Célébrités

Laeticia Hallyday renoue avec l’amour

Après deux ans de deuil, la femme de Johnny Hallyday a retrouvé la légèreté et le goût d’aimer avec un restaurateur parisien du nom de Pascal.

Deux ans de veuvage, c’est long. Gardienne du temple Johnny, Laeticia s’était repliée sur l’héroïque mission de cultiver le souvenir de son homme. Son rockeur. Notre légende à tous.

Un peu « propriétaire » du chanteur, on s’habituait presque à la voir aligner les rituels symboliques en amazone solitaire. Tombeau, anniversaires… Mère sans reproche dévouée à ses filles, elle s’acharnait à les préserver du malheur. Leur garantir un futur radieux. Au risque de se fâcher avec l’autre moitié de la descendance et d’assombrir son image. Les Français n’acceptent pas l’idée de déshériter ses enfants. Veuve stoïque, elle devenait, pour certains, pie voleuse. Drapée dans sa solitude et sa mélancolie, Laeticia affichait son inoxydable sourire aux côtés d’autres mères en solo, Hélène Darroze… Étrange statue figée, comme interdite de revenir à elle-même. À ses sensations.

Eh bien, c’est fini. Laeticia a retrouvé le feu. Avec un Français qui ne ressemble pas du tout – mais alors pas du tout – à Johnny. Tant mieux, d’ailleurs. Rien de pire que la comparaison.

Pascal Balland a 47 ans, trois ans de plus qu’elle. Il est galant, attentif, bien élevé. Propriétaire de trois restaurants, c’est un gestionnaire sérieux. Pas milliardaire, mais les affaires marchent bien. Il n’a pas de délires de luxe. Quand il se déplace dans Paris, ce n’est pas en Harley mais à scooter. Et quand il aime, il épouse. Et fait un enfant. Il en a trois. Un fils de 19 ans, Max, dont la mère est la scénariste Lili Gion, une fille, Mathilde, 15 ans, qui vit à Los Angeles avec sa mère Marine, remariée et maman d’un petit garçon, Arpad. Mathilde fréquente le même lycée français que Joy et Jade, sa copine du même âge. Ainsi, Marine, l’ex de Pascal, est amie avec Laeticia. Vous suivez ? Pascal a enfin une autre petite fille, Madeleine, 6 ans, avec Anne-Charlotte, sa deuxième épouse, dont il est en train de divorcer (depuis un an) après quatre années de vie commune. Oui, c’est un garçon qui plaît. Et qui assume.

Aussi bourgeois et policé que Johnny était sauvage et indomptable, il est le fils d’un éditeur brillant et plein d’humour  : André Balland, décédé en 2001 à 76 ans, dénichait des auteurs et publiait de grandes signatures, François Weyergans, William Boyd, Jean-Claude Carrière, Patrick Rambaud, Topor, Arrabal… Lui-même écrivait des romans et des essais, dont le délicieux L’amateur qui dépeint un irrésistible séducteur. C’est donc dans un milieu plutôt lettré et sensible à Marivaux qu’a grandi Pascal. Érudition et cœur d’artichaut.

Pascal n’est pas un don Juan, il cherche une relation qui dure. Son père, grand romantique, s’est un peu dispersé  : Pascal a trois demi-frères, nés de trois mères différentes. Celui dont il est proche s’appelle Philippe, un homme de l’audiovisuel, conseiller des programmes très apprécié à TF1. Un monsieur en cravate, au discours marketing rodé.

Pascal est plus bohème, mais c’est un patron restaurateur qui maîtrise toutes les spécialités : fin gourmet, il cuisine avec plaisir ; il sait donc choisir ses chefs, ses serveurs, ses gérants, élaborer une déco chic mais décontractée et construire un menu stylé. Pizzeria de luxe dans ses deux Marzo, rive gauche et rive droite, qui drainent les jeunes gens bien nés ; esprit bistrot canaille au Cinq-Mars, dans le VIIe arrondissement, pour leurs parents. Certains clients du Marzo, rue Paul-Louis-Courier, ont vécu en direct le scoop de son histoire d’amour il y a trois semaines, puisque Laeticia, sa mamie rock et ses amis y sont venus dîner autour de la grande table en bois,  au fond. « Il était aux petits soins pour elle. C’est sa princesse !  » note un observateur. Une soirée teintée de spleen : le lendemain, Laeticia repartait à Los Angeles.

Déjà trois mois que la romance fleurit. Une passion transatlantique, ce pourrait être une chanson pour faire rêver les fleurs du pavé. La rencontre s’est produite grâce à un savant jeu de connexions vacancières, sur l’île de Saint-Barth, dans la nuit du 12 au 13 août, à la soirée de Yannick Noah. Oui, car il faut expliquer que, dans cet archipel chéri de Johnny, « qui se ressemble s’assemble ». Comme la communauté française de Los Angeles se retrouve dans les mêmes restos de Beverly Hills, eh bien aux petites Antilles, entre Français, on s’invite les uns chez les autres. Et ce soir-là, Laeticia débarque avec son amie Marine, ex de Pascal. Le producteur Clément Miserez, ex d’Alessandra Sublet et parrain de Mathilde (la fille de Marine, pour rappel), lui présente un beau brun, son ami d’enfance Pascal Balland. Et là, entre champagne et jus d’ananas, c’est le coup de foudre réciproque. La soirée de toutes les promesses. Ils ont le choix de la résidence : Clément a loué une vaste maison avec tous ses copains, Laeticia a deux maisons sur place. Il y a le ciel, le soleil et la mer… Quelques jours lumineux.

