Royaume-Uni

« Je ne pense vraiment pas que l’on puisse [sortir de l’Union européenne] le 29 mars. Ce n’est simplement pas faisable. »

— Keir Starmer, chargé du Brexit au sein du Parti travailliste, principal parti de l’opposition au Royaume-Uni. Les parlementaires doivent se prononcer la semaine prochaine sur l’accord de séparation conclu avec l’UE, et tout indique qu’ils voteront contre. (AFP)

Malte

Les 49 migrants bloqués en Méditerranée touchent terre

Les 49 migrants bloqués pour certains depuis plus de deux semaines sur deux navires d’ONG allemandes ont débarqué hier à Malte après un accord pour les répartir dans huit autres pays européens. « C’est fini ! » Sur le navire de l’ONG Sea-Watch, les 32 migrants qui avaient été secourus le 22 décembre ont crié, pleuré, chanté et embrassé les sauveteurs lorsqu’ils ont appris qu’ils allaient enfin pouvoir rejoindre la terre, selon un correspondant de l’AFP à bord. Dans une ambiance festive, ils ont rassemblé leurs quelques affaires dans des sacs poubelles. « Je suis content, cela fait plaisir, merci vraiment l’Europe, merci », a déclaré l’un d’eux. Ces migrants et les 17 autres secourus le 29 décembre par l’ONG Sea-Eye ont ensuite été transférés sur une vedette de la marine maltaise, qui les a conduits au port militaire de La Valette, d’où ils sont rapidement partis en bus vers un centre d’accueil. — Agence France-Presse

Chine

Censure renforcée sur l’internet

Critiquer les dirigeants du Parti communiste, parodier l’hymne national ou « vénérer l’argent ». Les autorités chinoises ont rendu publiques hier de nouvelles lignes directrices sur les contenus vidéo à censurer sur internet dans le cadre de leur campagne contre les informations « nuisibles ». La CSNA, association d’entreprises du secteur soutenue par le gouvernement, a diffusé une liste de 100 types de contenus que doivent bannir les sites internet proposant de courtes vidéos. Visés au premier chef par cette censure, les sujets politiques. Les plateformes internet ne sauraient mettre en ligne des vidéos dans lesquelles l’hymne chinois est parodié, les chefs du parti unique critiqués ou l’indépendance de l’île de Taiwan encouragée. Des images faisant le culte de l’argent-roi, des vidéos « non vérifiées » de manifestations ou de rassemblements ou encore véhiculant une vision « malsaine » du mariage et de l’amour sont également proscrites. — Agence France-Presse

Mexique 

López Obrador appelle au calme face à la pénurie d’essance

Le président Andrés Manuel López Obrador a exhorté hier les Mexicains à ne pas céder à la panique devant la pénurie d’essence causée par son offensive contre les vols de carburant par des groupes criminels. Les pénuries ont été provoquées par la décision du gouvernement de fermer temporairement les oléoducs de la société pétrolière d’État Pemex, a-t-il expliqué, pour empêcher les siphonnages par des groupes criminels qui ont coûté la bagatelle de 3 milliards de dollars en 2017 à l’État mexicain. Ces pénuries ont valu de nombreuses critiques au président, qui avait fait campagne en promettant une essence moins chère. López Obrador – qui a été investi début décembre – a demandé aux Mexicains de ne pas aggraver la situation en paniquant. « Nous allons résister à la pression. Je demande aux gens de nous aider. De quelle manière ? En agissant de façon calme et prudente, sans paniquer, sans écouter les informations alarmistes et biaisées », a-t-il insisté. Plus de 10 000 siphonnages ont été enregistrés en 2017 sur les canalisations de Pemex, contre seulement 186 en 2012, selon des chiffres officiels. — Agence France-Presse

