Défi de famille

Une question d’équilibre

Martin Forcier, 40 ans 
Marjolaine Roy-Beaudry, 38 ans 
Béatrice Forcier, 7 ans 

William Forcier, 7 ans 
Élizabeth Forcier, 5 ans
Le défi : L’équité de temps entre les enfants

Au fil des ans, une famille connaît son lot de défis. Chaque semaine, des parents racontent comment ils ont su relever un défi qui s’est présenté.

Réussir à partager son attention entre ses enfants est un défi de tous les jours pour certains parents. Spécialement pour ceux qui ont des jumeaux et un troisième enfant très proche en âge, comme Martin Forcier et Marjolaine Roy-Beaudry.

Dès la naissance des jumeaux William et Béatrice, les parents ont pris soin de répartir le temps alloué à chacun. « Même si, des fois, c’était plus facile pour moi de m’occuper de William parce qu’il était plus lourd, on trouvait ça important de faire des rotations pour que chacun s’occupe des deux jumeaux », se souvient Martin Forcier.

Deux ans plus tard, le papa a senti un certain déséquilibre, lorsque leur troisième enfant est venu au monde. « Avec les jumeaux, on mélangeait l’allaitement au sein et au biberon, ce qui nous permettait de partager les responsabilités. Je pouvais donc donner les boires et m’impliquer. Mais puisque la plus jeune a été presque exclusivement allaitée, il y a une période où ma conjointe s’en occupait davantage, pendant que je couchais les plus grands. J’ai vu la différence. » Depuis, ils ont tenté de rééquilibrer les routines. « On s’assure que ce ne soit pas toujours le même parent qui lise l’histoire ou qui vient faire une chanson pour les dodos. »

Plus les enfants vieillissent, plus leurs identités et leurs besoins se définissent, ce qui amène au passage quelques ajustements. « L’an dernier, durant les devoirs, Béatrice en voulait toujours plus, alors que William trouvait qu’il en avait beaucoup. Rapidement, on a essayé de ne pas comparer leur intérêt, leur facilité et leur vitesse d’exécution. Un enfant peut terminer en cinq minutes, alors que l’autre a à peine commencé. Il faut respecter ça. »

Sans oublier la petite dernière, qui a besoin de leur présence, même si elle n’a pas les mêmes devoirs. « Le défi est de leur consacrer le bon temps à chacun, en fonction du contexte et de leurs besoins, pour assurer leur développement à tous, dit le papa. Il faut que chacun ait son moment avec nous, même si celui-ci peut varier pour ce qui est de la durée et de la profondeur. On vise l’équilibre plus que l’égalité minutée. »

Conscients qu’ils ont eux-mêmes leurs propres forces et leurs méthodes de prédilection, les parents échangent les matières durant les devoirs. Et par-dessus tout, ils tentent d’inculquer l’autonomie à leurs petits. « Au lieu de tout diriger et qu’un parent fasse le devoir en entier avec un seul enfant, on les responsabilise. On s’assure d’être présents au début pour répondre à leurs questions et à la fin pour valider, en plus d’être disponibles au besoin entre les deux, selon le principe du premier arrivé, premier répondu. »

Le concept de rotation est également mis en application dans les activités sportives. « Ce n’est pas toujours moi ou ma conjointe qui participe au cours de natation parent-enfant ou qui va regarder le cours de judo », souligne M. Forcier.

Le résultat

Bref, il n’y a pas d’équation ni de recette à suivre. Seulement une prise de conscience et beaucoup d’instincts. « On y va au feeling. Si un enfant a besoin de plus d’attention ou de soutien, on le lui donne sans oublier les autres. On ne calcule pas, mais on s’assure de ne pas les oublier. » Et ça semble leur réussir. « On a trois enfants bien développés, de belles relations parents-enfants, et en tant que parents, on est une équipe. »

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