Le Canadien  Camp d’entraînement

Qui restera ? Qui partira ?

Les 57 joueurs invités au camp du Canadien fouleront la patinoire ce matin pour un premier entraînement officiel. Et quelques luttes sont à prévoir.

Le Canadien  Camp d’entraînement

Les enjeux à suivre

Le Canadien vient certes de connaître une saison encourageante, mais l’équipe a néanmoins raté les séries pour une deuxième année de suite ; dans ce contexte, il est normal que des postes soient ouverts pour des jeunes. Voici quelques enjeux à suivre. Nous présentons ici une projection prudente de la formation, c’est-à-dire un scénario où les vétérans conservent leur poste. On a ainsi une meilleure idée de ceux que les jeunes doivent devancer pour gagner leur place.

Coulé dans le béton

L’an dernier, lorsque Tomas Tatar, Phillip Danault et Brendan Gallagher étaient sur la patinoire ensemble à cinq contre cinq, le Canadien a marqué 40 buts et en a accordé 20. Le Tricolore obtenait aussi 60 % des tentatives de tir quand les trois complices étaient dépêchés. Danault (53) et Tatar (58) ont établi des sommets personnels pour les points, Gallagher (33) pour les buts. Pour citer MC Hammer, tu ne peux pas toucher à ça.

Ailier droit recherché

Paul Byron est un travailleur acharné, un joueur drôlement utile pour un entraîneur en raison de sa polyvalence. Mais il n’a jamais inscrit plus de 22 buts et 43 points en une saison. Ce n’est pas un joueur de deuxième trio. Joel Armia non plus, malgré son gabarit et ses mains. C’est ici que Nick Suzuki peut mêler les cartes. Il serait logique que Claude Julien lui donne toutes les chances de se faire valoir. Rappelons toutefois que l’entraîneur-chef valorise le jeu « responsable » : serait-il en paix avec Jonathan Drouin et une recrue aux ailes ?

Le retour des Finlandais ?

Si Julien souhaite un ailier défensivement responsable aux côtés de Drouin et de Max Domi, Artturi Lehkonen pourrait être la solution. Mais comme Byron, il n’a jamais prouvé qu’il était assez productif pour être dans le top 6. Les Finlandais pourraient-ils être réunis ? L’an dernier, Jesperi Kotkaniemi a souvent été flanqué de l’un ou l’autre de ses compatriotes. Mais les trois ensemble ont seulement joué 148 minutes à forces égales, soit l’équivalent d’une douzaine de matchs, avec d’excellents indicateurs de possession de rondelle (62 %).

Beaucoup de candidats

Si Suzuki se taille un poste dans les trois premiers trios, Julien aura le luxe de compter sur Byron ou Armia dans sa quatrième unité. Mais même si Suzuki amorce la saison à Laval, le quatrième trio devrait être intéressant. Jordan Weal a laissé une forte impression en fin de saison et jouait 15 minutes par match ; qui sait s’il ne se hissera pas dans les trois premiers trios ? Si sa présence au tournoi de golf du CH est annonciatrice des intentions de l’équipe, Ryan Poehling aura la chance de gagner le poste de quatrième centre. S’il en est incapable, Weal, Nick Cousins et Nate Thompson sont les polices d’assurance.

Plus prévisible en défense

Si la composition des deuxième et quatrième trios est difficile à prédire, c’est plus prévisible en défense. Julien voit Ben Chiarot avec Jeff Petry. Victor Mete et Shea Weber ont bien travaillé ensemble pendant une bonne partie de la saison dernière, et il sera intéressant de voir ce qu’ils pourront accomplir maintenant que Weber commence la saison à temps. Brett Kulak vient de signer une prolongation de contrat de trois ans, à un salaire supérieur à celui de Mike Reilly ; il aura sa place. Si Noah Juulsen n’affiche pas de séquelle de sa blessure à un œil, il devrait devancer Christian Folin.

Les jeunes

On a évoqué Poehling et Suzuki plus haut ; ce sont les deux recrues qui ont les meilleures chances de se faufiler. Cale Fleury a progressé la saison dernière à Laval, mais est-ce suffisant pour devancer Juulsen pour le troisième poste à droite ? Jake Evans ira aussi dans la bonne direction. On ne tombera pas de notre chaise s’il a sa chance au centre du quatrième trio en cours de route. Mais ça prendra quelques blessures pour en arriver là.

Sur la voie d’évitement

À 4,625 millions et 2,35 millions respectivement sous le plafond salarial, Karl Alzner et Dale Weise ont des contrats beaucoup trop lourds pour ce qu’ils peuvent apporter à l’équipe. En les envoyant à Laval, on pourra soustraire 1,075 million à cet impact. Matthew Peca (1,3 million) en est un autre qui aura du mal à rester à Montréal. Marc Bergevin a confié cette semaine au collègue Alexandre Pratt qu’il valorisait beaucoup le succès dans les batailles « 50-50 » ; notre petit doigt nous dit que Peca perd des points dans cet aspect du jeu. Charles Hudon également devra trimer dur pour revenir dans les bonnes grâces de Julien.