Macédoine

Le Parlement sur le point d’entériner un changement de nom

Le Parlement macédonien s’apprête à décider s’il rebaptise le pays « République de Macédoine du Nord », ce qui ouvrirait la voie à une résolution définitive de son litige avec la Grèce. Le vote sur quatre amendements constitutionnels doit intervenir avant la date limite du 15 janvier. « Nous pensons que le vote aura lieu [demain] », a toutefois déclaré à la presse un député, Aleksandar Kiracovski, haut responsable du parti social-démocrate (SDSM) de Zoran Zaev. « Je crois que nous aurons la majorité des deux tiers » des 120 députés nécessaire pour entériner le changement de nom et ouvrir la voie à une réconciliation avec la Grèce, a prédit le chef du gouvernement, tandis que les débats reprendront aujourd’hui. Le litige ferme la porte de l’Union européenne et de l’OTAN à la Macédoine et ses 2,1 millions d’habitants, du fait du veto des Grecs. Ceux-ci contestent à leur voisin, indépendant depuis sa sécession de la Yougoslavie en 1991, le droit de se baptiser « Macédoine ». Ils estiment que c’est le nom exclusif de leur province septentrionale et accusent les Macédoniens d’usurper leur héritage historique.

— Agence France-Presse

République démocratique du Congo

L’opposant Tshisekedi remporte la présidentielle

C’est un événement sans précédent en République démocratique du Congo et rarissime en Afrique centrale : un candidat de l’opposition, Félix Tshisekedi, a été proclamé hier vainqueur de l’élection présidentielle à un tour, qui avait été trois fois reportée depuis fin 2016.

Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, 55 ans, est le président « provisoirement élu » qui doit succéder au chef d’État sortant Joseph Kabila, 47 ans, a proclamé la Commission électorale nationale indépendante (CENI) au terme d’une très longue attente.

Les résultats de la CENI peuvent encore faire l’objet de recours devant la Cour constitutionnelle qui proclamera les résultats définitifs.

La RDC, plus grand pays d’Afrique subsaharienne, vit une double situation historique. C’est la première fois qu’un opposant est proclamé vainqueur d’une élection présidentielle après les deux élections de M. Kabila, en 2006 et 2011.

C’était aussi la première fois que le président sortant acceptait de se retirer sous la pression de la Constitution, et non des armes. M. Kabila ne pouvait pas briguer un troisième mandat.

M. Tshisekedi l’emporte nettement avec 38,57 % des voix, devant l’autre tête de l’opposition divisée, Martin Fayulu, deuxième avec 34,8 %, selon la Commission électorale.

Le dauphin du président sortant, l’ex-ministre de l’Intérieur sous sanctions de l’Union européenne Emmanuel Ramazani Shadary, n’arrive qu’en troisième position avec 23,8 %. Les 18 autres candidats font des scores anecdotiques.

La Cour constitutionnelle doit publier les résultats définitifs d’ici le 15 janvier, selon l’actuel calendrier électoral qui a pris trois jours de retard. La prestation de serment du nouveau président élu pour un mandat de cinq ans est prévue le 18 janvier selon ce même échéancier.

Main tendue

Félix Tshisekedi est le fils d’une figure majeure de l’histoire politique congolaise, Étienne Tshisekedi, mort à Bruxelles le 1er février 2017.

Près de deux ans après le décès de Tshisekedi père, le corps repose toujours à Bruxelles, officiellement faute d’accord pour les obsèques entre son parti (l’UDPS), la famille et le pouvoir.

M. Tshisekedi a fait équipe pour sa campagne avec l’ex-président de l’Assemblée nationale Vital Kamerhe, qui doit devenir premier ministre en cas de victoire confirmée, selon l’accord entre les deux hommes.

Ces derniers jours, M. Tshisekedi avait aussi tendu la main au président Kabila.

Dans un entretien au quotidien belge Le Soir, M. Tshisekedi a déclaré au sujet du président sortant qu’il « est évident qu’il pourra vivre tranquillement dans son pays, vaquer à ses occupations, il n’a rien à craindre » s’il quitte le pouvoir.

Le secrétaire général de l’UDPS Jean-Marc Kabund a par la suite suggéré « une rencontre » entre MM. Tshisekedi et Kabila « pour préparer la passation pacifique et civilisée du pouvoir », avant même la proclamation des résultats.

Ces déclarations ont nourri des rumeurs d’un rapprochement qui n’ont pas été démenties et qui ont suscité la colère dans le camp de l’autre opposant, Martin Fayulu. À mots voilés, ses partisans ont mis en garde contre un accord dans leur dos. 

Le nouveau président issu de l’opposition devra aussi composer avec les forces de sécurité acquises au président Kabila et avec les milieux économiques.

— Agence France-Presse

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