Lévis

Ottawa confie un contrat de 610 millions au chantier Davie

Bouée de sauvetage pour le chantier Davie à Lévis : Ottawa a annoncé hier l’attribution d’un contrat d’une valeur de 610 millions pour l’acquisition de trois navires scandinaves et la conversion d’un d’entre eux en brise-glaces.

Les trois navires, baptisés Tor Viking, Balder Viking et Vidar Viking, ont déjà quitté la Scandinavie en direction de Lévis, où les travaux commenceront dans les prochaines semaines.

Après une mise à niveau partielle, un des bâtiments entrera en service dès l’hiver 2019 en participant à des opérations de déglaçage. Il devra revenir en cale plus tard pour une mise à niveau complète. La conversion des deux autres navires sera entreprise en 2019 pour une entrée en service en 2019-2020.

Les négociations entre Davie et Ottawa ont duré sept mois. L’entreprise espérait obtenir quatre navires, plutôt que trois, afin de sauver des emplois. À partir du mois d’octobre, Davie devra donc éliminer la moitié des 400 emplois actuels, puisque le contrat de réfection ne permet pas de tous les garantir.

Pas moins de 800 travailleurs ont déjà été mis à pied depuis la livraison du ravitailleur Astérix à la marine canadienne en décembre. Le chantier Davie a déjà employé jusqu’à 1500 personnes.

Davie mise maintenant sur la refonte cet automne de la Stratégie nationale de construction navale, dont elle avait été exclue en 2011 au profit de ses rivales en Colombie-Britannique et en Nouvelle-Écosse, qui ont obtenu des milliards de dollars en contrats.

« On représente 50 % de la capacité de construction navale au Canada, il est important qu’une partie de cette stratégie se fasse ici », a insisté le patron de Davie, Spencer Fraser, en conférence de presse hier midi.

Le ministre fédéral responsable de la région, Jean-Yves Duclos, n’a pas voulu indiquer clairement s’il appuyait l’admissibilité de Davie à la Stratégie nationale, mais il a laissé entendre qu’il y aurait d’autres occasions pour l’entreprise au cours des prochains mois.

Fournisseurs déçus

L’Association des fournisseurs du Chantier Davie a laissé savoir qu’elle restait sur sa faim après cette annonce. Elle espérait davantage après ce qu’avait laissé miroiter le premier ministre Justin Trudeau l’hiver dernier.

« C’est un pas en avant, mais il en reste beaucoup à faire, a déclaré en entrevue avec La Presse canadienne le PDG de l’entreprise Charl-Pol, Richard Tremblay, à titre de représentant des fournisseurs de Davie. Une annonce comme aujourd’hui, c’est une mise en bouche. […] On sous-exploite le savoir-faire du Québec. »

De son côté, le Bloc québécois s’est insurgé contre l’annonce du gouvernement Trudeau, jugée trop modeste. Le député Michel Boudrias a rappelé qu’Ottawa a ainsi renoncé à accorder le contrat du quatrième navire que voulait obtenir Davie, la conversion du brise-glace polaire Aiviq – un projet beaucoup plus considérable qui aurait permis d’employer davantage de travailleurs.

C’est un « diachylon sur une grosse blessure », a-t-il affirmé dans un entretien avec La Presse canadienne. Ce sont « des miettes » par rapport à ce qui été accordé aux chantiers Seaspan à Vancouver et Irving à Halifax, qui « croulent sous les contrats », a-t-il poursuivi.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a également estimé que l’annonce faite hier n’était pas suffisante. Le chef parlementaire du NPD, Guy Caron, a reconnu dans un communiqué que le contrat permettrait au chantier de « souffler un peu » et de « rester ouvert », mais a souligné que « les quelque 200 emplois qu’il créera ne s’approchent pas des 800 que Davie espérait ».

Pièces automobiles

Uni-Sélect freinée par ses activités canadiennes

BOUCHERVILLE — La croissance des activités américaines et britanniques d’Uni-Sélect lui a permis d’afficher hier un profit net en hausse de 30 % et un chiffre d’affaires en progression de 35,6 % pour son deuxième trimestre, des gains qui ont été amoindris par la faiblesse du marché canadien.

Le fabricant de pièces d’automobiles de Boucherville a réalisé un bénéfice net de 17,9 millions US, soit 42 cents US par action, pour le trimestre clos le 30 juin. En comparaison, il avait engrangé un profit net de 13,7 millions US, ou 32 cents US par action, pour la même période un an plus tôt.

