Cannabis

Un départ qui soulève des questions chez Hexo

La démission soudaine du chef de la direction financière d’Hexo – le principal fournisseur de la Société québécoise du cannabis (SQDC) – soulève des interrogations chez certains analystes, qui se demandent si ce départ ne cache pas autre chose.

À la Bourse de Toronto, la réaction des investisseurs a également été également négative, hier, puisque le titre du producteur de cannabis de Gatineau retraité de 6,64 %, ou 36 cents, pour clôturer à 5,06 $ — loin de 11,29 $, son sommet des 52 dernières semaines, atteint le 29 avril.

Après seulement environ quatre mois en tant que chef de la direction financière, Michael Monahan a démissionné de ses fonctions chez Hexo, a annoncé vendredi l’entreprise, après la clôture des marchés.

Soulignant qu’il devait passer la majorité de son temps à Gatineau et à Ottawa, le principal intéressé a fait valoir que cela n’était « pas possible » pour lui « étant donné les besoins » de sa famille.

« En bref : un départ aussi soudain d’un chef de la direction financière avec de l’expérience au sein d’autres entreprises cotées en Bourse est préoccupant et va pousser les investisseurs à se demander “qu’est-ce que nous ne savons pas ?” pendant un certain temps », a estimé l’analyste Christopher Carey, de Bank of America Merill Lynch, dans une note envoyée à ses clients.

La nomination de M. Monahan, qui a travaillé au sein de sociétés américaines comme Nutrisystem – jusqu’à sa vente en mars dernier – et PetroChoice, avait été annoncée en mai par Hexo, en même temps que la création d’Hexo USA au Delaware, qui visait à officialiser la présence de la société au sud de la frontière.

M. Carey avait amorcé la couverture d’Hexo en mai dernier en se montrant particulièrement positif à l’endroit de la société québécoise. Dans son plus récent rapport, l’analyste a toutefois abaissé son cours cible de façon marquée, le faisant passer de 9 $ à 4 $.

« Il est difficile de savoir quelles étaient les attentes de M. Monahan lorsqu’il a rejoint les rangs de l’entreprise », a écrit M. Carey, ajoutant qu’il était raisonnable de penser que la situation chez Hexo ne correspondait pas à ses attentes.

Mauvais message

Chez Desjardins Marchés des capitaux, John Chu a également qualifié la nouvelle du départ de M. Monahan de « négative », soulignant, dans une note, que son bref passage chez Hexo « n’était pas idéal », alors que la société doit dévoiler ses résultats du quatrième trimestre plus tard en octobre.

Le producteur de cannabis avait annoncé en janvier un plan de transition visant notamment à recruter une personne dotée d’une « expérience internationale pertinente en produits de grande consommation ».

En attendant de trouver un nouveau directeur financier, Hexo a indiqué que Stephen Burwash, vice-président des finances stratégiques, occuperait le poste par intérim. Il avait aussi joué ce rôle dans les semaines qui ont précédé l’arrivée de M. Monahan.

« Cette nomination semble s’éloigner du plan original annoncé en janvier […], mais nous reconnaissons que M. Burwash devrait être en mesure d’assurer une transition en douceur », a indiqué l’analyste de Desjardins.

Néanmoins, « pour l’instant », M. Chu a fait savoir que son cours cible de 14 $ pour le titre d’Hexo demeurait inchangé.

Malgré les commentaires plutôt négatifs de M. Carey, Hexo n’a pas voulu apporter davantage de précisions, indiquant dans un courriel hier ne rien avoir « à ajouter à ce qui se trouve dans le communiqué diffusé la semaine dernière ». Il n’a pas été possible de parler au président-directeur général d’Hexo, Sébastien St-Louis.

En avril 2018, Hexo, qui s’appelait alors Hydropothicaire, avait décroché une entente de cinq ans pour devenir le fournisseur privilégié de la SQDC. Cette entente pourrait être prolongée d’une année supplémentaire en vertu d’une option.

Hexo souhaite générer des revenus nets de 400 millions au cours de l’exercice 2020, mais Bank of America Merill Lynch s’attend à ce que la société soit obligée d’abaisser cette cible à environ 235 millions.

Revue boursière

Wall Street attend les négociations sino-américaines

Wall Street a terminé dans le rouge, hier, à l’issue d’une séance hésitante, les investisseurs se montrant circonspects à l’approche de l’ouverture d’une nouvelle session de négociations commerciales entre Washington et Pékin. Pour l’heure, l’hôte de la Maison-Blanche brandit toujours la menace de nouveaux tarifs douaniers sur les importations en provenance de Chine. Mais l’issue des tractations reste incertaine. — Agence France-Presse

Transport aérien

Deux autres commandes Airbus

Airbus a décroché 14 nouvelles commandes pour l’A220 – l’ancienne C Series conçue par Bombardier – au cours du mois de septembre, auprès de deux clients dont l’identité n’a pas été dévoilée. La nouvelle a été annoncée hier par le géant européen, qui a précisé avoir enregistré 41 commandes pour l’ensemble de son portefeuille le mois dernier, en plus de livrer 71 appareils à des clients. En ce qui a trait à l’A220, Airbus a obtenu, dans un premier temps, une commande pour 10 appareils A220-100, le plus petit de la famille, alors qu’une autre compagnie a acheté quatre avions A220-300. Selon les prix catalogues de 2018, la valeur des deux commandes serait d’environ 1,18 milliard US.

— La Presse canadienne

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