Résultats financiers

La Laurentienne rate encore la cible, et alimente l’inquiétude

Avec la menace d’un conflit de travail dans l’air, la performance financière de fin d’exercice présentée hier par la Banque Laurentienne a loupé l’objectif fixé par les analystes, bouclant une année difficile pour les actionnaires en alimentant un peu plus les inquiétudes.

« Le bénéfice par action de la Laurentienne vient de rater la cible de façon significative pour le deuxième trimestre de suite », commente Scott Chan, chez Canaccord, en recommandant dorénavant de vendre l’action de la banque.

« Le portefeuille de prêts continue de se contracter plus rapidement que je l’anticipais », fait de son côté valoir Mario Mendoca, de la Banque TD.

L’action de la Laurentienne a perdu 1 $ hier pour passer sous la barre des 40 $ et ainsi reculer à son plus bas niveau depuis sept ans à la Bourse de Toronto.

Le PDG de la banque, François Desjardins, affirme que l’exécution de son ambitieux plan de transformation continuera de demander de la discipline en 2019.

« Pas pour permettre de réformer l’organisation pour le prochain trimestre, mais pour la prochaine décennie », a-t-il dit au cours d’une téléconférence organisée en marge de la publication des résultats du quatrième trimestre de la banque.

Il tient à rappeler que la Laurentienne est « beaucoup plus » qu’un réseau de succursales et que si l’incertitude associée au renouvellement de la convention collective risque d’avoir une incidence sur le rythme des changements à apporter en succursale, son plan chemine dans les autres sphères de l’organisation.

Relations de travail

Le dossier des relations de travail inquiète l’analyste Scott Chan. Son impact potentiel sur la rentabilité est significatif. Il appréhende une révision des objectifs financiers et une hausse des coûts. 

La Laurentienne est la seule banque canadienne syndiquée au pays. Le tiers de ses quelque 3600 employés sont regroupés dans un syndicat affilié à la FTQ dont la convention est maintenant échue depuis près d’un an.

Des rencontres en présence d’un médiateur ont débuté en mars dernier, et cette démarche de conciliation a pour effet d’avoir mis en place un compte à rebours qui, à défaut d’une entente, permet techniquement le déclenchement d’un conflit de travail au début du mois de février.

La semaine dernière, le Conseil canadien des relations industrielles a écarté la requête en désyndicalisation d’un groupe d’employés en soulignant avoir découvert des signatures falsifiées dans les déclarations soumises pour appuyer la demande. C’était la troisième tentative récente de désaffiliation, la deuxième en moins d’un an.

Métamorphose

La Laurentienne a entamé depuis trois ans une métamorphose sur sept ans qui vise à augmenter substantiellement l’actif de la banque et mettre l’accent sur le conseil financier et la bonification de l’offre numérique. Après avoir fusionné plus d’une cinquantaine de succursales, notamment huit durant la dernière année, elle en compte maintenant 97, dont 25 offrent uniquement des conseils financiers.

La conversion des succursales se poursuit et l’abandon complet des services au comptoir est prévu d’ici un an. François Desjardins a souligné hier qu’il n’y aurait plus un seul caissier dans le réseau de succursales à la fin de la prochaine année. Il y a encore 87 représentants au guichet personnalisé au sein de la banque.

« On ne coupe aucun service. Ils s’offrent de façon différente. »

— Stéphane Therrien, vice-président exécutif des services aux entreprises et aux particuliers

Ceux qui se déplacent en succursale pour effectuer les opérations de base traditionnellement réalisées au comptoir (retraits, dépôts, interrogations de solde, paiement de comptes, etc.) sont invités à se servir du guichet automatique.

Pour 2019, les priorités de la banque sont notamment de générer une croissance supérieure à 10 % dans le secteur des services aux entreprises – un des principaux moteurs de croissance de la banque –, de poursuivre l’intégration du nouveau système bancaire central et de lancer des services numériques.

