Dead Poets Society

30 ans de carpe diem

En juin, le film Dead Poets Society (La société des poètes disparus) célébrera son 30e anniversaire. Alors que l’adaptation théâtrale de la pièce foulera les planches du Théâtre Denise-Pelletier dès la semaine prochaine, voici cinq faits étonnants que vous ne connaissez (peut-être) pas sur ce film qui a marqué toute une génération.

Le film a été un succès populaire… mais pas nécessairement critique

Certaines de ses scènes s’inscrivent dans les annales du cinéma, mais pourtant, Dead Poets Society n’a pas été porté aux nues par la critique à sa sortie, en juin 1989. Sans être dévastatrices, plusieurs critiques accueillent le film de façon tiède, certains soulignant que le film, assez manichéen et cousu de fil blanc, n’apporte rien de bien nouveau, tout en applaudissant la performance de Robin Williams.

« Pas le pire des innombrables films récents [du genre], mais sûrement le plus éhonté dans sa tentative de séduire un jeune public », note alors le Chicago Sun-Times. Peu importe, le film réalisé par Peter Weir, qui a été tourné avec un budget assez modeste de 16 millions de dollars, est un succès commercial : il engrange à terme plus de 140 millions internationalement, sans compter qu’il récolte quatre nominations aux Oscars. Tom Schulman gagne la statuette dans la catégorie du meilleur scénario original.

Le professeur est inspiré de personnes réelles

Le personnage du professeur John Keating est véritablement inspiré d’enseignants que le scénariste, Tom Schulman, a connus, comme Harold Clurman, un directeur de théâtre réputé qui venait parfois dans les classes de jeu de Schulman, qui avait été marqué par ses discours sur la vie, le théâtre et l’art. D’ailleurs, la première version du scénario se déroulait dans un environnement théâtral ; Schulman a ensuite réécrit le film en campant l’histoire dans une école. Pour le rôle du professeur, il s’inspire d’un enseignant de littérature anglaise qui l’avait aussi marqué, Samuel F. Pickering Jr. Ce dernier, comme Keating, encourageait ses élèves à vivre le moment présent et avait l’habitude d’enseigner debout sur son bureau ou même… dans une poubelle. « Je faisais ce type de choses pas tant pour éveiller les élèves que pour m’amuser », raconte le professeur dans un essai publié en 1992, Let It Ride, dans lequel il parle avec un certain amusement et avec incrédulité de sa soudaine célébrité après la parution du film.

« Je suis monté sur mon bureau pour me rappeler qu’on doit constamment œuvrer à trouver un nouveau point de vue ; à regarder les choses sous un autre angle. Vu d’ici, le monde est différent. Si vous ne me croyez pas, venez voir par vous-mêmes. Venez. Chacun son tour. »

(Citation de John Keating)

Le tournage du film a commencé par… un désastre

Le film ne s’est pas fait sans obstacle. Au départ, c’est le réalisateur Jeff Kanew (Revenge of the Nerds) qui a porté le projet ; ce dernier voulait que Liam Neeson interprète le professeur, mais les studios, eux, avaient jeté leur dévolu sur Robin Williams. Le tournage a commencé, mais le courant ne passait pas du tout entre Kanew et Williams. En fait, a déjà raconté Schulman en entrevue, Williams ne s’était tout simplement… pas présenté au premier jour de tournage.

« Après ce premier jour, ils ont annulé la production et brûlé les décors ! » Ensuite, Dustin Hoffman a été pressenti pour à la fois réaliser le film et jouer le rôle de Keating, mais le projet a avorté. Ce n’est que lorsque le réalisateur Peter Weir est finalement arrivé dans le projet, un peu plus tard, que tout s’est concrétisé… avec Robin Williams, bien sûr !

Dans le scénario original, Keating est mourant

Pourquoi le professeur Keating encourage-t-il tant ses élèves à vivre le moment présent ? Une des réponses se trouve dans le scénario original, dans lequel les élèves apprennent à un certain moment que leur professeur souffre de la maladie de Hodgkin. C’est le réalisateur Peter Weir qui a convaincu Schulman d’enlever cette scène. « Weir croyait que la scène ne devait pas être dans le film, qui deviendrait alors plus à propos d’un professeur mourant que de ce qu’il avait à dire », a expliqué Schulman en entrevue, ajoutant qu’il ne regrettait absolument pas d’avoir écouté Weir. « C’était une décision intelligente. »

« Cueillir le moment présent. Le saisir. Pourquoi l’auteur écrit-il ces lignes ? Parce qu’un jour, messieurs, nous serons tous de la nourriture à vers de terre ! Parce que nous ne connaîtrons qu’un nombre limité d’hivers, d’étés et d’automnes. Un jour – aussi incroyable que cela puisse paraître –, chacun de nous va arrêter de respirer, refroidir, puis mourir ! »

(Citation de John Keating)

La scène finale cite un poème en hommage à Lincoln

La scène finale du film, où les élèves montent debout sur leurs bureaux pour saluer leur professeur d’un « O Captain ! My Captain ! », est une des plus marquantes de Dead Poets Society. À tel point que la formule a été largement reprise par ses fans éplorés lorsque Robin Williams a mis fin à ses jours. La phrase est tirée du poème du même nom, écrit par le poète et écrivain américain Walt Whitman en hommage au président des États-Unis Abraham Lincoln, après que celui-ci eut été assassiné en 1865.

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