Tout le blâme à Ovechkin ?

L’attaquant est souvent montré du doigt pour les insuccès des Capitals en séries éliminatoires

Est-ce que cette saison sera la bonne ? C’est une question que se posent les Capitals de Washington et leurs partisans presque tous les printemps depuis 35 ans.

Exclus des séries éliminatoires lors de leurs huit premières saisons d’existence, les Capitals ont accédé au tournoi 80 % du temps depuis (28 fois en 35 ans), dont cette année. Ils amorceront leur série de premier tour, ce soir, en recevant les Blue Jackets de Columbus au Capital One Arena.

Lors de leurs 27 participations en séries précédentes, les Caps ont perdu 25 fois au premier (14) ou deuxième tour (11), ce qui confirme que leur réputation de perdants est loin d’être surfaite. Ils ont perdu une fois en finale d’association, en 1989-1990, et une fois en finale, écartés en quatre petits matchs par les Red Wings de Detroit, il y a 20 ans. Une finale et une finale d’association, c’est tout.

Deux époques

Il y a eu deux époques bien distinctes chez les Caps : celle de 1982-1983 à 1997-1998, alors qu’ils n’ont raté les éliminatoires qu’une seule fois en 16 ans, et celle de 2007-2008 à aujourd’hui, qu’on pourrait appeler l’ère Alexander Ovechkin (une seule exclusion en 11 saisons). Les Capitals ont presque toujours eu de très bonnes équipes durant ces deux longues périodes.

Les Capitals ont gagné 150 matchs de plus qu’ils en ont perdu de 1982 à 1998 (634-484-144). Leur fiche en saison de 507-262-51-48 depuis 2007 est encore plus impressionnante. 

Ce n’est certainement pas comme si les Capitals étaient entrés en séries de justesse. Mais bon an, mal an, ils perdent au premier tour ou au deuxième.

Dans les années 80 et 90, les Capitals étaient construits autour de leur défense, même s’ils ont eu de bons attaquants, comme Peter Bondra, Mike Gartner, Dale Hunter, Bobby Carpenter et Michal Pivonka. Même à cette époque, David Poile, l’actuel directeur général des Predators de Nashville, savait reconnaître un bon défenseur : Scott Stevens, Calle Johansson, Kevin Hatcher, Rod Langway et Sylvain Côté ont tous joué au moins 600 matchs avec les Capitals.

Attaque

Mais depuis une dizaine d’années, c’est l’inverse. Le noyau du club se trouve à l’attaque. Et Ovechkin en est bien sûr la pierre angulaire. Voilà pourquoi c’est toujours lui qui est montré du doigt pour les insuccès des siens en séries. Est-ce vraiment juste ?

Ovechkin a très mal paru lors de certains matchs cruciaux, c’est indéniable. Cela dit, il a inscrit 46 buts et 44 aides pour un total de 90 points en 97 matchs éliminatoires. On a vu pire.

C’est à tout le moins mieux que son complice, Nicklas Backstrom. Joueur « sous-estimé » selon bien des gens, Backstrom a totalisé 75 points (26 buts et 49 aides) en 96 matchs éliminatoires. Un match de moins qu’Ovechkin, 15 points de moins.

Cette saison, à forces égales, Ovechkin a joué 547 minutes en compagnie du centre Evgeny Kuznetsov, et 597 minutes avec Backstrom. Les Capitals ont marqué 35 buts et en ont accordé 28 lorsqu’Ovechkin jouait avec Kuznetsov, alors que le ratio était de 28-21 avec Backstrom. Des chiffres très similaires…

Bref, avant de lancer la pierre à Ovechkin, il faudrait peut-être regarder d’un peu plus près la façon dont performent les joueurs autour de lui, à commencer par Backstrom.

Le gros pari de Barry Trotz

Curieuse décision que celle de l’entraîneur-chef Barry Trotz, qui a choisi d’amorcer les séries éliminatoires avec Philipp Grubauer devant le but plutôt que Braden Holtby. Le premier a nettement mieux joué que le second au cours des deux derniers mois, c’est l’évidence. Comme le fait qu’Antti Niemi a beaucoup mieux joué que Carey Price… Holtby a remporté le trophée Vezina, il y a deux ans. Ses statistiques en 59 matchs éliminatoires : moyenne de 2,00 et taux d’efficacité de ,932. Âgé de 28 ans, il devrait normalement être à l’apogée de sa carrière. Si Grubauer devait connaître quelques matchs difficiles, de quelle façon réagiraient ceux qui jouent avec Holtby depuis longtemps ? Des joueurs comme Ovechkin, Backstrom et John Carlson. Trotz a pris un gros pari en ne faisant pas confiance à Holtby.

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