Les revenus ont bondi à 461,6 millions US au plus récent trimestre, comparativement à 340,3 millions US au deuxième trimestre de l’année dernière. Pas moins de 95 % de cette augmentation de 121,3 millions US était attribuable aux récentes acquisitions d’Uni-Sélect – dont 111 millions US en provenance de Parts Alliance, au Royaume-Uni. L’acquisition de ce distributeur de produits automobiles destinés au marché secondaire a été conclue à l’été 2017.

Du côté de FinishMaster, sa division de distribution de peinture et de produits connexes aux États-Unis, une croissance interne de 0,7 % a été observée, grâce à une augmentation du volume de ventes.

Le secteur des produits canadiens a affiché une croissance de 6,7 % de ses ventes, un gain notamment attribuable à l’impact du dollar canadien et aux récentes acquisitions. Ce groupe a cependant enregistré une décroissance interne de 3 % par rapport au deuxième trimestre record de 2017, essentiellement en raison d’un ralentissement du marché.

Uni-Sélect a maintenu ses prévisions consolidées pour l’exercice en cours, mais à la lumière de ses résultats et perspectives, l’entreprise a revu celles de ses secteurs pour qu’elles tiennent compte du rendement supérieur de Parts Alliance et d’une vision plus conservatrice pour ses activités au Canada.

La société a indiqué avoir élaboré ses perspectives en tenant pour acquis que la conjoncture économique au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni serait stable, et que les négociations du Royaume-Uni pour s’exclure de l’Union européenne n’entraîneraient pas d’incertitude économique.

Bilan mitigé

Dans une note de recherche, l’analyste Benoit Poirier, de Valeurs mobilières Desjardins, a souligné l’aspect mitigé des résultats d’Uni-Sélect. Il s’est notamment dit impressionné par la croissance annuelle de 8,6 % de Parts Alliance, par rapport à sa prévision de 3,5 % – mais déçu de la décroissance de 3 % du secteur canadien, alors qu’il visait plutôt une croissance de 3,5 % à ce chapitre.

« Malgré tout, nous sommes ravis par la croissance interne positive chez FinishMaster, qui a ainsi mis fin à une séquence de six trimestres consécutifs de croissance interne négative, ainsi que par l’impressionnante croissance interne de Parts Alliance au deuxième trimestre », a écrit M. Poirier.

Uni-Sélect a annoncé qu’il verserait, le 16 octobre, un dividende de 9,25 cents CAN aux actionnaires inscrits en date du 30 septembre.

Énergie

Les vents ont été défavorables à Boralex

Des vents contraires ont frappé l’exploitant d’éoliennes Boralex au deuxième trimestre. Les revenus ont été stables à 95 millions, mais la perte nette s’est creusée, à 28 millions ou 36 cents par action. La production d’énergie a été inférieure de 16 % aux attentes en raison des aléas de la météo, souligne l’analyste financier Bill Cabel, de Valeurs mobilières Desjardins. Il se réjouit néanmoins des perspectives d’avenir. Boralex a en effet annoncé qu’elle dépasserait son objectif d’avoir une puissance installée de 2000 MW d’ici la fin de 2020. — La Presse

Lassonde

Les tarifs douaniers créent de l’incertitude chez Lassonde

Industries Lassonde a réalisé des ventes de 390,9 millions au deuxième trimestre de 2018, dont 12,4 millions proviennent d’Old Orchard Brands (OOB), société récemment acquise. Lorsqu’elles sont ajustées pour exclure les ventes d’OOB et d’autres éléments, les ventes sont en hausse de 1,2 % par rapport au trimestre comparable l’an dernier. Le résultat net attribuable aux actionnaires de la société pour cette période a, de son côté, été de 18,1 millions. Le résultat net du deuxième trimestre de 2018 est de 18,8 millions, en baisse de 1,9 million sur le résultat net de 20,7 millions constaté au deuxième trimestre de l’exercice précédent. Pour les six premiers mois de 2018, le résultat net s’élève à 33,6 millions, alors qu’il était de 34,6 millions pour les six premiers mois de l’exercice 2017. Lassonde demeure par contre préoccupée par les incertitudes touchant les tarifs douaniers ainsi que par l’instabilité des coûts de matières premières et de transport. La société porte aussi une attention particulière au processus de révision du Guide alimentaire canadien et à ses impacts potentiels.

— La Presse

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