Dispomed

Tant qu’il y aura des chiens, des chats… et des tigres !

Seul fabricant d’équipements vétérinaires au Canada, l’entreprise Dispomed vient de doubler la superficie de son usine de Joliette pour soutenir sa croissance, tant au pays qu’à l’étranger.

« Nous prévoyons augmenter nos ventes de 20 % par année, au cours des cinq prochaines années », souligne Mélissa Lachapelle, vice-présidente de l’entreprise.

Elle ajoute : « Nous avons plusieurs projets en développement, et il nous fallait plus d’espace de fabrication pour répondre à la demande.

« Les travaux d’agrandissement et de modernisation ont été réalisés au coût de 2 millions, avec l’aide [en partie] du gouvernement et du privé », précise-t-elle.

« Ça nous permet de produire davantage en usine et de moins recourir à la sous-traitance », précise la dirigeante de Dispomed.

Une présence dans 30 pays

Il faut comprendre que le marché de la PME de la région de Lanaudière dépasse très largement les frontières du Canada, des États-Unis et de l’Europe.

« Au Québec, plus de 90 % des quelque 600 cliniques vétérinaires utilisent nos équipements (appareils d’anesthésie et de dentisterie, tables de chirurgie), soulève-t-elle. Nous sommes également présents dans plus de 30 pays, sur presque tous les continents. »

« Notre clientèle, ce sont les cliniques vétérinaires, les universités et même les zoos. On fabrique principalement des appareils pour les chiens et les chats, mais aussi pour des gros tigres, des singes, des ânes et des tortues ! » 

— Mélissa Lachapelle, vice-présidente de Dispomed

Une relève naturelle

La vice-présidente ne cache pas que les défis sont de taille dans ce marché très spécialisé, où les fabricants, dans le monde, sont de très importants acteurs qui produisent à la fois des équipements vétérinaires et pour les humains.

« Nous nous concentrons sur les produits vétérinaires et on réussit à s’imposer en innovant, avec du sur-mesure, souligne-t-elle. On développe de nouveaux produits, on met l’accent sur la recherche et le développement. »

« On fabrique des équipements qui ont de la couleur et du relief, pour satisfaire la clientèle très féminine  [85 % des vétérinaires sont des femmes, a-t-elle noté] et on distribue des produits utilisés dans les salles de chirurgie. »

Une relève réussie

Mélissa Lachapelle, 29 ans, dirige l’entreprise avec son frère Sébastien, 33 ans. Ils sont tous deux propriétaires de la PME qu’a fondée leur père Serge Lachapelle en 1982. La transition s’est faite sans heurts, il y a cinq ans. « Ça s’est fait tout naturellement et les choses se déroulent très bien », résume-t-elle.

De son propre aveu, rien ne la prédestinait à une carrière de dirigeante d’entreprise. « Ce n’était pas dans mes plans », dit-elle, en prenant du recul. Elle a toutefois vu le potentiel de l’entreprise après avoir fait ses études universitaires en gestion internationale.

« À ce moment-là, l’entreprise vendait uniquement au Québec, se souvient-elle. J’ai alors proposé de créer mon propre emploi pour voir au développement des ventes sur les marchés internationaux ! »

« Mon père était super heureux que j’accepte ce défi et que je m’implique plus activement dans son entreprise », ajoute-t-elle.

Recruter de la main-d’œuvre

À court et moyen terme, la PME continuera de miser sur ses trois marchés cibles : le Canada, les États-Unis et l’Europe. « Un ménage sur deux possède un animal de compagnie, un chien ou un chat, mesure-t-elle. Les besoins sont grandissants pour des traitements chez les vétérinaires pour les soigner. »

Comme bien d’autres entreprises qui prennent une rapide expansion, la PME familiale se doit de recruter de la main-d’œuvre compétente et bilingue pour « bien communiquer » avec ses clients anglophones.

« Ce n’est pas si simple, concède Mélissa Lachapelle. Nous nous trouvons dans une région [majoritairement] francophone [Lanaudière] et nous avons besoin d’employés bilingues pour négocier avec nos clients, anglophones à plus de 60 %. »

« Nous faisons des efforts pour embaucher des employés de la région, ajoute-t-elle, mais nous devons parfois recruter dans d’autres régions. »

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