Revue boursière

L’affaire Huawei donne la frousse aux marchés

Les marchés boursiers nord-américains ont clôturé en baisse hier, influencés par le recul des prix du pétrole brut et l’arrestation d’une haute dirigeante de l’équipementier de télécommunications chinois Huawei, qui pourrait faire dérailler les progrès des négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine.

La nervosité a gagné les marchés lorsque les signes d’espoir concernant une trêve commerciale entre les deux plus grandes économies mondiales ont disparu du jour au lendemain avec cette arrestation, a observé Candice Bangsund, gestionnaire de portefeuille pour Fiera Capital.

« Les marchés ont été fouettés à l’ouverture des marchés. Le marché s’est effondré de quelques points de pourcentage. Il a semblé rattraper un peu de terrain ici [hier] après-midi, mais on dirait qu’il restera malgré tout une mer de rouge sur les marchés des actions », a-t-elle affirmé lors d’une entrevue.

Mme Bangsund a ajouté qu’il n’y avait encore aucun signe de retrait de l’accord conclu lors de la réunion du G20 ni aucun signe de représailles de la part de la Chine.

« Mais je pense qu’il y a beaucoup de spéculation sur le fait que cela va faire dérailler les relations entre les États-Unis et la Chine à un moment très délicat. »

— Candice Bangsund

En outre, les incertitudes persistantes concernant la production de pétrole après la conclusion d’un accord lors de la réunion de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) à Vienne, hier, ont pesé sur les cours du brut et les marchés des actions.

L’indice composé S&P/TSX de la Bourse de Toronto a clôturé en baisse de 245,64 points, soit 1,6 %, à 14 937 points.

À New York, la moyenne Dow Jones des valeurs industrielles a rebondi après avoir plongé plus tôt dans la séance de 780 points, pour finalement clôturer sur un recul de 79,40 points, à 24 947,67 points. L’indice élargi S&P 500 a perdu 4,11 points, tandis que l’indice composé du NASDAQ a gagné 29,83 points, à 7188,26 points.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s'est négocié au cours moyen de 74,60 cents US, comparativement à un cours moyen de 74,89 cents US la veille.

Ailleurs aussi

Les autres grandes places boursières du monde ont elles aussi été précipitées dans des chutes brutales par la nouvelle de l’arrestation au Canada de la dirigeante de Huawei, Meng Wanzhou.

La Chine s’est insurgée contre cette arrestation et la nouvelle fait craindre que la trêve fragile dans la guerre commerciale entre Pékin et Washington n’en souffre.

Le CAC, à Paris, a chuté de 3,32 %, la Bourse de Francfort, de 3,48 %, et la Bourse de Londres, de 3,15 %. Parmi les autres places financières, la Bourse de Milan a lâché 3,54 % et celle de Madrid, 2,75 %.

Avant les indices européens, les Bourses asiatiques avaient également chuté après l’annonce de cette arrestation. À Tokyo, l’indice vedette Nikkei a reculé de 1,91 %.

Les places chinoises ont enregistré des baisses particulièrement marquées : à Hong Kong, l’indice composite Hang Seng a chuté de 2,47 %, celui de la Bourse de Shanghai a perdu 1,68 % et celui de Shenzhen, 2,17 %.

« Les investisseurs craignent que la Chine ne se retire des négociations », a expliqué Chris Low, économiste en chef de FTN Financial, notant que Huawei est le deuxième vendeur de téléphones dans le monde.

Selon des informations de presse, Washington soupçonnerait Mme Meng de violation des sanctions américaines contre l’Iran. Or cette arrestation intervient quelques jours seulement après l’annonce d’une trêve dans la guerre commerciale sino-américaine, qui pèse déjà sur la croissance mondiale.

De leur côté, les cours du pétrole ont chuté dans un marché qui s’interrogeait notamment sur l’ampleur éventuelle des baisses de production qui seraient consenties par l’OPEP.

À Londres, le baril de Brent a perdu 1,50 $, à 60,33 $, et à New York, le baril de WTI a lâché 1,40 $, à 51,49 $.

Secteur automobile

Autre cure minceur chez Volkswagen

Le géant automobile allemand Volkswagen a présenté hier un nouveau programme d’austérité de 4,6 milliards de dollars afin de « financer les énormes investissements du futur », plan qui n’exclut pas des suppressions d’emplois. La réduction des coûts passera notamment par une baisse du nombre de configurations possibles pour chaque voiture, l’augmentation de la productivité dans les usines et une « optimisation des coûts des matières premières ». Ce nouveau programme est lancé alors que le précédent est toujours en cours, a déjà permis d’économiser 3,4 milliards sur les près de 4,6 milliards escomptés à son lancement en 2017 et prévoit au total 21 000 suppressions de postes dans le monde d’ici 2020.

— Agence France-Presse

Pâtes et papiers

Cascades investit aux États-Unis

Cascades a fait l’acquisition de trois usines aux États-Unis pour un investissement total de 37,4 millions US. Ces installations situées en Indiana et en Iowa lui permettront de doubler sa production d’emballages de pâte moulée, utilisés pour le transport des œufs et dans la restauration rapide. Ces trois entreprises enregistrent des ventes consolidées dépassant les 110 millions US annuellement. — La Presse

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