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Une autre chance pour Karl Alzner

Karl Alzner n’a peut-être pas dit son dernier mot.

Contre toute attente, Alzner aura l’occasion de se battre pour un poste à partir de ce matin, à l’occasion du premier entraînement d’équipe au camp du Canadien à Brossard. C’est le directeur général Marc Bergevin qui a fait cette promesse à son agent lors de la saison morte.

« J’ai parlé à Marc au cours de l’été et il m’a dit que Karl allait devoir être prêt, parce qu’il aurait l’occasion de se battre afin d’obtenir une place avec l’équipe, a confié l’agent J.P. Barry en entrevue avec La Presse. Karl a passé l’été à travailler très fort à l’entraînement, et il va se présenter au camp dans un bon état d’esprit. Il est prêt. »

Cette révélation peut paraître surprenante, car Alzner, qui aura bientôt 31 ans, semblait sur la voie d’évitement la saison dernière, n’ayant pu disputer que neuf rencontres avec le Canadien.

Le défenseur vétéran a plutôt passé le gros de la saison 2018-2019 dans la Ligue américaine, à Laval, où il a pris part à 34 rencontres avec le Rocket. Il avait aussi été laissé de côté en début de saison par l’entraîneur Claude Julien, une décision qui avait alors mis fin à sa série de 622 matchs consécutifs dans la LNH.

Mais selon J.P. Barry, tout cela est chose du passé.

« Je sais qu’il y a eu toutes sortes de rumeurs la saison dernière, a ajouté l’agent. On a dit que le Canadien avait voulu l’échanger, que son contrat allait être racheté […], mais la période des rachats de contrat s’est terminée à la fin de juin, alors ce n’est plus une possibilité dans l’immédiat. »

« Lors de nos conversations, Marc [Bergevin] a été très constant dans son désir de pouvoir offrir une autre chance à Karl lors du camp d’entraînement. »

— J.P. Barry, agent de Karl Alzner

Reste à voir si Alzner pourra saisir cette chance. Si la direction montréalaise ne bouge pas au cours des prochaines semaines, Victor Mete, Shea Weber, Ben Chiarot et Jeff Petry devraient constituer les deux premiers duos du Canadien en défense. Alzner devra donc tenter de se faire une place au sein du troisième duo ou bien à titre de septième défenseur, mais on peut déjà prévoir une congestion monstre dans cette course, avec Brett Kulak, Mike Reilly, Noah Juulsen et autres Christian Folin, qui voudront tous se faire une place dans le vestiaire de l’équipe.

Si jamais Alzner rate sa chance, c’est un retour à Laval qui l’attend, de toute évidence.

Rappelons que le défenseur avait été embauché sur le marché des joueurs autonomes le 1er juillet 2017, avec un généreux contrat de 23,1 millions sur cinq ans, soit en moyenne 4,6 millions par saison. Jusqu’ici, il n’a disputé qu’une seule saison complète avec le Canadien, celle de 2017-2018, où il avait pu récolter 12 points en 82 rencontres.

Alzner, cinquième choix au total lors du repêchage de 2007, avait passé les neuf saisons précédentes à titre de membre des Capitals de Washington.

Kotkaniemi est plus gros

Ce n’est pas tout le monde qui rêve de prendre du poids, mais Jesperi Kotkaniemi, lui, voulait faire exactement ça. Et il l’a fait, aussi : le jeune homme est arrivé à Brossard hier en affirmant avoir gagné une dizaine de livres cet été, lui qui était fiché à 184 lb sur le site officiel de la LNH la saison dernière. On présume que l’attaquant finlandais de 19 ans ne voudra pas manquer d’essence cette saison, lui qui avait obtenu 32 points à ses 65 premiers matchs la saison dernière, mais qui avait rallié le fil d’arrivée à bout de souffle, n’ajoutant que deux autres points à sa fiche en fin de saison.

57 joueurs en sueur

Dans les faits, le camp commence ce matin à Brossard, avec un premier entraînement, mais hier déjà, les 57 joueurs invités ont tous commencé par aller donner leur présence, et ensuite suer à grosses gouttes lors des examens médicaux. Heureusement, le vétéran Nate Thompson n’a rien vu de suspect après ces tests rigoureux. « Il n’y a personne qui a vomi et c’est une bonne chose », a expliqué l’attaquant.

Tout le monde est en forme

Naguère, les gars du CH arrivaient au camp après avoir passé l’été à jouer à la balle-molle et à boire de la bière, mais ces jours-là sont bel et bien révolus. « Il y a des gars qui étaient déjà à l’entraînement le 1er mai, a expliqué Pierre Allard, le préparateur physique du Canadien. C’est devenu tellement compétitif dans la LNH… les joueurs se présentent à leur forme maximale » Et le plus impressionnant ? « Shea Weber… c’est une brute sur le plan physique », a-t-il résumé.

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