Le boom économique continue à Gaspé

La région de la Gaspésie jongle avec des enjeux liés aux transports, à la main-d’œuvre et aux pêches. Malgré tout, son économie se porte de mieux en mieux. Le boom économique se poursuit dans la grande région de Gaspé. La filière éolienne est en expansion et le tourisme continue à battre des records. 

À Gaspé, tout au bout de la péninsule gaspésienne, le secteur éolien est générateur de croissance. La multinationale LM Windpower, propriété de GE, y possède une fabrique de pales d’éoliennes où travaillent 500 personnes et se bat elle aussi pour attirer des travailleurs.

Dans le vent

Quelques PME spécialisées dans les freins pour éoliennes, dans l’entretien, dans le dégivrage des pales ou encore dans le contrôle à distance de ces mastodontes du vent sont venues se greffer à ce secteur en pleine effervescence. Elles font des affaires partout dans les Amériques, mais leur siège social demeure à Gaspé.

Principal hic : les pales de 45 m sortant de l’usine de LM Windpower doivent, faute d’un lien ferroviaire entre Gaspé et New Richmond, être transportées par camion en empruntant la route 132 sur 200 km, ce qui ralentit la circulation. Un projet gouvernemental de 100 millions permettra de mettre à jour d’ici à 2022 la voie ferrée entre Gaspé et la baie des Chaleurs.

En matière de transport, Daniel Côté, maire de Gaspé, a fait part d’une autre doléance aux gouvernements : le prix trop élevé des billets d’avion pour les vols intérieurs au Québec. 

Pour l’heure, une aide financière, sous forme de remboursement, est offerte aux Gaspésiens qui peuvent facilement payer entre 500 et 1200 $ pour un aller-retour Gaspé-Montréal.

Conscient de la grande disparité économique entre les MRC de la Gaspésie, Mario Vendittoli, directeur recherche et analyse à Développement économique Canada (DEC), est d’avis que la péninsule vit néanmoins une très belle transformation.

« Oui, il y a des enjeux d’isolement, de démographie et de main-d’œuvre, mais la région se diversifie. Elle attire des jeunes qui ont des idées audacieuses. Cela dit, les secteurs traditionnels comme la pêche, la forêt et le tourisme doivent amorcer un important virage numérique tout en continuant à se bonifier », explique M. Vendittoli.

Pêche perturbée

Bien qu’il soit pour la protection de la baleine noire, le maire de Gaspé souligne que le mammifère marin a un impact sur l’économie de la région. Les pêcheurs de crabes des neiges et de homards ont dû récemment mettre leurs activités en suspens en raison de la présence de baleines noires près de la côte gaspésienne. Idem pour les grands bateaux de croisière qui se voient refuser l’accès aux eaux locales afin de protéger le cétacé.

« Ça perturbe la saison de pêche qui va pourtant bien ces temps-ci. Aussi, l’an passé, ralentis par des baleines noires, 12 bateaux de croisière n’ont pas pu s’arrêter à Gaspé pour éviter de prendre du retard sur leur itinéraire. On a quand même 42 bateaux qui vont arrêter cette année », se console le maire Côté.

La pêche à la crevette souffre d’un phénomène cyclique : un déclin des stocks. Cela touche évidemment les pêcheurs, mais aussi les usines de transformation et les petites entreprises de Gaspé et des environs qui tournent au ralenti.

Le projet de traversier qui doit relier Gaspé, l’île d’Anticosti et la Côte-Nord suit par ailleurs son cours, rappelle Daniel Côté. À l’ordre du jour depuis cinq ans, le projet relève du Plan Nord gouvernemental. « La desserte pourrait être en fonction d’ici à 2020. Je pourrai enfin visiter Anticosti pour la première fois », confie le maire de Gaspé.

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