COVID-19

« Nous voulons tous que tout cela se termine […]. Mais la dure réalité est que c’est loin d’être fini. »

— Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, appelant les gouvernements à « tester, tracer, isoler et mettre en quarantaine ». Il a en outre annoncé le départ d’une équipe de l’OMS en Chine pour aider à déterminer l’origine du virus. (AFP)

réouverture des frontières

Les voyages en Europe possibles dès demain ?

Les gouvernements européens ont jusqu’à mardi midi pour décider d’ouvrir ou non les frontières de l’Union européenne (UE) dès le 1er juillet aux voyageurs d’une quinzaine de pays tiers dont la situation épidémiologique est jugée satisfaisante, notamment le Canada, mais pas les États-Unis. Les pays de l’UE doivent voter à la majorité qualifiée sur cette liste, élaborée par les ambassadeurs vendredi soir, a-t-on appris lundi de sources diplomatiques. Dans la liste des visiteurs admis dans l’UE et l’espace Schengen figurent aussi l’Algérie, l’Australie, la Géorgie, le Japon, le Monténégro, le Maroc, la Nouvelle-Zélande, le Rwanda, la Serbie, la Corée du Sud, la Thaïlande, la Tunisie et l’Uruguay. La Chine en fait aussi partie sous condition de réciprocité, c’est-à-dire si elle accueille sur son sol les voyageurs venant de l’UE. Sont en revanche exclus de cette liste, qui a vocation à être actualisée toutes les deux semaines, les États-Unis, pays le plus touché du monde par la pandémie de COVID-19 avec 125 709 morts et 2,53 millions de cas répertoriés. Pour que cette liste soit officiellement entérinée, il faudra qu’elle soit votée par 55 % des États membres, représentant au moins 65 % de la population totale de l’UE.

— Agence France-Presse

Kosovo

Le président démissionnera s’il est inculpé de crimes de guerre

Le président du Kosovo, Hashim Thaçi, a déclaré lundi qu’il démissionnerait « immédiatement » si les accusations de crimes de guerre dont il fait l’objet étaient confirmées par une inculpation formelle. Il a été mis en accusation pour crimes de guerre pendant le conflit avec la Serbie (1998-1999) par les procureurs du tribunal spécial de La Haye la semaine dernière. Hashim Thaçi était pendant ce conflit un des leaders de la guérilla indépendantiste, l’Armée de libération du Kosovo (UCK), qui a combattu les forces serbes. En vertu de la procédure, un juge doit examiner ces accusations pour décider s’il convient de confirmer les charges et d’inculper en bonne et due forme le président kosovar. La justice internationale accuse M. Thaçi, son allié politique, Kadri Veseli, et d’autres personnes d’être « responsables de près de 100 meurtres », de disparitions forcées, de persécutions et de tortures de Serbes, de Roms et d’Albanais du Kosovo. Dernier conflit en ex-Yougoslavie, la guerre du Kosovo entre forces serbes et guérilla indépendantiste kosovare albanaise a fait plus de 13 000 morts, des Albanais pour la plupart. Elle s’est terminée quand une campagne occidentale de bombardements a contraint les forces serbes à se retirer.

— Agence France-Presse

Inde

Interdiction de 59 applications chinoises pour raisons de « sécurité »

L’Inde a interdit lundi 59 applications chinoises, dont les très populaires TikTok et WeChat, en invoquant sa sécurité nationale et des inquiétudes concernant le respect de la vie privée, quelques semaines après un affrontement meurtrier à la frontière himalayenne entre les deux puissances nucléaires. « Le gouvernement indien a décidé de ne plus autoriser l’usage de certaines applications […] Cette décision vise à assurer la sécurité et la souveraineté du cyberespace indien », a déclaré le ministère des Technologies de l’information dans un communiqué. Ces applications « se livrent à des activités […] portant préjudice à la souveraineté et à l’intégrité de l’Inde, à la défense de l’Inde, à la sécurité de l’État et à l’ordre public », a-t-il expliqué. Selon le communiqué, cette mesure a été prise après le dépôt auprès du ministère de plusieurs plaintes pour vol présumé de données et violation des règles en matière de respect de la vie privée. La date de mise en œuvre de cette interdiction n’était pas claire dans l’immédiat. Les relations entre les deux pays se sont tendues après la mort de 20 soldats indiens lors de combats, à la mi-juin, à mains nues avec des soldats chinois le long de leur frontière disputée, objet d’une guerre en 1962. Les téléphones portables chinois représentent 65 % du marché indien, alors que les applications de partage de vidéos comme TikTok et Helo sont très populaires chez les jeunes Indiens.

