Hockey  Le Canadien

L’effet Weber, oui, ça existe

On dit souvent qu’un joueur ne peut à lui seul transformer une équipe, mais dans le cas du Canadien et de Shea Weber, cette croyance ne tient pas du tout.

Parce que la réalité, c’est que le Canadien a bien meilleure mine quand son défenseur de 33 ans est dans la formation et non à l’infirmerie.

Depuis l’acquisition très médiatisée du vétéran des Predators de Nashville en 2016 en retour de vous savez qui, Shea Weber a eu un tel impact sur les performances du Canadien qu’il ne serait pas exagéré d’estimer qu’il y a bel et bien un « effet Weber » dans le camp montréalais.

À ce chapitre, la première statistique qui saute aux yeux, c’est celle-ci : 59-39-11. Il s’agit de la fiche du Canadien quand Weber est dans la formation depuis son arrivée avec le club. Quand il n’est pas là, cette fiche bascule vers le bas, à 31-37-16. Comme si c’étaient deux équipes différentes.

Et puis, plus récemment, et plus précisément depuis son retour au jeu le 27 novembre, à la suite d’une blessure au genou, Weber a aussi transformé l’équipe au tableau des tirs, un aspect du jeu dont l’importance ne saurait être négligée.

Ainsi, lors des cinq matchs depuis son retour, le Canadien a obtenu 40 tirs ou plus vers le filet ennemi. À l’opposé, le Canadien a accordé à ses adversaires 30 tirs ou moins à chacune de ces cinq rencontres.

C’est en plein ce qui est arrivé lors de la victoire à Ottawa jeudi soir, quand le Canadien a tiré 43 fois vers le filet des Sénateurs, tout en n’accordant que 21 tirs.

On aura compris que cela a eu, en retour, un impact sur le travail de Carey Price, et aussi sur ses chiffres, qui paraissent soudainement beaucoup mieux. Lors des cinq matchs depuis le retour du gros défenseur au numéro 6, Price a accordé 11 buts en cinq rencontres, pour une moyenne plus que respectable de 2,20 buts par match lors de cette période.

C’est sans doute un peu ce que voulait dire Karl Alzner encore récemment, quand il a eu tout le temps au monde pour regarder aller Weber lors de sa période de remise en forme, les deux hommes se côtoyant dans le vestiaire du Canadien.

« Il y a des joueurs dont la seule présence rend tous les autres meilleurs, et c’est comme ça avec Shea [Weber]. »

— Karl Alzner

« [Shea] peut changer la dynamique d’un match et il peut changer le plan de match de l’autre équipe, entre autres sur les unités spéciales », avait expliqué Alzner, depuis rétrogradé à Laval dans la Ligue américaine.

« Quand il est à la pointe en avantage numérique, ça devient un quatre contre trois, en gros, parce que l’autre équipe va placer quelqu’un sur lui. Et puis en désavantage numérique, personne ne veut aller devant le filet quand il est là. Sa présence modifie les plans adverses. »

C’est en effet ce qui se passe depuis le 27 novembre.

Tout cela est quand même étonnant, puisque avant de pouvoir le replacer dans sa formation, Claude Julien avait lui-même soulevé quelques doutes sur la capacité de Weber à retrouver rapidement le rythme.

Mais en cinq matchs, l’entraîneur du Canadien s’est rapidement tourné vers lui, en l’employant pendant plus de 25 minutes à trois reprises depuis ce retour tant attendu. Le principal intéressé a lui-même répondu de belle façon, avec quatre points en cinq matchs.

Et pendant ce temps, on parle un peu moins de P.K. Subban.

Ouellet au ballottage

Le Canadien a confirmé hier que le défenseur Xavier Ouellet avait été soumis au ballottage. En 19 matchs cette saison, le défenseur de 25 ans, qui a obtenu trois aides, a connu des hauts et des bas, et n’a jamais été en mesure de s’imposer dans la formation régulière du Canadien. Cette nouvelle survient en raison du retour au jeu imminent d’un autre défenseur, Noah Juulsen, qui devrait être en uniforme lors du prochain match de l’équipe, demain soir à Chicago contre les Blackhawks. Les autres équipes de la LNH qui voudraient réclamer Ouellet au ballottage ont jusqu’à midi aujourd’hui pour le faire.

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