Outaouais

Québec aide encore Fortress

Le gouvernement Legault lance une autre bouée de sauvetage à l’usine de cellulose appartenant à Fortress située à Thurso, en Outaouais, dans l’espoir de trouver un acquéreur et sauver sa mise de plus de 100 millions dans ce projet de conversion.

Moins de 24 heures après l’annonce de la fermeture temporaire des installations, ce qui touche plus de 300 travailleurs, Québec a offert un prêt pouvant atteindre 8 millions à la société établie en Colombie-Britannique, environ un mois après lui avoir prêté 5 millions.

« C’est une opération de sauvetage », a reconnu le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, hier, au cours d’un entretien téléphonique.

Cet autre prêt devrait permettre d’assurer une conservation des actifs jusqu’à la fin du mois de février, a-t-il ajouté, précisant au passage que le gouvernement était impliqué depuis environ un mois et demi dans le processus visant à trouver un nouvel acquéreur.

Fortress avait justifié sa décision en évoquant la dispute commerciale sino-américaine. Cette situation avait entraîné une baisse de la demande chinoise pour les vêtements et les tissus, provoquant un recul de la demande pour la pâte dissolvante ainsi qu’une chute marquée des prix.

« Je pense qu’environ 45 % des employés de l’usine vivent à Thurso. Les eaux usées de la municipalité sont traitées par l’usine. L’objectif principal est de maintenir les emplois et, deuxièmement, récupérer le plus possible [l’argent]. »

— Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’Innovation

Entre-temps, une vingtaine de salariés demeureront en poste dans le cadre de la fermeture temporaire d’une durée de trois ou quatre mois. Hier après-midi, Fortress n’avait pas répondu aux questions de La Presse canadienne envoyées par courriel.

Le syndicat Unifor, qui représente environ 200 travailleurs de l’usine, a dit avoir appris la nouvelle avec « stupeur », soulignant, dans un communiqué, que cela était un « choc pour tout le monde ».

« Mais face aux difficultés de rentabilité de l’usine, on comprend aussi que les activités ne peuvent pas se poursuivre à perte indéfiniment, a souligné son dirigeant syndical Renaud Gagné. Pour l’heure, notre priorité, c’est d’accompagner nos membres dans leurs démarches auprès de l’assurance-emploi. »

M. Fitzgibbon estime que « quelque part en novembre », Québec devrait savoir s’il y a un « acheteur potentiel ou non ». S’il y a un repreneur, celui-ci sera probablement un acteur de l’industrie plutôt qu’un acteur issu du milieu financier, comme une société d’investissement, a estimé le ministre.

L’État, par l’entremise d’Investissement Québec, avait prêté 106 millions à Fortress en 2010 quand l’entreprise avait acquis l’usine de Thurso, qui était fermée, pour convertir sa production de la pâte kraft vers la pâte dissolvante. La facture du projet était initialement estimée à 175 millions, mais en raison de dépassements de coûts, elle est passée à plus de 300 millions.

En raison des difficultés du site de Thurso, le gouvernement Legault avait déjà consenti à prolonger, jusqu’au 31 mars 2022, le moratoire entourant le remboursement du prêt.

À la Bourse de Toronto, l’action de Fortress se négociait aux alentours de 7 cents, hier après-midi. Il s’agit d’un fort recul, puisque le titre se négociait aux alentours de 1,75 $ en début d’année.

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