Industriel

Canada Bread

Des affichettes de porte publicitaires ! Voici la stratégie adoptée par Canada Bread pour recruter des employés. Les usines Dandurand et Viau à Montréal ainsi que l’usine et le centre de distribution à Laval font carrément du porte-à-porte dans les régions ciblées. À Laval, on cherche à pourvoir les postes de manœuvre de boulangerie, aide-général à la mécanique, occasionnel à la salubrité et commis à l’expédition, tandis qu’à Montréal, on a besoin de manœuvres de boulangerie et d’occasionnels à la salubrité.

Transport

Location Brossard

Location Brossard, le plus important locateur de poids lourds au Québec, a un criant besoin de main-d’œuvre spécialisée à Dorval et à Québec. « Notre flotte est à la fine pointe de la technologie, souligne Jérôme Léonard, vice-président principal et directeur général. C’est pourquoi nous sommes activement à la recherche de techniciens en mécanique diesel pour répondre à la demande grandissante de notre clientèle à qui nous offrons un service de réparation 24/7. »

Industriel

Groupe Soucy

Le Groupe Soucy conçoit et fabrique des composants et des pièces pour les principaux manufacturiers de véhicules récréatifs, industriels, agricoles et de défense. Soucy recherche des ingénieurs, des techniciens de production et des machinistes pour travailler à Drummondville. « Il y a des opportunités de carrière variées au sein de nos 12 filiales, explique Myriam Quenneville, conseillère en communications. Il y a aussi un climat, une ambiance chez Soucy qui fait que l’on se sent tout de suite chez soi ! »

SOS main d’œuvre

Une chaîne YouTube pour attirer des camionneurs

L’heure est grave dans l’industrie du transport. Faute d’employés, les transporteurs doivent refuser de nouveaux clients. Comme le camion autonome n’est pas une solution à court terme, l’Association du camionnage du Québec redouble d’efforts et agit sur tous les fronts. Une chaîne YouTube vient tout juste d’être lancée.

La situation n’est pas sur le point de s’améliorer. Les études du comité sectoriel de main-d’œuvre de l’industrie du transport routier au Québec (Camo-route) démontrent que la moyenne d’âge de la main-d’œuvre est la plus élevée de tous les secteurs d’activités et que cette industrie a le plus de difficulté que les autres à attirer la relève. Et on ne cherche pas que des camionneurs. D’autres métiers sont touchés, comme les caristes, les mécaniciens, les gestionnaires de la logistique et les répartiteurs.

« Au cours de la dernière décennie, le nombre de conducteurs de camions de transport a diminué de 5 % alors que les besoins augmentent à cause de la croissance des activités de transport et les départs à la retraite. », relate Bernard Boulé, directeur général de Camo-route.

Rejoindre les jeunes

L’Association du camionnage du Québec n’a pas le pied sur la pédale de frein. Elle cible tous ceux qui pourraient rejoindre son industrie, en commençant par les jeunes qu’elle va rejoindre là où ils sont, sur YouTube.

« On met un accent plus fort sur YouTube, parce que la consommation des médias sociaux des 15-24 ans a changé, explique Marc Cadieux, président de l’ACQ. Pour eux, YouTube, c’est un peu comme Google. Ils vont taper des questions dans YouTube quand ils sont en train de s’orienter dans une carrière. C’est donc important que notre chaîne ne soit pas juste corporative. Il va y avoir des influenceurs, parce que ça fonctionne vraiment avec les jeunes. C’est un contenu qui porte. »

Seulement 6 % de la main-d’œuvre est âgée de 15 à 24 ans. Le chemin à faire pour les convaincre de rejoindre l’industrie du transport est grand. L’ACQ a donc lancé une nouvelle campagne de recrutement à travers le Québec « Choisis ta route », elle a fourni des documents aux orienteurs des écoles secondaires afin qu’ils pensent à cette industrie en conseillant les jeunes, en plus d’envoyer des ambassadeurs directement dans les écoles.

L’attrait de la liberté

Richard Maskaleut, qui a commencé sa carrière dans l’industrie du camionnage en 1991, en fait partie. Depuis huit ans, il va rencontrer les élèves du secondaire pour leur parler de son métier. Il observe qu’ils sont très attirés par la liberté.

« Le bureau est mobile, on a des fenêtres, on écoute la musique qu’on veut, ça fait différent d’une usine. Mais les longues heures qu’on est appelé à faire, on parle de 10 à 12 heures par jour, il y en a qui aiment moins ça. »

— Richard Maskaleut, camionneur chez Groupe Robert depuis 1991

L’ACQ souhaite aussi que la SAAQ modifie sa législation pour être à armes égales avec les autres provinces canadiennes. Contrairement aux élèves ontariens qui peuvent commencer leurs cours de conduite de poids lourds dès la fin de leur secondaire, les élèves québécois doivent attendre d’avoir accumulé 36 mois d’expérience avec un permis de conduite automobile. Un projet pilote est en cours. L’ACQ espère que les résultats de ce projet convaincront la SAAQ.

Lettre au ministre

Mais pour survivre, l’industrie ne peut pas se permettre de ne miser que sur les jeunes. Vendredi dernier, l’ACQ a fait parvenir une lettre au ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion du Québec, David Heurtel. L’ACQ demande au ministre de facilité l’immigration temporaire et permanente ainsi que la reconnaissance des compétences auprès de la SAAQ. L’industrie cible les pays où la langue française est d’usage afin de faciliter l’intégration et le fonctionnement en entreprise.

« On voit les politiciens qui se serrent la main à l’étranger quand ils parlent de mobilité de la main-d’œuvre entre nos pays, souligne Marc Cadieux, mais quand tu arrives sur le terrain, chez toi, c’est autre chose. C’est un capharnaüm en ce moment. C’est un mécanisme qui a des délais déraisonnables. Ça prend plus de six mois et on ne parle pas, ici, de quelqu’un qui ne passe pas à la sécurité. »

Avantager les retraités

L’industrie songe aussi à une autre solution : convaincre les retraités de reprendre le volant. Mais pour sortir d’une retraite, il faut des avantages fiscaux. Sinon, à quoi bon ? Ce type de crédit d’impôt ou de déduction pourrait servir à d’autres secteurs, plaide l’ACQ.

« Si les gens ont contribué à leur fonds de pension et qu’ils ont atteint le maximum en pourcentage, ça ne changera rien pour eux de continuer à travailler deux ou trois années de plus. Ils n’ont aucun incitatif. Il est grand temps que le gouvernement y pense. »

En attendant, l’industrie a besoin de 5200 camionneurs par année.

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