Terminal portuaire à Contrecœur

La Banque de l’infrastructure du Canada s’implique

La Banque de l’infrastructure du Canada (BIC) a annoncé, hier, qu’elle collaborera avec l’Administration portuaire de Montréal (APM) au mégaprojet de construction d’un terminal portuaire à Contrecœur, sur la Rive-Sud. Le partenariat pourrait mener, à terme, à un investissement de la BIC dans le projet.

Le port de Montréal atteindra sa pleine capacité dans la prochaine décennie. C’est pourquoi l’APM souhaite une expansion à Contrecoeur. Le projet est dans l’air depuis le mois de février 2018.

Les deux nouveaux partenaires travailleront de concert à la structuration financière du nouveau terminal, dont le coût devrait s’élever entre 750 et 950 millions de dollars. Les travaux sont censés débuter à l’été 2020 et durer quatre ans, selon l’APM. 

La construction permettrait la création de 5000 emplois. Le terminal recevrait 1200 camions par jour et serait opéré par 1000 travailleurs permanents.

Un appui au projet

La BIC viendra prêter main-forte dans la planification, la construction, le financement, l’exploitation et l’entretien du terminal.

C’est le deuxième projet d’envergure dans lequel s’implique la BIC à Montréal. En août 2018, la Banque avait accordé un prêt de 1,28 milliard au projet de Réseau express métropolitain (REM).

Créée en 2017 par le gouvernement libéral, la BIC dispose d’un budget de 35 milliards pour investir dans des projets et « attirer des investissements privés et industriels ». Jusqu’à maintenant, elle a investi 3,3 milliards.

« Appuyer la croissance du port de Montréal, c’est appuyer la création d’emplois, soutenir l’industrie du transport maritime, mais aussi le transport routier et ferroviaire », a affirmé Pierre Lavallée, président de la BIC.

« La BIC possède l’expertise en investissement afin d’aider l’APM à optimiser le potentiel économique du projet », s’est réjoui François-Philippe Champagne, ministre fédéral de l’Infrastructure et des Collectivités.

En attente d’autorisation

Le projet s’est buté à des obstacles au cours de l’année 2018, notamment lors de la découverte de deux espèces en danger de disparition sur le futur site, la rainette faux-grillon et le chevalier cuivré.

En juin 2018, l’APM avait été appelée à clarifier certains aspects du projet concernant l’impact de la construction du terminal sur la faune locale.

En avril dernier, l’APM a remis ses réponses aux interrogations de l’Agence canadienne d’évaluation environnementale (ACEE) dans un document de 3200 pages.

L’APM attend toujours l’aval de l’ACEE pour entreprendre les travaux. Elle espère obtenir le permis au début de l’année 2020 et entamer la construction à l’été de la même année.

Engagement prématuré

La Société pour la nature et les parcs (SNAP) et Nature Québec ont émis des réserves sur ce partenariat, rappelant que « le processus d’évaluation environnementale n’est pas complété ».

« Les projets d’agrandissement de ports sur le Saint-Laurent, que ce soit à Québec ou à Contrecœur, souffrent d’une grande improvisation. […] Ils ont malheureusement en commun la destruction d’habitats essentiels et une justification économique bancale », explique Christian Simard, directeur général de Nature Québec, dans un communiqué.

Lors de la présentation du projet en 2018, la SNAP et Nature Québec faisaient partie d’une coalition qui avait fortement critiqué l’impact du projet sur le chevalier cuivré, un poisson dont la survie est en danger.

EDC regrette d’avoir prêté à un client de Bombardier

Exportation et développement Canada (EDC) dit regretter d’avoir prêté 41 millions US à une entreprise sud-africaine détenue par des membres d’une famille liée à l’ancien président Jacob Zuma.

Carl Burlock, vice-président d’EDC, a déclaré hier que dans les mois et les années qui ont suivi le prêt, en 2015, l’agence fédérale était de plus en plus préoccupée par le soutien accordé à Westdawn Investments afin de faciliter la vente d’un jet d’affaires Global 6000 construit par Bombardier.

Au cours de cette période, a souligné M. Burlock dans un communiqué, des allégations de corruption et d’ingérence politique se sont multipliées à l’encontre de membres de la famille Gupta, à laquelle appartient la société.

