Qu’est-ce qu’on a encore fait au Bon Dieu ?

Pour l'amour de la France

Entrevue avec le réalisateur Philippe de Chauveron

La comédie Qu’est-ce qu’on a encore fait au Bon Dieu ? prend l’affiche aujourd’hui, alors qu’elle a franchi le cap des 6 millions de spectateurs en France. Un succès populaire qui ne fait pourtant pas l’unanimité chez les critiques. La famille Verneuil est de retour avec une crise à gérer : ses filles et gendres souhaitent partir vivre à l’étranger. Comment les retenir ? Entrevue avec le réalisateur Philippe de Chauveron.

Comme vous dites dans le film, est-ce que « la France est un paradis peuplé de gens qui se croient en enfer » [NDLR : citation de l’écrivain Sylvain Tesson]?

Comme c’est une citation, on ne peut pas généraliser, mais elle est assez juste, car les Français sont un peuple de râleurs. On aime bien se plaindre et se moquer des autres. Il paraît que les Québécois aussi se plaignent, c’est peut-être dû à leurs origines françaises !

Est-ce qu’il est facile d’aimer la France d’aujourd’hui ?

Les jeunes issus des minorités disent qu’il est compliqué pour eux de réussir en France. C’est une réalité, il y a d’ailleurs beaucoup de jeunes qui quittent la France pour s’installer chez vous au Québec, au Canada, aux États-Unis ou en Angleterre, c’est le point de départ du film. Ce qui m’a amusé par rapport au personnage de Claude Verneuil, c’est que dans le premier film, il aurait été très content que ses gendres partent à l’étranger, alors que là, il est obligé de les retenir, ce qui est ironique et touchant. C’était en même temps une manière de parler de la France d’aujourd’hui.

C’était important de toucher au thème de l’homosexualité ?

On en a beaucoup parlé en France, car la loi pour le mariage pour tous a été très compliquée à faire passer. Il y a eu beaucoup de manifestations et c’était un peu absurde. J’avais envie de dénoncer cette intolérance. Les personnages qui sont de la vieille génération, comme Verneuil et Koffi, pour eux, le mariage homosexuel est un truc qui les dépasse. Je voulais montrer leur conservatisme sur cette question. André Koffi, c’est la photocopie africaine de Verneuil ! Ça démontre bien que les gens peuvent se ressembler et avoir le même caractère dans n’importe quel pays. Et les leçons de tolérance de Verneuil ne sont pas très crédibles.

C’est un film qui se veut un hymne à la tolérance et à la vie en province, la Touraine au détriment de Paris ?

C’est une manière de montrer les beautés et les richesses de la France. La Touraine est une région magnifique avec ses châteaux, ses villages et vignobles. Ce n’est pas pour critiquer Paris. Ce qui est ironique, c’est que les quatre gendres veulent quitter la France pour aller à l’autre bout du monde et finalement, ils se retrouvent beaucoup plus près de leur belle-famille, dans la même région !

Qu’est-ce que vous répondez aux gens qui disent que votre film est raciste, plein de clichés et de préjugés ?

Le succès mondial montre bien que c’est faux. Le film a marché un peu partout dans le monde, en Israël, au Maroc, les Africains adorent aussi le film. En France, les associations qui surveillent les propos racistes ont toutes aimé le film. Ce sont quelques journalistes qui ont écrit cela, mais la majorité des gens aime le film. S’il avait été raciste, il n’aurait jamais marché.

Est-ce qu’il y aura une suite ? Un troisième film ?

C’est un film de personnages, alors on peut imaginer plein de choses ! J’ai mis du temps à écrire le deuxième, car je voulais vraiment qu’il soit bien. Dès que j’ai une bonne idée, je vais m’y remettre, car je suis très attaché aux personnages et aux acteurs qui sont devenus des amis, alors j’ai envie de recommencer ! Pourquoi pas un voyage au Québec ?

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