Défi sans écran

Jusqu’au 11 novembre, l’entreprise québécoise Les Belles Combines relance son Défi 5@8, afin de sensibiliser les parents et leurs enfants au temps qu’ils consacrent aux écrans. Entre 17h et 20h, les participants sont invités à fermer leurs tablettes, ordinateurs et téléphones intelligents pour passer du temps en famille et faire une activité ensemble. Des mères-entrepreneures – dont la photographe et blogueuse Tammy Lacasse et les auteures de Vivre simplement et Mamanbooh, Élisabeth Simard et Julie Philippon – se joignent cette année à l’initiative et viendront encourager les familles, alimenter la réflexion et partager leurs trucs chaque jour sur Facebook autour d’un thème. Au programme aujourd’hui : Joue et jase, avec Vanessa Giguère. Dans les prochains jours, suivez aussi Placote et popote, Discute et dessine, Bavarde et bricole, Confidences et câlins, Discussion et découvertes, et Causette et cachette. — Isabelle Morin, La Presse

Défi de famille

Fonder une famille malgré les risques

Valérie Chevrette, 36 ans
David Charron, 33 ans
Hugo Charron, 4 ans et demi
Arnaud Charron, 1 an

Au fil des ans, une famille connaît son lot de défis. Chaque semaine, des parents racontent comment ils ont su relever un défi qui s’était présenté.

Valérie Chevrette et David Charron ont eu des enfants, envers et contre tout. Après avoir perdu Sara, petite fille prématurée, ils ont choisi de retenter le coup. La deuxième grossesse a été suivie d’un séjour en néonatalogie pour le nouveau-né, la période la plus difficile de leur vie. Ils ont tout de même décidé de répéter l’expérience une troisième fois, malgré les risques connus.

Après la mort de leur premier bébé, les amoureux ont longuement réfléchi. « On s’est plus demandé comment ça se passerait que si on en voulait un autre, se souvient Valérie Chevrette. On craignait que notre prochain bébé décède lui aussi. On savait que la prochaine grossesse ne serait pas rose. »

Quelques mois plus tard, de nouveau enceinte, la maman a été hospitalisée pendant cinq semaines. « J’étais nerveuse, car je voulais me rendre le plus loin possible dans la grossesse, mais je savais que j’étais à la bonne place : si mon bébé naissait prématurément, il aurait plus de chances de survivre. Pendant ce temps, mon chum faisait des allers-retours quotidiens à Sainte-Justine, après le travail, pour me soutenir. »

Comme appréhendé, l’accouchement a été suivi de complications : le petit Hugo a passé quatre semaines aux soins intensifs. Un enfer pour les parents.

« Mon bébé a arrêté de respirer plusieurs fois dans mes bras. Pour les gens de l’hôpital, c’est la trajectoire normale pour un prématuré, mais pour nous, c’était extrêmement difficile à vivre. En plus, il a fait une infection… »

— Valérie Chevrette

Le garçon s’en est finalement sorti indemne. Mais les parents n’ont jamais oublié ce qu’ils ont vécu. « On s’est énormément questionné si on en voulait un autre, après le deuil d’un bébé, la néonatalogie et les risques de revivre ça à nouveau. Mon chum avait l’idéal d’une famille de plusieurs enfants. Il était plus convaincu que moi. J’ai donc décidé de m’appuyer sur lui, en lui faisant comprendre qu’il devrait me soutenir. »

En s’informant sur les risques potentiels, ils ont compris que les probabilités d’un autre séjour hospitalier étaient élevées et que l’aide d’un réseau social fort serait nécessaire. « On s’est assis avec mes parents en leur expliquant qu’on ne pourrait pas avoir d’enfant sans leur soutien indéfectible, explique la maman. Les parents de David travaillaient encore, mais ma mère venait de prendre se retraite. Elle a accepté. »

Après la naissance d’Arnaud, à 32 semaines et 6 jours, le séjour aux soins intensifs a duré une semaine. « Il a vécu des décélérations du cœur et des poumons, mais sans infection. C’était très intense, mais avec moins de hauts et de bas. C’était difficile de voir mon bébé pleurer et de ne pas être celle qui pouvait l’aider, mais je ne pouvais pas faire autrement. » Heureusement, ils ont reçu l’aide de plusieurs membres de leurs familles. « Mon chum et mon garçon ont déménagé chez mes parents durant mon hospitalisation préventive de sept semaines et les quatre semaines d’hospitalisation post-accouchement, explique Valérie Chevrette. Si David venait me voir, mes parents gardaient Hugo. Ça nous a aidés à maintenir sa routine. »

RÉSULTAT

Aujourd’hui, les enfants vont bien. Hugo est en parfaite santé. Arnaud rattrape un léger retard moteur. Et leur maman se remet physiquement. « C’est très difficile de rester au repos longtemps. On perd beaucoup de masse musculaire. Et je me suis occupée d’un enfant qui voulait plus ou moins dormir. J’ai vécu une mission maternité au lieu d’un congé de maternité. Mais je suis de retour au travail depuis deux semaines et ça va bien. »

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