Gourmand

Les meilleurs pubs d’Édimbourg, selon Ian Rankin

Édimbourg — Que serait Édimbourg sans ses magnifiques pubs traditionnels, plein de boiseries et de bons whiskies ? Et comment les découvrir mieux qu’à travers les suggestions de l’écrivain écossais Ian Rankin, qui en connaît un rayon ? Quand on l’a rencontré, cet automne à l’Oxford Bar, le père du célèbre inspecteur John Rebus s’est fait un plaisir de nous suggérer ses cinq débits de boisson préférés, en nous avouant avoir un faible pour les établissements « à l’ancienne ». Une précieuse visite commentée, qui pourrait s’avérer utile lors de votre prochaine virée dans la capitale écossaise.

L’Oxford Bar

C’est l’évident point de départ. Situé dans le New Town, à quelques pas de Princes Street, ce pub sans prétention est devenu un incontournable dans l’univers de Ian Rankin. C’est ici que l’inspecteur Rebus vient prendre un verre et c’est ici que l’écrivain rencontre les journalistes et les fans, ce qui a d’ailleurs contribué à la renommée de l’endroit, désormais classé. Fondé en 1893, l’Oxford Bar ne paie pourtant pas de mine. Mais sa simplicité, pour ne pas dire son austérité, lui donne un cachet particulier…

« J’ai commencé à venir ici parce que c’était rempli de flics. Plusieurs venaient boire ici. Mais aussi des avocats, des politiciens. Un incroyable mélange de gens. À l’Oxford Bar, il n’y a pas de télé, pas de musique, pas de bouffe. Ce n’est que de l’alcool et de la conversation. Oui, je suis comme Rebus, j’ai tendance à aimer les pubs traditionnels. »

8 Young Street

Canny Man’S

Situé au sud d’Édimbourg, dans le quartier bourgeois de Morningside, Canny Man’s est une institution en vertu de son âge (ouvert en 1879 !), mais aussi de sa déco kitsch et éclectique, qui ratisse toutes les époques du XXe siècle. « On dirait un magasin d’antiquités, avec plein de choses bizarres et intéressantes, observe l’écrivain. Et s’ils vous aiment, ils vous donnent des cacahuètes avec votre bière. Excentrique. »

237 Morningside Road

Abbotsford

Une institution. Fondé en 1902, ce pub de l’époque édouardienne frappe d’entrée de jeu par son bar aux boiseries magnifiques, qui occupe le centre de la salle, telle une île au milieu d’un lac. Les serveurs en chemise blanche lui donnent une touche supplémentaire. Il y a un restaurant classe à l’étage. Situé à un jet de pierre de la station de train Waverly. « Un beau gros pub traditionnel. Bonne bouffe. Bonne bière. Un staff compétent. Central et, en plus, situé juste à côté d’un magasin de disques », lance Rankin, dont on connaît le goût prononcé pour la musique.

3-5 Rose Street

Bennets Bar

Derrière cette immanquable façade verte se trouve l’un des plus beaux et des plus vieux pubs du centre-ville. Intact depuis son ouverture en 1906, Bennets est classé comme lieu patrimonial. Les planchers et le bar tout en longueur lui donnent un vieil air chic, tout comme les fenêtres en vitrail et les boiseries magnifiques qui ornent les murs et l’arrière du comptoir. Un bon endroit pour discuter, très prisé des locaux. « Je vais là souvent. Un pub très élégant. C’est le premier pub où je suis allé à Édimbourg, parce que mon premier logement d’étudiant était à côté. Tranquille le jour, plus animé le soir. Bonne bière. Il y a des cartes de l’Écosse sur les tables. J’aime. Ça me donne des idées de voyage. »

8 Leven Street

Bow Bar

Malgré son air ancien, le Bow Bar ne date que d’une trentaine d’années. Ça ne l’a pas empêché d’être décrit comme l’un des meilleurs endroits pour boire en Grande-Bretagne. Il est particulièrement bien situé, dans la côte qui sépare le secteur Grassmarket et la vieille ville. À la fois idéal pour les touristes et les locaux, avec un choix de plus de 250 whiskies. « Pas de musique, pas trop de bouffe. Juste une place pour boire et discuter », se réjouit Ian Rankin.

80 West Bow

Une espèce en voie de disparition

Qui l’eût cru ? L’industrie du bon vieux pub britannique bat de l’aile. Depuis 2008, plus de 11 000 établissements auraient fermé leurs portes dans tout le Royaume-Uni. Les raisons de cette hécatombe vont de la hausse des taxes sur l’alcool aux changements d’habitudes chez les consommateurs, notamment les plus jeunes, qui préfèrent boire leur bière à la maison. Il restait environ 39 000 pubs en Grande-Bretagne en 2018, selon l’office national de la statistique.

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