— Agence France-Presse

Pôle Sud

Réchauffement trois fois plus rapide que dans le reste du monde

Le pôle Sud n’est plus à l’abri du réchauffement : la température y a augmenté trois fois plus vite que la moyenne mondiale au cours des 30 dernières années, en raison de phénomènes naturels « probablement intensifiés » par les changements climatiques, selon une étude publiée lundi. L’Antarctique est marqué par une variabilité climatique extrême, avec de fortes différences entre les côtes et l’intérieur du continent, notamment le plateau glacé où se trouve le pôle Sud. Ainsi, la majeure partie de l’Antarctique occidental et de la péninsule antarctique ont subi un réchauffement et une fonte des glaces dans la deuxième moitié du XXe siècle. « On croyait que cette partie de l’Antarctique – le haut plateau isolé – serait à l’abri du réchauffement. Nous avons découvert que ce n’était plus le cas », a expliqué à l’AFP l’un des auteurs, Kyle Clem, de l’Université Victoria à Wellington. Le « mécanisme premier » ayant conduit à ce réchauffement rapide du pôle Sud, où la température est en permanence largement au-dessous de 0 °C (moyenne annuelle autour de - 49 °C), est lié à un réchauffement dans la zone tropicale de l’océan Pacifique occidental. Ce qui a entraîné une baisse de la pression atmosphérique dans la mer de Weddell et poussé de l’air chaud vers le pôle Sud, selon l’étude.

— Agence France-Presse

France

L’ancien premier ministre Fillon condamné à deux ans de prison ferme

L’ancien premier ministre français François Fillon a été condamné lundi à Paris à cinq ans de prison, dont deux ferme, dans une retentissante affaire d’emplois fictifs qui avait fait dérailler sa campagne présidentielle en 2017.

Les magistrats ont jugé « fictifs ou très largement surévalués » les emplois de Penelope Fillon comme assistante parlementaire de son mari, François, et du suppléant de celui-ci dans la Sarthe, Marc Joulaud, au titre de trois contrats signés entre 1998 et 2013, ainsi que les emplois d’assistants des enfants Fillon auprès de leur père sénateur en 2006-2007.

Les Fillon avaient décrit des tâches indispensables à la carrière du député. Mais pour le tribunal, aucune des activités de Mme Fillon, simple « soutien à la carrière de son mari », ne justifiait ses rémunérations fixées « au maximum » possible : ces contrats n’avaient « aucune consistance », ne répondaient à « aucun besoin ».

Le tribunal, qui n’a pas prononcé de mandat de dépôt, a assorti la condamnation de M. Fillon d’une amende de 375 000 euros et d’une peine d’inéligibilité de 10 ans.

Penelope Fillon a été condamnée à trois ans de prison avec sursis et 375 000 euros d’amende et à deux ans d’inéligibilité.

Les époux et leur coprévenu Marc Joulaud ont été en outre condamnés à rembourser plus de 1 million d’euros à l’Assemblée nationale.

Les Fillon, dont les avocats ont plaidé la relaxe, ont décrit des tâches certes majoritairement orales (être « les yeux et les oreilles » du député, « donneuse d’ordres » pour le courrier arrivé à leur manoir sarthois…), mais indispensables, selon eux, à la carrière de l’homme politique.

L’accusation estime au contraire que le tout relève « davantage du rôle social d’un conjoint d’élu » que d’un réel emploi d’assistant parlementaire, lequel est donc « fictif ».

« Stupéfaction »

En faisant « prévaloir son intérêt personnel sur l’intérêt commun » dans un but d’« enrichissement personnel », M. Fillon « a contribué à éroder la confiance » des citoyens, a souligné la présidente du tribunal, Nathalie Gavarino.

Les époux Fillon ont fait savoir qu’ils faisaient appel de cette condamnation. « Cette décision, qui n’est pas juste, va être frappée d’appel, […] il y aura un nouveau procès », a annoncé devant la presse Antonin Lévy, avocat de François Fillon.

Le jugement a été prononcé en dépit des demandes de la défense de rouvrir les débats, arguant des « pressions » sur l’enquête.

— Agence France-Presse

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