Laeticia rentre à Los Angeles avec les filles et Pascal retrouve ses trois restaurants à Paris. Heureusement, autour du 15 août, il y a l’anniversaire de sa fille Mathilde, célébré dignement avec Jade, Joy et leur maman. Quelle bonne surprise de débarquer en Californie pour fêter ses 15 ans  ! On imagine l’impatience.

Les amoureux décident de s’octroyer trois jours dans la Napa Valley. Au retour, cette fois, Pascal ne dormira pas chez sa fille, Mathilde, et son ex, Marine, mais chez Laeticia, Jade et Joy. Pas de soucis, tout le monde se connaît, tout le monde se comprend. C’est quasiment, déjà, une famille recomposée.

Mais les obligations rappellent monsieur à ses devoirs d’homme d’affaires parisien. Alors, dix jours plus tard, c’est Laeticia qui vient en France. En matière d’amours, on a fait plus reposant. Et moins onéreux. Mais le cœur a ses raisons. Laeticia sait bien qu’il n’est pas question pour elle d’envisager un retour. Elle est sur le point d’obtenir la nationalité américaine, et les filles adorent leur lycée. Alors il va falloir négocier des tarifs avec Air France. Et espérer que les feux californiens n’empêchent pas les vols, comme c’est arrivé la dernière fois à Pascal qui a dû changer de compagnie et se taper deux escales. Épuisant. Peu importe.

Vues des hauteurs de Cupidon, les priorités changent. Fin septembre, Laeticia avait d’obscures questions d’héritage et de copyrights à régler avec la comptable d’un des trois trusts qui abritent la fortune des Hallyday. Comme tout cela semble trivial !

Elle a balayé ses soucis en week-end à Bazoches, où Pascal lui a fait découvrir les meilleurs bourgognes, à elle qui ne boit (presque) pas. L’amour vous transfigure. Saura-t-elle renoncer à son opulent train de vie ? La question doit sans doute, par moments, tarauder Pascal. En avion, Laeticia aurait déjà renoncé à voyager en première, se contentant de la classe business. Elle a aussi renoué avec son père, André, avec lequel elle était fâchée depuis qu’il avait poussé Johnny à rompre avec Universal et réclamer quelques millions de royalties. Lourde erreur. Cinq ans sans se parler. Là, ils s’écoutent. Papa Boudou, terre à terre, lui conseille de trouver un arrangement à l’amiable avec David et Laura. Pourquoi pas ? Après tout, il y a d’autres choses plus importantes dans la vie. Le soir de sa rencontre avec son père et sa comptable, elle est allée réfléchir dans l’appartement de son amoureux aux Batignolles. La nuit porte conseil.

Ce 5 novembre, ses nouveaux avocats discuteront frais et conciliation avec les avocats de David et Laura. Pour résumer : si un accord est trouvé, Johnny redevient américain, et le tribunal de Nanterre n’est plus compétent pour juger l’affaire. En vue : le désistement de David et Laura, qui renonceraient à réclamer leur part légale d’héritage. Ce qui ne signifie pas « aucun héritage » ; comptables et avocats d’affaires prendraient le relais et opéreraient une répartition juste. Une conclusion qui, dit-on, pourrait convenir à Laura, mais pas à David qui réclame, lui, un droit moral. Ce que Laeticia refuse catégoriquement. Même occupée par une passion torride, la belle garde son instinct de survie. Son droit moral sur l’œuvre de son ex-mari est pour elle une légitimité professionnelle. Néanmoins, rien ne l’empêche d’informer David et de le consulter pour toute décision artistique, comédie musicale, film sur Johnny, réorchestration d’albums, etc. Pour l’instant, on sent David pas très disposé. Malgré les ventes phénoménales du deuxième album posthume, Johnny, réenregistré avec le London Symphony Orchestra. Il a commenté, mi-figue, mi-raisin : «  On a ôté les basses, la rythmique, remixé… Mais j’aurais aimé que ça aille plus loin. » Mouais.

On le sent, avec un peu de bonne volonté, le conflit pourrait se résoudre. Et, à l’aube d’une nouvelle vie, Laeticia en a assez des vibrations négatives. Prochaine étape : la soirée « Johnny Hallyday, un soir à l’Olympia », le 1er décembre. Un film de Michel Jankielewicz projeté sur grand écran racontera le rockeur, de ses premiers à ses derniers concerts dans cette salle légendaire. Mais aussi les coulisses, les témoignages, des morceaux de vie privée, bref, une super soirée « Thema » pour les fans qui, à l’Olympia, choisiront entre trois séances, à 12 heures, 16 heures ou 20 heures. Ils pourront acheter deux coffrets collectors. Avec sa méticulosité habituelle, Laeticia va tout contrôler. Elle compte bien inviter son beau-fils et sa belle-fille, histoire de montrer son ouverture. Mais pourquoi ne pas les associer carrément à la célébration, afin d’éviter les frustrations ?

Le soir, au lieu d’un triste retour à Marnes-la-Coquette, où elle avalerait un modeste potage de légumes, on devrait voir Laeticia s’enticher subitement de pot-au-feu – au Cinq-Mars – ou de pizza – au Marzo – avant de se téléporter du côté des Batignolles. Elle devrait désormais y laisser plus qu’une brosse à dents, puisque Pascal a officiellement présenté sa belle à son grand fils.

Des clients mal intentionnés auraient reproché au restaurateur de sortir avec cette dame « qui veut priver les enfants de Johnny ». Quand ils verront les tourtereaux en live, ils changeront d’avis. Rien de plus réconfortant que des amoureux heureux.

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