À table avec mon ex !

L’art de la narration

L’humoriste Ève Côté, du duo Les Grandes Crues, assure la narration de la nouvelle émission À table avec mon ex !, attendue sur V cet automne. Au menu : des taquineries, des répliques tordantes et des moments touchants. 

Il ne faut pas s’attendre au personnage grivois et sans filtre qui donne la réplique à Marie-Lyne Joncas sur scène. En prêtant sa voix pour commenter À table avec mon ex !, Ève Côté « n’est pas une Grande Crue ». Elle est… Ève Côté. Hilarante, mais sans l’humour bourru. « Je suis bien plus smooth », assure-t-elle.

Son mandat : à la manière d’un certain André Ducharme, elle commente les épisodes et passe des remarques amusantes. D’ailleurs, Ève a croisé André et lui a demandé des conseils. « Il m’a dit de rester dans l’amusement, de me laisser aller, rapporte l’humoriste. Après, il y a des gens payés pour me dire : “Woah, du calme.” Il m’a dit d’embrasser ce projet. » 

Le projet, donc, c’est une émission de téléréalité dans laquelle, comme son nom l’indique, des ex se mettent à table (le concept est inspiré de l’émission britannique Eating With My Ex). Autour d’un repas, ils discutent de leur relation. Chaque ex prévoit des questions pour son ancienne flamme. C’est l’occasion de s’avouer les non-dits, d’éclaircir les flous, de se dire ses quatre vérités. Mais aussi de mettre un point final à une relation… ou de raviver des sentiments.

Des couples se sont reformés après leur passage à l’émission, nous racontent Ève Côté et la réalisatrice Vanessa Cournoyer. Certains ont vécu des expériences difficiles et vivent des moments touchants à l’écran. La majorité des participants veulent faire la paix. Si l’émission ne dure qu’une vingtaine de minutes, les couples ont plus d’une heure pour discuter.

Ève, témoin privilégiée de ces histoires, adore son expérience. Elle s’attache même à certains candidats, qu’elle se plaît à interpeller directement dans sa narration. « Je m’éclate », dit-elle. Trois auteurs, Audrey Rousseau, Julien Pelletier et Justine Philie, travaillent sur ses commentaires, qu’elle adapte ensuite à sa sauce. 

« J’ajoute la twist avec mon accent gaspésien. »

— Ève Côté, narratrice d’À table avec mon ex !

« Baveuse », l’humoriste ne tombe jamais dans la méchanceté. « Je taquine, je suis la petite haïssable, mais je ne rentre pas dedans, explique-t-elle. Je suis très familiale, je peux parfois leur parler comme si c’était un cousin. »

« Tout le monde est là »

Notre visite au studio d’enregistrement nous l’a démontré : Ève Côté a le profil de l’emploi pour ses nouvelles fonctions. Dans une cabine, elle enregistre ses commentaires avec beaucoup de naturel. Elle donne son avis, s’adapte aux directives. Surtout, elle fait beaucoup rire. On travaille sur les 11e et 12e émissions… sur un total de 52. « Je vais avoir la mâchoire de Tom Cruise après ça », s’amuse Ève Côté.

La Gaspésienne a toujours la réplique pour faire rire. On retrouve ce sens de la répartie dans la narration. Au moment du passage de La Presse, un des couples de l’épisode sur lequel elle travaille est formé de la youtubeuse Gabrielle Marion et son ex, Olivier. Gabrielle est une femme trans. Leurs discussions sont plus sérieuses que celles du deuxième couple de l’épisode, Bianca et Jonathan, séparés à cause des infidélités de ce dernier. Jonathan subit les railleries d’Ève, qui redevient plus délicate lorsqu’il le faut. 

« Pour Gabrielle et Olivier, on est plus dans l’empathie et l’émotion ; on ne veut pas gratter le bobo », indique Vanessa Cournoyer. 

« La narration amène de la légèreté. On s’inspire de la personnalité des gens, du mood entre eux. »

— Vanessa Cournoyer, réalisatrice d’À table avec mon ex !

La production est heureuse d’avoir trouvé une perle de narratrice – « elle réussit tout le temps à nous surprendre », dit Vanessa. Quant à Ève Côté, elle réalise un fantasme, elle qui adore commenter, depuis son sofa, les parties de hockey ou les nombreux tics de Rafael Nadal durant les matchs de tennis.

Le plus grand défi pour celle qui fait de la scène, de la radio (Ça rentre au poste) et de la télévision (OD+ en direct, Code F., Discussions avec mes parents) ? Ne pas être cette narratrice qui ne fait que décrire ce qui se passe, mais faire évoluer l’intrigue par ses commentaires. Aussi, elle tient à ce que les candidats, lorsqu’ils verront leur épisode, « soient contents et ne se sentent pas comme des bêtes de foire ». 

La production a tenu à amener une distribution diversifiée parmi les « ex », 103 couples – deux par épisode, sauf pour celui de Sansdrick et Joanie, d’Occupation double Bali, qui ont une émission spéciale à eux seuls. « En termes d’âge, de couleur de peau, de culture, d’orientation sexuelle, énumère Vanessa Cournoyer, tout le monde est là. » Quelques visages connus (des influenceurs surtout) feront leur apparition de temps à autre, mais on aura surtout affaire à toutes sortes de couples d’attachants inconnus.

À table avec mon ex !, du lundi au jeudi, à 19 h, dès le 16 septembre sur V

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.