POLITIQUE ET COMMUNAUTAIRE

Le Québec court après son argent et le filet social en écope. Plusieurs laissés pour compte se demandent quelle est la place qui leur revient. Pour consolider notre sentiment de collectivité, c’est vers le communautaire qu’il faut se tourner. Que ce soit en militant pour changer les politiques, en faisant des miracles avec des peanuts ou en misant sur la philanthropie, nos nommés tentent de nous donner, à tous, un lieu où s’épanouir.

Alexandre Champagne

Trois fois plus de bonnes actions

Après avoir fait fortune dans la photo de cupcakes avec Trois fois par jour, Alexandre Champagne a décidé de réorienter son objectif vers les humains. Dès l’automne, dans son Champagne Studio, il photographiera bénévolement des personnes défavorisées. Des parents monoparentaux, des gens aux prises avec des dépendances ou encore en situation de pauvreté auront donc accès au luxe que sont les séances photo professionnelles, celles qui résultent en souvenirs importants.

« Le but est avant tout de leur faire passer un bon moment et qu’ils oublient pendant quelques heures qu’ils sont dans la marde. »

Jérôme Glad

La ville vous appartient

Jérôme Glad rêve de villes meilleures, foisonnantes d’espaces et d’habitants qui auraient le goût de s’y investir. C’est pourquoi il a cofondé La Pépinière, un organisme à but non lucratif dont l’objectif est d’améliorer la vie urbaine grâce à des aires communes (le Village au Pied-du-Courant à Montréal ou la Marina Saint-Roch à Québec, par exemple). Cette année, il offrira également des bourses et du soutien à diverses initiatives populaires locales. Parce que selon lui, nul besoin d’être architecte ou promoteur pour s’approprier sa ville. S’agit d’avoir une bonne idée et un peu d’amour à donner.

« Partout, de nouveaux quartiers sont élaborés par des gens qui n’y habiteront jamais et dont la métrique principale est le profit plutôt que le bien commun… Les villes devraient être bâties par ceux qui y vivent vraiment. »

FACIL

Les rebelles qui veulent nous redonner internet

Votre téléphone vous espionne, ce n’est pas nouveau. Mais ce que vous ne saviez peut-être pas, c’est qu’il existe des alternatives aux applications offertes par les géants du web. Et l’organisme FACIL a bien l’intention de vous les faire découvrir. Mathieu Gauthier-Pilote, son président, veille à nous simplifier l’accès aux logiciels libres, seules alternatives sécuritaires aux gros voleurs de données (comprendre : Google, Facebook et compagnie). Son équipe et lui développent d’ailleurs présentement leurs propres logiciels cryptés… Tout ça pour protéger nos petits secrets (ou notre vie privée, mettons).

« La transition numérique dans laquelle on est tous impliqués est menée par des multinationales qui veulent posséder nos données. On se fait collectivement transformer par un mouvement qui n’est pas pensé pour l’émancipation des individus et la dignité humaine. Ni pour nos droits et libertés. »

Damien Contandriopoulos

Pour la santé qu’on mérite

Titulaire d’une chaire de recherche sur l’élaboration des politiques dans le milieu de la santé, Damien Contandriopoulos mène un travail d’analyse statistique de la performance des médecins. Le détenteur d’une maîtrise en anthropologie, d’un doctorat en santé publique et d’un postdoctorat en sciences politiques se penche sur cet épineux sujet avec un seul objectif : nous aider à obtenir les soins qu’on mérite à coups d’informations et de recommandations.

« Depuis des décennies, l’accès aux soins se dégrade lentement et les gens s’habituent à la médiocrité. S’ils savaient que le système de santé pourrait être complètement différent, ce serait la révolution. »

Huguette Robert

Pour l’amour de nos aînés

Être vieux, ce n’est plus ce que c’était ! Au-delà des bains dans les CHSLD, une foule de nouveaux enjeux sont nés au gré de l’augmentation de l’espérance de vie. C’est là qu’intervient Huguette Robert, la directrice de Présâges, un organisme qui contribue au développement du milieu communautaire des aînés. Cette année, avec sa petite équipe, elle innove à travers deux projets : un espace de coworking d’organismes dédiés à l’âge d’or, et l’accompagnement d’une première cohorte de retraités devenus entrepreneurs sociaux. Parce que personne ne devrait avoir peur de vieillir.

« Aujourd’hui, une personne à la retraite a encore plusieurs belles années devant elle. Ce n’est pas parce qu’une personne se retire du milieu du travail qu’elle n’a plus rien à offrir à sa collectivité. Au contraire ! »

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.