Si les résultats trimestriels ont pu décevoir les investisseurs hier, la banque a néanmoins bonifié modestement, et tel qu’attendu, son dividende. Même si les revenus du trimestre ont reculé sur un an et par rapport au trimestre précédent, la banque a tout de même pu franchir le palier du milliard de dollars en revenu total pour l’ensemble de l’exercice.

« La banque a par ailleurs fait un bon travail au niveau du contrôle de ses dépenses durant le trimestre », signale l’analyste Scott Chan, chez Canaccord. La banque a notamment terminé le trimestre avec une centaine d’employés en équivalent temps plein en moins.

Le trimestre en bref

T4 2018 T4 2017

Bénéfice par action ajusté 1,22 $ 1,63 $

Bénéfice net ajusté 54,3 millions 66,5 millions

Résultats financiers

Le Québec prospère, la Banque Nationale s’enrichit

La bonne santé de l’économie et des finances publiques du Québec s’est encore avérée payante pour la Banque Nationale dans ses résultats de fin d’exercice 2018, divulgués hier.

Bénéfice annuel record de 2,2 milliards de dollars, autre hausse du dividende, taux de rendement du capital des plus élevés dans le secteur bancaire.

Les hauts dirigeants de la plus grosse banque québécoise ne manquaient pas de motifs de satisfaction lors de leur présentation des résultats trimestriels hier.

« Les solides résultats atteints au quatrième trimestre ont clôturé une année très réussie », a résumé Louis Vachon, président et chef de la direction.

« Nous avons réalisé une croissance solide et une bonne productivité de nos coûts d’exploitation, tout en maintenant une qualité de crédit élevée. Au Canada, la toile de fond était favorable et nous continuons de bénéficier d’un vent favorable sur notre marché principal, le Québec. »

Pour son quatrième trimestre terminé le 31 octobre, la Banque Nationale a déclaré un bénéfice net en hausse annualisée de 8 %, à 566 millions de dollars. Et pour tout son exercice 2018, le bénéfice net record de 2,2 milliards s’avère en hausse de 10 % par rapport à l’an dernier.

Sur cette lancée, le conseil d’administration de la Banque Nationale a consenti à ses actionnaires une deuxième hausse de dividende trimestriel depuis un an, le portant à 65 cents par action d’ici à la fin du trimestre courant.

« Je considère favorablement les résultats de la Banque Nationale, qui étaient assez solides. La banque continue de générer une forte croissance de ses prêts, bénéficiant aussi de sa présence importante dans l’économie du Québec », a commenté l’analyste John Aiken, chez Barclays Capital.

Quant aux perspectives d’affaires à moyen terme, les hauts dirigeants de la Nationale ont réitéré leurs objectifs des prochains trimestres.

« Tous nos secteurs d’activité sont bien positionnés pour la croissance », a indiqué Louis Vachon.

« En tant que banque superrégionale détenant des parts de marché dominantes au Québec, nous sommes particulièrement bien positionnés pour tirer parti de la vigueur de l’économie québécoise. »

— Louis Vachon, président et chef de la direction de la Banque Nationale

« Le chômage est à son plus bas historique depuis plusieurs années, la confiance des entreprises est élevée et le gouvernement provincial a enregistré trois excédents budgétaires consécutifs. »

Aussi, a souligné M. Vachon, « les investissements dans les grandes infrastructures devraient alimenter la croissance du PIB pendant au moins les deux prochaines années. Les investissements étrangers et l’immigration devraient apporter des stimulants supplémentaires à l’économie. »

La Banque Nationale en fin d’année

Trimestre terminé le 31 octobre

Revenu total : 1,81 milliard (+ 6 % sur un an)

Bénéfice net : 566 millions (+ 8 % sur un an)

Bénéfice net par action (non dilué) : 1,53 $ (+ 9 % sur un an)

Actif : 262,47 milliards (+ 6,7 % sur un an)

Pour l’exercice 2018

Revenu total : 7,16 milliards (+ 8 % sur un an)

Bénéfice net : 2,23 milliards (+ 10 % sur un an)

Bénéfice net par action (non dilué) : 6,01 $ (+ 10 % sur un an)

Sources : Banque Nationale, Bourse de Toronto, Thomson Reuters

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