Consumer Electronics Show

Place à la mobilité centrée sur l’humain

Soucieux de se distancier de la mauvaise réputation de l’automobile énergivore et polluante, les constructeurs présents au Consumer Electronics Show (CES) cette année ont tous insisté sur leur transition vers un rôle de « fournisseurs de solutions » d’une mobilité « durable et responsable », « centrée sur l’expérience utilisateur ». Cette avalanche de mots aura-t-elle un impact réel sur leurs affaires courantes ? C’est à voir. Voici tout de même cinq illustrations de cette volonté de changement… ou pas.

La « cité tissée » de Toyota

C’est Akio Toyoda en personne qui a foulé du pied l’imposante scène réalisée sur mesure pour le CES afin de dévoiler les plans du groupe japonais de construire un prototype de ce qu’il considère comme la « ville du futur », à l’ombre du mont Fuji, au Japon. Le sympathique président a rappelé que Toyota a vu le jour en 1933 comme fabricant de métiers à tisser, ce qui a inspiré le nom du projet : Woven City, ou « cité tissée ». Le projet veut transformer les autoroutes en plus petites routes, en sentiers cyclopédestres et en zones de verdure dans lesquelles circuleraient des véhicules électriques et autonomes en tout genre, dont sa navette e-Palette, sorte de minibus automatisé qu’on verra d’ailleurs aux Jeux olympiques de Tokyo, l'été prochain. M. Toyoda a d’ailleurs lancé un appel à tous pour l’aider à réaliser ce projet. Avis à SNC-Lavalin…

Un taxi volant signé Hyundai-Uber

Hyundai n’avait aucun nouveau produit à présenter au CES, mais une surprise attendait les curieux : un modèle pleine grandeur du taxi volant que le groupe coréen fabriquera en assez grand nombre pour satisfaire les besoins d’Uber Elevate, le service de transport urbain de prochaine génération d’Uber. La conférence a aussi permis à Hyundai d’insister sur sa vision d’un monde pas si lointain où on ne parlera plus de la puissance ni de la performance des produits, mais plutôt de la qualité de l’expérience vécue à travers cette « mobilité urbaine centrée sur l’humain », axée sur trois thèmes principaux : prendre soin de son environnement, permettre aux gens de réaliser leur plein potentiel et revitaliser les centres urbains froids et impersonnels de la planète. Oui, c’est du lourd.

La performante R8 e-tron d’Audi

Ce n’est pas parce qu’on achète une auto électrique qu’on ne veut pas une voiture plus puissante que celle de son voisin. C’est la logique derrière la volonté de la marque Audi de créer des variantes « RS » plus performantes de ses éventuelles voitures électriques ou hybrides branchables, incluant le VUS e-tron Sportback qui sera commercialisé sous peu. En plus de tout cela, le constructeur allemand compte ressusciter son concept R8 e-tron introduit en 2015, sous la forme d’une supersportive électrique qui sera produite en très petite quantité et qui sera commercialisée au courant de 2021.

La navette autonome de Continental voit loin

Continental a vu le jour à la fin du XIXe siècle à une époque où l’électronique n’était même pas encore un mot. Ça n’empêche pas l’équipementier allemand de voir l’avenir d’un bon œil, proposant des solutions de conduite autonome, de sécurité active et de mobilité connectée aux grands constructeurs intéressés par le même virage technologique. La meilleure démonstration de son savoir-faire prend toutefois la forme d’une navette autonome conçue en partenariat avec le petit groupe français EasyMile. Appelée EZ10, la navette recourt à sept capteurs mis au point par Continental, et lui conférant une « vision » de son environnement sur un rayon de 200 mètres, rien de moins. Ça lui permettrait notamment de voir « à travers » divers obstacles, comme des véhicules garés en bordure de route, afin de détecter la présence d’autres véhicules, de piétons, ou de tout autre risque potentiel à sa bonne conduite.

Qualcomm, de votre sans-fil à votre voiture

Les mêmes puces informatiques qui animent votre sans-fil pourraient bientôt rendre votre voiture entièrement autonome. En introduisant sa plateforme Snapdragon Ride, Qualcomm a promis que les premiers véhicules autonomes de niveaux 4 ou 5 seront sur la route au plus tard en 2023. La technologie Ride prend la forme d’une boîte pas tellement plus grosse qu’une boîte à chaussures, et est capable de réaliser pas moins de 700 téraopérations par seconde (TOPS), ne consommant que 130 watts d’électricité pour y parvenir. C’est deux fois mieux que la technologie précédente, et ça suffirait pour remplacer totalement le conducteur, assure Cristiano Amon, président du groupe californien. En vertu d’un partenariat entre Qualcomm et Land Rover, on soupçonne que le Defender sera un des premiers véhicules à hériter de cette technologie…

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