoit également des notes d’agrumes qui ajoutent du pep aux bulles rondes et crémeuses.

Marsuret Il Soller Prosecco Superiore, 19,95 $ (13409091)

Grand luxe

Parmi les vins de dessert, le tokaji est sans doute le plus méconnu et l’un des plus renversants. Comme le sauternes, il est élaboré avec des grains atteints par la pourriture noble, le botrytis cinerea. Ces raisins déshydratés sont cueillis à la main et pressés pour former une pâte appelée « aszu ». Cette pâte est ensuite mise à tremper dans un vin de base. La quantité d’aszu utilisée est calculée selon une unité appelée puttonyos, comprise entre 3 et 6, du moins au plus sucré. Le domaine Disznoko propose une cuvée issue de la vendange 2008 dont l’équilibre est remarquable. Il dévoile des arômes d’épices douces et d’agrumes. Ces parfums se retrouvent dans une bouche à l’attaque souple et parfumée. Difficile de percevoir que le vin contient plus de 120 g de sucre par litre. La finale rappelle les fruits jaunes confits. Vos invités s’en souviendront longtemps avec une entrée de caviar d’esturgeon du Nouveau-Brunswick ou avec un plateau de fromages.

Disznoko Tokaji Aszu 5 Puttonyos 2008, 60,75 $ (500 ml) (12388330)

Exotique

Envie de sortir des classiques et de cuisiner une tarte à l’abricot, une bûche aux fruits exotiques, ou encore à la cerise de terre ou à l’argousier ? Voici le vin qu’il vous faut ! La maison Carlo Pellegrino vinifie des raisins de muscat d’Alexandrie cultivés dans la petite île volcanique de Pantelleria, au large de la Sicile. Le résultat est décadent. Sa robe ambrée dévoile un bouquet hyper aromatique sur des notes de liqueur d’abricot, de rose et de poivre blanc. Une partie des fruits ont été passerillés, donc séchés, mais pas tous. Le vin n’est donc pas trop sirupeux sur les papilles. C’est rond, c’est long, et la finale qui rappelle les clémentines est vraiment savoureuse. Pour 25 $, vous en avez pour votre argent.

Carlo Pellegrino Passito di Pantelleria 2017, 23,55 $ (742254)

Bulles rosées

Avec des charcuteries à l’apéro, ce mousseux piquera la curiosité. Peu de vos invités auront déjà dégusté du cerdon. Ce mousseux rosé provient de Buguey, une appellation située à l’est de Lyon, près de la Suisse. Il est élaboré avec du gamay et du ploussard. Pour créer les bulles, le vin est mis en bouteille avant la fin de sa fermentation. Une fois le bouchon apposé, il termine sa transformation alcoolique, et le contenant garde les bulles. Le résultat est tonique, hyper fruité et contient peu d’alcool. Un très beau produit de la famille Renardat-Fâche, qui travaille en agriculture biologique et biodynamique. Au dessert, présentez-le avec un gâteau au chocolat servi avec un coulis de fruits rouges.

Renardat-Fâche Bugey Cerdon, 24,85 $ (12477543)

Touche d’ici

Les vins du Québec ont le vent dans les voiles. Dans la traversée vers la popularité, le vin de glace semble toutefois avoir été un peu oublié. Victime, comme les autres vins liquoreux, de la chasse au sucre. Le vigneron Jean Joly persiste et signe dans cette quête à élaborer un grand vin de glace. Ses raisins de vidal sont récoltés en hiver après une série de gels et de dégels qui concentrent les arômes. Le nectar qu’il en tire est grandiose. Les notes de fruits confits et de caramel parfument le verre. Sur les papilles, la texture sirupeuse est soutenue par une grande acidité qui propulse les arômes de fruits. Un grand vin pour retomber amoureux des cuvées de dessert.

Vignoble du Marathonien Vidal 2016, 32,60 $ (200 ml) (11745788)

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