Un honneur bien mérité 

Comme le veut l'expression, la persévérance et le travail finissent toujours par payer.

Et bien, c'est le cas pour l'attaquante des Canadiennes Ann-Sophie Bettez.

Bettez a rejoint l'équipe canadienne pour affronter les Américaines lors d'une série de trois rencontres. Les Canadiennes l’ont finalement emporté, en gagnant deux des trois rencontres. Bettez a également très bien fait lors des trois parties. 

Il s'agissait d'une première apparition au sein du programme d'Hockey Canada pour la joueuse originaire de Sept-Îles depuis l'année 2010. La Québécoise avait à ce moment disputé cinq matchs avec la formation canadienne des moins de 22 ans lors de la Coupe MLP. L'attaquante avait terminé le tournoi avec une récolte de quatre points, dont un but. 

À la suite de l'annonce d'Équipe Canada, Bettez a eu de la difficulté à réaliser s'il s'agissait de la réalité ou de la fiction. 

« Je me demandais au début si j'étais en train de rêver à ça ou si c'était vraiment vrai », a expliqué la numéro 24 des Canadiennes. « Je ne m'attendais tellement pas à ça. J'étais vraiment surprise et contente. » .

Après avoir réalisé l'ampleur de la nouvelle, Bettez n'a pas tardé à faire  

part de l'annonce à ses partisans numéro un depuis son tout jeune âge. 

« J'ai d'abord annoncé la nouvelle à mes parents et ma famille. Ils ont été là pour m'accompagner tout au long de mon cheminement, que ce soit pour l'argent qu'ils ont déboursé ou le temps qu'ils ont consacré pour moi » a-t-elle mentionné. « En leur annonçant la nouvelle, c'était en quelque sorte un remerciement pour leur montrer que leurs efforts ont porté fruit. » 

Âgée de 31 ans, Bettez était la deuxième plus vieille joueuse de l'équipe après la gardienne de but Shannon Szabados. 

 Se concentrer davantage 

Se concentrer davantage

Contrairement à plusieurs joueuses d'Équipe Canada, Bettez a également un emploi du temps. Elle travaille comme conseillère financière à Montréal. 

L'attaquante sait qu'elle devra se concentrer davantage sur le hockey durant les prochaines semaines et les prochains mois à venir. 

« Ça l'implique des changements aussi, car quand tu fais partie de l'équipe nationale, tu dois t'entraîner autant sur la glace que hors glace. Mes 24 heures que j'ai par jour ne s'allongeront pas », a-t-elle dit. « C'est de changer un peu les priorités. J'ai discuté avec les gens de mon bureau et ils sont à l'aise avec la nouvelle structure que je leur apporte et ils sont là pour m'épauler en vue des prochaines années. » 

Parlant de ses collègues de travail, ils sont derrière elles depuis le tout début et l'aident à atteindre ses objectifs. 

« J'ai expliqué la situation et ils m'ont dit : « C'est ton rêve et nous sommes là pour toi ». C'est certain que quand tu fais partie d'une équipe, ça change le cheminement de ma vie, mais également celui de l'équipe au travail », a-t-elle exprimé. « Je suis contente qu'ils soient tous là pour me soutenir. C'est comme une deuxième famille pour moi. » 

En terrain connu

Bettez n’était pas trop désorientée lorsqu'elle s’est rapportée à Équipe Canada. Pas moins de cinq autres joueuses de l'équipe des Canadiennes de Montréal faisaient également partie du programme d'Hockey Canada, soit Marie-Philip Poulin, Erin Ambrose, Jillian Saulnier, Geneviève Lacasse et Emerance Maschmeyer. 

L'ancienne joueuse de l'Université McGill est toujours ouverte à écouter leurs conseils. 

« Elles ont déjà de l'expérience sur la scène internationale et le fait qu'elles apportent des commentaires qui sont constructifs, c'est certain que ça m'aide moi et toute l'équipe », a expliqué Bettez. « Quand tu regardes la détermination et la motivation que ces filles amènent à chaque entraînement, autant sur la glace qu'à l'extérieur. C'est de les voir travailler pour constamment se dépasser. C'est ce qui nous motive le plus les Canadiennes à se dire : « Ces filles ont été capables de se rendre là parce qu'elles travaillent fort et le méritent. Je dirais que c'est l'éthique de travail à travers tout ça aussi. » Bettez fait également très bien dans la Ligue canadienne de hockey féminin. L'attaquante des Canadiennes pourrait terminer dans le top 5 des meilleures pointeuses de la LCHF pour une septième année consécutive. 

La rapide attaquante souhaitait tout simplement poursuivre à s'amuser, même lorsqu'elle évoluait avec l'équipe canadienne. 

« Au départ, c’est d’avoir du plaisir. Ça reste que le jeu est élevé d'un cran et que tout est beaucoup plus rapide et physique, mais reste que c'est tout de même du hockey. Si je me suis rendue là, c'est parce que je suis passionnée par le sport et que j'ai du plaisir à le faire » a-t-elle souligné. « C'est de garder cette mentalité. Je ne veux pas nécessairement regarder trop loin. J'y vais vraiment étape par étape et match par match. »

Un texte de Pierre-Antoine Mercier 

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