CULTURE ET DIVERTISSEMENT

La culture est ce qui nous empêche de stagner à titre de société. Elle nous permet de réfléchir, de confronter, de rencontrer, de progresser. Cette année, pour arriver à créer des ponts, nos nommés défient le sous-financement des arts grâce au do it yourself, rendent accessibles des formes de création qu’on croyait réservées aux snobs, abordent des sujets épineux et nous offrent l’ambition qu’on mérite, la vie dont on a rêvé…

Adib Alkhalidey et Julien Lacroix

L’humour au temps du numérique

Il n’y a pas si longtemps, on entendait assez peu parler de Julien Lacroix et Adib Alkhalidey. Cette année pourtant, les deux humoristes sont partout. Ils ont tellement la cote qu’ils écrivent, réalisent et jouent même dans leur propre film. Financé par leurs fans, ce premier long-métrage a été conçu pour les plateformes numériques, faisant fi du lourd système de production habituel. Visionnaires, les milléniaux ? En tout cas, ils ont du guts.

« On a la même vision ! On pourrait d’ailleurs penser qu’on a eu la même éducation, mais ce n’est pas le cas. Je suis allé à l’école privée, moi… »

— Julien Lacroix, au sujet du duo qu’il forme avec Adib Alkhalidey

Annabel Soutar

Celle qui nous traîne là où on ne veut pas aller seul

Ça fait 20 ans que les Productions Porte Parole osent nous sortir de notre zone de confort. La compagnie cofondée par Annabel Soutar fait dans le théâtre documentaire — un genre déjà audacieux — et ses créations ne se gênent pas pour aborder des sujets qui brassent : profilage racial (Fredy), exploitation de nos ressources naturelles (J’aime Hydro), tristes foyers pour aînés (Tout inclus)… Rien ne l’effraie. Cette année encore, le dialogue et la nécessaire confrontation seront au menu dans le cadre de deux nouvelles productions.

« Le documentaire me permet d’approcher des gens que je ne connais pas et de poser des questions auxquelles ils ne s’attendent pas. Par exemple, au cours des prochains mois, je me pencherai sur l’extrémisme et le tribalisme dans notre discours public avec la pièce The Assembly. »

Dina Gilbert

La symphonie du collectif

Depuis son passage remarqué en tant qu’assistante chef à l’OSM aux côtés de maestro Kent Nagano, Dina Gilbert (la première femme à occuper ce poste !) a le monde au bout de sa baguette. Aujourd’hui directrice musicale de l’Orchestre symphonique de l’Estuaire (Québec) et du Kamloops Symphony (Colombie-Britannique), elle enchaîne les projets de Blainville au Japon. Bref, la jeune femme bâtit allègrement sa carrière internationale, tout en demeurant bien ancrée dans sa communauté avec l’atelier Chef 101 (qu’elle a créé pour les étudiants de Rimouski), et les concerts jeune public qu’elle dirige.

« Je trouve ça l’fun que le simple fait de pratiquer mon métier avec passion, ça puisse aider à briser le stéréotype selon lequel c’est un homme qui doit diriger. »

Loud

L’enviable Simon

Loud le dit lui-même : il vient de se réveiller avec la vie dont il a rêvé. Avec son premier album solo, le rappeur sensible d’Ahuntsic est devenu la figure de proue du rap québ, ici comme dans le reste de la francophonie. La passion qu’il déchaîne chez ses fans ne se fatigue pas. Sa recette ? Un mélange de talent, de mystère et d’authenticité, ajouté à une ambition sans limite ni gêne. On vous présente le prototype de l’artiste qui n’en a que pour sa musique.

« Maintenant que le rap québ lève pour vrai, il y a une sélection qui se fait dans sa diffusion. Pis elle est trop safe, cette sélection-là. Beaucoup de grands phénomènes restent oubliés. »

Théodore Pellerin

Conquérir hollywood sans trop s’en faire avec ça…

Ils sont rares, les comédiens qui passent d’un téléroman de Fabienne Larouche à une série à succès sur Netflix. C’est pourtant le chemin qu’aura parcouru Théodore Pellerin en moins de cinq ans. Après 30 vies et The OA, ce sont maintenant plusieurs plateaux de cinéma (majoritairement américains) qui attendent le jeune homme. Malgré les phares d’Hollywood, il garde la tête froide et le coeur plogué dans l’humanisme.

« Pour ne pas freiner mes ambitions, j’approche mes projets américains et québécois de la même façon. Je me dis que c’est partout pareil : on travaille avec des gens autour de textes et on fait du mieux qu’on peut pour leur rendre honneur. »

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