Selon lui, EDC, qui agit en tant qu’agence de crédit pour les entreprises cherchant à faire des affaires à l’étranger, a mis fin à ses relations commerciales avec Westdawn à la fin de 2017. Cette société a réagi en déposant une poursuite au Royaume-Uni contre EDC pour contester la résiliation de la transaction.

M. Burlock a déclaré que la décision de l’agence de soutenir l’achat était conforme aux engagements internationaux souscrits par l’Organisation de coopération et de développement économiques et qu’elle s’appuyait sur le fait qu’il n’y avait pas d’accusations formelles ni d’enquêtes actives liées aux allégations.

Jacob Zuma a démissionné de son poste de président de l’Afrique du Sud en 2018 après un mandat de près de 10 ans marqué par des accusations de corruption.

Immobilier 

Le patron d’Ivanhoé Cambridge à la retraite

Daniel Fournier, qui dirigeait depuis près de 10 ans Ivanhoé Cambridge, le bras immobilier de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), quittera le 15 octobre ses fonctions de président du conseil et chef de la direction.

Entré à la CDPQ il y a plus de 10 ans, M. Fournier avait mené en 2011 le regroupement, sous une seule enseigne, des filiales immobilières de la Caisse, SITQ et Ivanhoé Cambridge.

Durant les années où M. Fournier a été à la tête de cette société, les actifs immobiliers d’Ivanhoé Cambridge sont passés de 31 milliards à 65 milliards, et les revenus de placement nets ont atteint près de 24 milliards, avec un rendement annuel moyen de 11,8 %, a soutenu la Caisse dans un communiqué hier.

Le bas de laine des Québécois a par ailleurs annoncé que Nathalie Palladitcheff, actuelle présidente d’Ivanhoé Cambridge, assumera aussi les fonctions de chef de la direction à compter du 15 octobre. Entrée chez Ivanhoé Cambridge en 2015 à titre de vice-présidente exécutive et chef de la direction financière, Mme Palladitcheff avait été nommée présidente en 2018.

La Caisse avait effectivement annoncé plus tôt cette année que les rôles de président et chef de la direction et de président du conseil d’administration d’Ivanhoé Cambridge seraient désormais séparés. Un nouveau président du conseil sera nommé au cours des prochains mois, indique-t-on.

En date du 30 juin, l’actif net de la Caisse s’élevait à 326,7 milliards.

WeWork se prépare à entrer en Bourse

WeWork se prépare à entrer en Bourse et s’ajoute à la liste grandissante d’entreprises déficitaires à la recherche d’investisseurs.

La société de partage d’espaces de bureaux, récemment renommée The We Company, a déclaré, dans un document déposé hier auprès des autorités réglementaires américaines, qu’elle comptait désormais 527 000 membres répartis dans 29 pays. Cela représente près du double des 268 000 membres de l’année précédente. En juin, plus de 50 % de ses membres étaient situés à l’extérieur des États-Unis.

La société génère ses revenus en louant ses bureaux. Au 30 juin, le groupe comptait 17,9 milliards US d’obligations de location à long terme.

Alors que ses membres initiaux étaient principalement des pigistes, des entreprises en démarrage et des petites sociétés, WeWork a déclaré que ses membres actuels représentaient des entreprises mondiales de multiples secteurs, dont 38 % figurant dans le classement du Global Fortune 500.

WeWork, qui a lancé ses activités en 2010, a enregistré une perte de 689,7 millions US sur un chiffre d’affaires de 1,54 milliard US pour le semestre clos en juin. Cela se compare à une perte de 628,1 millions US sur des recettes de 763,8 millions lors de la même période de l’année précédente. Les dépenses sont passées de 1,44 milliard US à 2,9 milliards US.

Le conglomérat technologique japonais SoftBank, qui a injecté des milliards de dollars dans la société, figure parmi les principaux investisseurs de WeWork.

En mai, Ivanhoé Cambridge, filiale immobilière de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), avait annoncé un partenariat avec la société. Selon divers médias, l’investissement de l’institution était estimé à 1 milliard US.

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