Bébé trouvé mort à Gatineau

Deux chefs d’accusation contre la mère

La mort du bébé abandonné derrière un immeuble du quartier Mont-Bleu, à Gatineau, remonterait à plus d’un mois. Sa mère, « sous le choc », a quant à elle comparu mardi après-midi sous deux chefs d’accusation d’homicide involontaire et d’avoir fait disparaître le cadavre d’un enfant.

La découverte de lundi soir a été si pénible que le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) a offert de l’aide psychologique au citoyen qui a alerté les services d’urgence, ainsi qu’à ses agents et aux employés du 9-1-1 ayant répondu à l’appel.

« Sur les lieux, les policiers ont constaté qu’il s’agissait d’une mort évidente et qu’aucune manœuvre n’était possible », a indiqué le service des communications de la police de Gatineau.

Le juge Mark Philippe a imposé une ordonnance de non-publication d’informations identifiant la victime.

C’est pour cette raison que l’accusée, dans la jeune vingtaine, ne peut être nommée.

Les policiers étaient toujours sur les lieux du crime allégué, mardi matin.

Les spécialistes en identité judiciaire ont mené leurs expertises derrière un petit immeuble d’appartements du boulevard Mont-Bleu, où se trouvaient quelques conteneurs et sacs à déchets, dont certains étaient renversés et partiellement vidés de leur contenu.

Le SPVG n’a pas précisé les circonstances entourant les gestes allégués de la mère, ni précisé celles concernant la découverte survenue vers 17 h, lundi.

« Beaucoup de témoins ont été rencontrés, a précisé une porte-parole du SPVG. C’est un dossier intrafamilial. »

Selon l’acte d’accusation, la mère a causé la mort de son enfant et fait disparaître son cadavre « entre le 9 mai et le 29 mai 2020 ».

Le même document judiciaire propose que la jeune femme ait fait disparaître le cadavre « dans l’intention de cacher le fait [qu’elle] lui a donné naissance ».

L’âge exact et le sexe de l’enfant n’ont pas été précisés par le SPVG, ni dans les dossiers de la Cour du Québec.

Comparution

D’une voix faible lors de sa comparution téléphonique, la jeune femme a dit comprendre les accusations déposées contre elle.

Il semble qu’aucun proche ne se soit déplacé au palais de justice de Gatineau.

Une avocate agissant mardi en tant qu’« amie de la cour » a décrit la jeune accusée comme étant « sous le choc ».

Un « ami de la cour » est un avocat qui accepte à la dernière minute de s’occuper temporairement du dossier en attendant que le justiciable se trouve un avocat permanent, voué à son dossier.

« Pour l’instant, il faut voir où on peut lui trouver de l’aide, a dit l’amie de la cour, MNathalie Ferland. Elle ne comprend pas ce qui se passe. C’est une personne sans antécédents judiciaires qui n’a jamais été arrêtée auparavant. »

La procureure de la Couronne, MDiane Legault, s’est opposée à la mise en liberté provisoire de l’accusée. Le dossier a été reporté à la semaine prochaine.

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