Russie

67 %

Proportion des Russes qui croient qu’un « gouvernement » secret dirige le monde, selon un sondage du centre russe d’études de l’opinion (VTsIOM). Les sondés devaient dire s’il existe « une organisation ou un groupe de personnes qui ont une influence sur tous les processus mondiaux et contrôlent les actions des chefs d’État de nombreux pays ».

— Agence France-Presse

Poudre pour bébé liée au cancer

4,7 milliards US

Une vingtaine de femmes et leurs familles qui soutenaient que la présence d’amiante dans la poudre de talc de l’entreprise Johnson & Johnson a été la cause de leur cancer des ovaires ont obtenu 4,7 milliards US en dommages, hier, en vertu d’une décision d’un jury. Les jurés ont accordé 550 millions en dommages compensateurs et plus de 4,1 milliards en dommages punitifs. Il s’agit de la première cause contre l’entreprise ayant comme élément central la présence alléguée d’amiante dans la poudre pour bébé. Selon l’avocat représentant les victimes, Mark Lanier, un jury composé de six hommes et six femmes d’un tribunal de St. Louis a décidé de condamner le groupe pharmaceutique après six semaines de procès et huit heures de délibéré. « Depuis plus de 40 ans, Johnson & Johnson a dissimulé les preuves de la présence d’amiante dans ses produits », a accusé Me Lanier. Dans un communiqué, Johnson & Johnson s’est dite « profondément déçue par le verdict ».

— Associated Press et Agence France-Presse

Allemagne

Les parents d’une ado morte pourront consulter son compte Facebook

La plus haute juridiction allemande a rendu hier un arrêt très attendu sur « l’héritage numérique », en donnant raison à des parents qui exigeaient auprès de Facebook d’accéder au compte de leur fille morte. S’adressant d’abord au réseau social, en vain, la mère avait voulu récupérer les contenus et conversations de leur fille avant qu’elle ne meure écrasée par un métro à Berlin, à 15 ans, en 2012. Les parents espéraient comprendre les circonstances de sa mort brutale – accident ou suicide –, en cherchant par exemple des écrits suggérant son intention de mettre fin à ses jours. Facebook arguait que l’accès aux données de l’adolescente pourrait violer les contenus privés d’autres utilisateurs qui communiquaient avec elle. Les parents invoquaient, eux, le fait que les contenus figurant sur le compte Facebook de leur fille sont juridiquement identiques à des journaux intimes ou des lettres qui peuvent revenir aux proches après une mort, à l’image d’un héritage. — Agence France-Presse

Syrie

Les troupes du régime entrent à Deraa, berceau de la révolte

L’armée syrienne a hissé hier le drapeau national dans le secteur rebelle de la ville de Deraa, berceau de la révolte contre Bachar al-Assad en 2011, un geste symbolique illustrant la nouvelle victoire engrangée par le régime et son allié russe. Un correspondant de l’AFP à Deraa a pu voir un convoi de policiers militaires russes et d’officiers du régime syrien, accompagnés de journalistes, entrer dans le centre de Deraa, chef-lieu de la province du même nom, pour la cérémonie. Une nouvelle fois, le président de Syrie a eu recours à une stratégie alliant bombardements meurtriers et négociations parrainées par Moscou pour faire plier les rebelles dans cette province méridionale. Près de trois semaines après l’offensive lancée par le régime dans cette province, les factions insurgées ont été contraintes d’accepter le 6 juillet un accord dit de « réconciliation » négocié par la Russie, qui s’apparente en fait à une capitulation.

— Agence France-Presse

Catalogne

Puigdemont ne sera pas inculpé pour rébellion

L’indépendantiste catalan Carles Puigdemont, retenu en Allemagne, peut être extradé en Espagne, mais ne pourra y être jugé pour « rébellion » comme le voulait Madrid, a tranché hier la justice allemande.

Cette décision aux allures de jugement de Salomon d’un tribunal du Schleswig-Holstein a en effet jugé « recevable » la seule accusation de détournement de fonds publics. Le parquet allemand a précisé qu’il allait dès lors décider « sous peu » de sa remise aux autorités espagnoles sur la base de ce seul motif.

L’ex-président de la Catalogne destitué par Madrid « reste libre » dans l’intervalle, poursuit la cour. Il se trouve en Allemagne depuis son interpellation en mars dans le Schleswig-Holstein, alors qu’il revenait d’un déplacement en Finlande, en voiture, en route pour la Belgique, où il s’était installé pour échapper à la justice de son pays.

« Nous nous battrons jusqu’au bout et nous gagnerons ! », a réagi l’intéressé sur Twitter peu après que la justice eut ouvert la voie à son retour en Espagne. L’un de ses avocats, Jaume Alonso-Cuevillas, a indiqué qu’un recours devant la Cour constitutionnelle allemande était en préparation.

« Nous ne commentons pas les décisions de justice, nous les respectons », a pour sa part réagi depuis Bruxelles le premier ministre de l’Espagne Pedro Sánchez.

Poursuivi pour rébellion et malversations en raison du référendum d’indépendance catalan organisé à l’automne 2017, M. Puigdemont a été brièvement incarcéré en Allemagne puis libéré dans l’attente d’une décision sur la recevabilité des motifs du mandat d’arrêt européen lancé par Madrid à son encontre.

« Pas le chef spirituel de violences »

La décision du tribunal porte donc un coup aux chefs d’accusation espagnols, car elle empêche un procès pour rébellion, crime passible de 25 ans de prison : « La cour part du principe que le tribunal espagnol respectera [la décision allemande] et qu’il ne poursuivra pas l’accusé Puigdemont pour rébellion en plus de l’accusation de corruption. »

Pour les juges, cette accusation n’est pas recevable en droit allemand, car il « n’était pas le chef spirituel de violences » et lesdites « violences [qui ont eu lieu en Catalogne à l’époque du référendum] n’étaient pas d’une ampleur suffisante » pour justifier de telles poursuites.

Au total, 25 dirigeants séparatistes catalans sont inculpés pour leur rôle dans la tentative de sécession de l’Espagne du 27 octobre, le jour du vote par le Parlement catalan d’une vaine déclaration unilatérale d’indépendance.

— Agence France-Presse

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