GOLF

Patrick Reed, l’envers du veston

Patrick Reed a mis la main dimanche sur le fameux veston vert remis au champion du Tournoi des Maîtres, mais il n’a visiblement pas encore convaincu tout le monde qu’il était digne d’un tel honneur.

Le talent du joueur n’est pas en cause, pas plus d’ailleurs que son habileté à connaître de bonnes performances dans les grandes occasions. C’est son attitude qui pose problème aux yeux de plusieurs. Son parcours vers ce sacre à Augusta a d’ailleurs été parsemé de plusieurs faux pas.

Débordant de confiance, arrogant, diront certains, Reed ne s’est jamais embarrassé de soigner ses relations.

Pendant ses études, il a été expulsé de l’Université de la Géorgie, où il faisait partie de l’équipe de golf, et il a bien failli l’être aussi de l’équipe de l’Université Augusta State, quand tous ses coéquipiers ont demandé son renvoi. Entre les beuveries – il a été arrêté pour s’être retrouvé dans un bar sans en avoir l’âge légal –, les querelles avec les autres joueurs, les accusations de tricherie, Reed avait déjà un dossier chargé quand il est arrivé sur le circuit professionnel en 2011.

Et il s’est vite fait de nouveaux détracteurs en déclarant en 2014, après sa première victoire importante au Championnat WGC-Cadillac, qu’il s’estimait déjà l’un des cinq meilleurs joueurs du monde.

En parallèle, Reed est en froid avec sa famille depuis des années. Le vétéran journaliste Ian O’Connor, d’ESPN, a raconté lundi comment les parents et la sœur du joueur, qui habitent à quelques minutes du club Augusta National, avaient dû suivre le triomphe de leur fils et frère à la télévision.

« Nous avions pensé y aller, quitte à rester à l’écart des cérémonies, mais nous n’avons pu obtenir des billets pour la ronde finale », a expliqué Bill Reed, qui n’a pas parlé à son fils depuis six ans, depuis le mariage de ce dernier, en fait.

Responsabilités

Les raisons de la querelle sont apparemment complexes, de l’aveu même de M. Reed, mais Patrick et sa femme Justine ne souhaitent pas croiser la famille du joueur sur les terrains de golf. À l’Omnium des États-Unis de 2014 à Pinehurst, Bill Reed, sa femme et sa fille ont dû quitter le terrain sous escorte après une plainte de Justine.

Cette dernière exerce une grande influence sur son mari. Elle a déjà été son cadet et c’est maintenant son frère, Kessler Karain, qui accompagne Reed en compétition. Et on raconte qu’il est aussi arrogant avec ses collègues que son « patron » avec les autres joueurs.

En conférence de presse, après les cérémonies, quand un journaliste a demandé à Reed si l’absence de ses parents diminuait son plaisir, il a répondu, visiblement agacé : « Je ne suis ici que pour jouer au golf et pour essayer de gagner des tournois. »

Le problème, c’est qu’il est maintenant champion du Tournoi des Maîtres et que cela vient avec des responsabilités. Ce ne sont pas tous les détenteurs d’un veston vert qui ont été des modèles de vertu, mais la plupart ont su gagner l’admiration et le respect du public et de leurs compétiteurs.

Dimanche, à Augusta, Reed s’est battu non seulement contre les autres joueurs, mais aussi contre une bonne partie de la foule, qui lui préférait visiblement Jordan Spieth, Rickie Fowler et même Rory McIlroy, un Irlandais du Nord.

Le champion y a visiblement trouvé une source de motivation, mais il pourra difficilement continuer toute sa carrière en guerre contre le monde entier.

À 27 ans, le moment est peut-être venu pour lui d’acquérir un peu de maturité.

11 et 88

La victoire de Patrick Reed au Tournoi des Maîtres lui a permis de grimper au 11e rang du classement mondial, tout près de son meilleur classement en carrière (7e en octobre 2016), mais pas tout à fait encore dans le top 5, où il se voyait pourtant en 2014… Par ailleurs, la 32e place de Tiger Woods à Augusta lui a permis de revenir au sein du top 100 mondial. Désormais 88e, le golfeur de 42 ans a confirmé qu’il prendrait un long repos et ne reviendrait pas au jeu avant le Championnat Wells Fargo, dans trois semaines, ou peut-être même pas avant le Championnat des joueurs, un tournoi qu’il a remporté deux fois.

Une autre chance pour LeBlanc et Tanguay

La LPGA est à Hawaii, cette semaine, pour le Championnat Lotte. Les Québécoises Maude-Aimée LeBlanc et Anne-Catherine Tanguay amorçaient d’ailleurs la compétition hier soir, car le tournoi est disputé du mercredi au samedi. LeBlanc, qui occupe le 89e rang du classement du circuit, a modifié son élan cette saison avec le réputé entraîneur Gary Gilchrist afin de gagner en précision. Elle est néanmoins encore l’une des longues cogneuses (3e) avec une moyenne de près de 277 verges sur ses coups de départ.

Une saison chargée dans l’Ouest

Golf Canada a dévoilé récemment son calendrier de compétitions pour la saison 2018 et c’est la Colombie-Britannique qui a raflé le  « gros lot » avec pas moins de 11 événements, dont les Championnats canadiens amateurs masculin et féminin. L’Omnium canadien RBC sera encore disputé au club de Glen Abbey, près de Toronto, du 26 au 29 juillet, avec une qualification régionale au club Le Blainvillier de Blainville, le 18 juin. L’Omnium féminin CP sera joué pour la première fois de son histoire en Saskatchewan, au Wascana Country Club de Regina, du 23 au 26 août.

Cette semaine

PGA Omnium RBC Heritage, au club Harbour Town de Hilton Head Island, en Caroline du Sud (bourse : 6,7 millions)

LPGA Championnat Lotte, au club Ko Olina de Kapolei, à Hawaii (bourse : 2 millions)

Européen Omnium d’Espagne, au Centro Nacional de golf de Madrid, en Espagne (bourse : 1,5 million)

Champions Omnium Mitsubishi, au club TPC Surgaroaf de Duluth, en Géorgie (bourse : 1,8 million)

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