Gourmand

À emporter

Avec la pandémie, les scènes gastronomiques montréalaise et québécoise doivent se réinventer. Plutôt que de rester les bras croisés, de nombreux restaurateurs proposent de nouveaux menus, des projets inspirés et des collaborations solidaires. Nous vous en présentons chaque semaine, afin que vous puissiez continuer de très bien boire et manger… à la maison !

En vedette

Le Marconi simplifié

Plus le confinement dure, plus on s’ennuie des visages familiers de nos restaurateurs préférés. Par chance, ils sont tous en train de rouvrir les uns après les autres. Pour survivre, mais aussi pour continuer de servir leurs habitués en manque de contact humain… et de bons petits plats. Un des derniers en liste : le Marconi.

La chaleureuse table de Mehdi Brunet-Benkritli et de Molly Superfine-Rivera dans la Petite Italie a lancé son service de délices pour emporter le week-end dernier. On y propose une version simplifiée de la cuisine délicate et texturée du chef, par exemple une assiette de saumon bio mariné, avec topinambours, riz soufflé et radis noirs, une nourrissante salade de pois chiches, céréales, sumac, feta et menthe, de réconfortants gnocchis à la ricotta avec sauce aux champignons et une tarte au citron avec crème verveine et citronnelle.

Tous les plats sont pensés pour deux personnes et s’affichent à prix très raisonnable (de 10 $ à 18 $ pour deux portions d’entrées et environ 22 $-24 $ pour un plat principal à partager). Le menu changera très régulièrement, avec les fraîcheurs locales qui commencent à sortir de terre (et de mer). La nouvelle « section » épicerie du Marconi, qui comprend notamment des biscuits, des soupes et le granola aux noix et à l’érable de Molly, s’agrandira au fil des semaines, avec des marinades, des rillettes et autres extras pour garnir votre réfrigérateur et votre garde-manger. Les samedi et dimanche, le jour, ce sera également possible de se prendre un sandwich à déguster dans le parc.

Côté cellier, ce n’est pas triste non plus, avec des bulles, des blancs, des rosés et des rouges d’artisans que vous ne pourriez autrement vous procurer qu’à la caisse, et encore, certaines cuvées étant très confidentielles. On en profite ! Pour aider la cuisine à s’organiser et pour éviter l’attente, il vaut peut-être mieux commander un peu à l’avance, mais on accommodera aussi les passants. L’offre complète est en ligne. Pour l’instant, le Marconi ouvre du jeudi au samedi. Les dimanches s’ajouteront sous peu.

– Ève Dumas, La Presse

Nouveauté

Le lapin et le poulet

Considérant que sa cuisine et son âme s’adaptaient plutôt mal à la formule « pour emporter », le restaurant Mon lapin s’est transformé en Casgrain BBQ, jusqu’à ce que les choses reviennent « à la normale ». Ouvert du mardi au samedi, le terrier éphémère de Marc-Olivier Frappier et Vanya Filipovic propose un demi-poulet frit au levain pour deux, servi avec salade de chou, sauce brune et petit pain de la boulangerie Automne, des ailes de poulet farcies aux croquettes de poulet (!), des salades et de décadents desserts. À boire, de très belles bouteilles comme Vanya, ancienne sommelière du groupe Joe Beef, nous en a donné l’habitude, dont plusieurs provenant de l’enviable portfolio de son agence, Vin Dame-Jeanne. Les commandes sont prises en ligne jusqu’à 24 heures à l’avance. Pour la journée même, on a jusqu’à midi. La cueillette se fait au restaurant de 17 h 30 à 21 h 30.

— Ève Dumas, La Presse

Actualités

Majestique et Darling s’unissent

Ces deux adresses chouchoutes et très populaires du Plateau, qui appartiennent aux mêmes propriétaires, s’unissent afin de proposer un menu commun qui ravira les habitués en manque de leurs classiques que sont le Hot-Dog 12 po du Majestique et ses délicieuses frites (ou encore la nouvelle poutine, composée avec les ingrédients du hot-dog !) ou la douzaine d’huîtres à ouvrir avec citron et mignonette. D’appétissants plats de saison comme des salades gourmandes et vitaminées, du tartare de saumon ou une guédille au homard s’inscrivent également au menu, créé conjointement par les chefs des deux endroits, soit Dominique Lalonde, du Majestique, et Alejandro Vega (Jun I, Bouillon Bilk, Cadet), nouvellement arrivé au Darling. Avec leur permis de bar, les endroits ne peuvent pas nous faire profiter de leurs excellentes cartes à boire, mais proposent quelques rafraîchissements et bières sans alcool. Commandes en ligne ou par téléphone, cueillette au Darling, du jeudi au dimanche.

— Iris Gagnon-Paradis, La Presse

De retour

Oregon s’adapte et fonce !

Dès que la crise a débuté, le chouette restaurant et bar à vin Oregon, à Laval, s’est lancé dans les commandes à emporter. « Comme bien des restos, on était en mode panique, et le but était de payer nos frais fixes et… essayer de survivre ! », raconte Étienne Gratton, un des quatre partenaires derrière l’établissement fondé en 2016. Mais bien vite, la nécessité de prendre une pause afin de véritablement penser un menu pour emporter qui « fait du sens » s’est imposée. Après un hiatus de quatre semaines, l’équipe réduite du Oregon est de retour depuis cette semaine et propose une carte qui fait saliver, conçue en collaboration avec le chef Paul Couture (ex-Oregon, aujourd’hui à la Cabane du Pied de Cochon). En vedette : les fameux dumplings du chef, qui avaient tant régalé la clientèle du bar à vin du quartier Sainte-Rose, sont de retour. Le menu, qui évoluera avec l’arrivée de la belle saison, propose des plats qui se transportent bien, comme une guédille de homard, un ceviche de saumon, une salade de maquereau fumé, etc. Des articles d’épicerie, comme un poulet cuit sous vide à griller, et divers condiments sont au rendez-vous, une liste qui devrait s’allonger dans les semaines à venir. Et, évidemment, la jolie carte de vins d’importation privée, issus d’agences sympathiques comme Le Vin dans les voiles, Ward & associés ou Plan Vin, est aussi mise de l’avant, avec des bouteilles qu’on promet à prix d’ami. Une très bonne adresse à connaître à Laval, en action du jeudi au samedi. Commandes en ligne, cueillette sans contact dans le stationnement à l’arrière du resto.

— Iris Gagnon-Paradis, La Presse

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