Secteur minier

Nemaska Lithium traîne des créances de 161 millions

Il n’y a pas que les actionnaires de Nemaska Lithium, parmi lesquels figure l’État québécois, qui risquent d’essuyer des pertes si l’entreprise actuellement à l’abri de ses créanciers ne parvient pas à relancer ses activités, étant donné qu’elle traîne des créances d’environ 161 millions.

Ces données figurent dans un rapport récemment mis en ligne par PricewaterhouseCoopers (PwC) – le contrôleur au dossier.

De plus, dans le cadre d’une décision rendue mardi par le juge Louis Godin de la Cour supérieure du Québec, Nemaska Lithium a obtenu un délai, jusqu’au 14 février, afin de continuer à peaufiner son plan de restructuration.

La société, dans laquelle Québec a injecté 130 millions, avait décidé de se placer à l’abri de ses créanciers le 23 décembre dernier afin de continuer à se pencher sur le financement de son projet de mine et d’usine de transformation de lithium, au terme de négociations exclusives n’ayant pas abouti avec la firme londonienne Groupe Pallinghurst.

Il n’a pas été possible, jeudi, de parler au président et chef de la direction de l’entreprise, Guy Bourassa. Dans une déclaration transmise par courriel, il a toutefois réitéré vouloir « mener à terme le développement du projet ».

« Puisque nous privilégions un scénario de refinancement de l’entreprise et projet, il n’est pas question de ventes d’actifs à ce moment-ci. »

— Guy Bourassa, président et chef de la direction de Nemaska Lithium

Environ 41,5 millions des créances de Nemaska Lithium, qui concernent quelque 210 fournisseurs, ne sont pas garantis.

Parmi les créanciers garantis, on retrouve Orion Resource Partners, à qui Nemaska Lithium doit environ 98 millions. En cas de liquidation des actifs de la société, le groupe new-yorkais figurerait parmi les premiers à mettre la main sur les sommes obtenues.

« Les obligations de Nemaska à l’endroit d’Orion sont garanties par des hypothèques à l’égard de certains actifs détenus par Nemaska et sur certaines de ses propriétés intellectuelles », peut-on lire dans le rapport de PwC daté du 23 décembre dernier.

Plusieurs problèmes

Nemaska Lithium souhaitait transformer, dans une usine électrochimique à Shawinigan, du minerai de spodumène extrait de la mine Whabouchi – à quelque 300 kilomètres au nord de Chibougamau – en sels de lithium à valeur ajoutée. Ces derniers seraient ensuite vendus à des fabricants de matériaux de cathodes destinés aux batteries rechargeables au lithium-ion.

Estimé à environ 875 millions d’après le rapport, le projet a été marqué par des dépassements de coût de l’ordre de 375 millions, ce qui a forcé la compagnie à trouver plus d’argent, en plus d’interrompre la construction de son usine de Shawinigan.

Québec est le plus important actionnaire Nemaska Lithium avec une participation d’environ 13 % par l’entremise d’Investissement Québec (IQ), son bras financier.

Nemaska Lithium avait négocié avec Pallinghurst à propos d’un investissement potentiel de 600 millions, mais il n’y a pas eu d’entente. La période d’exclusivité prenait fin le 31 décembre dernier et la firme britannique avait indiqué que cette fenêtre ne serait pas prolongée.

Parallèlement, l’entreprise est toujours impliquée dans un litige judiciaire avec des créanciers obligataires qui détiennent des obligations de 350 millions, puisqu’elle souhaite rembourser ces derniers, ce qui mettrait ainsi fin à leur contrat. Selon le fiduciaire, Nemaska Lithium devrait payer une pénalité de 93 millions $US.

Cette cause reviendra devant le tribunal le mois prochain.

À la Bourse de Toronto, les transactions sur le titre de Nemaska Lithium ont été suspendues jusqu’à ce que le TSX procède à un examen de l’admissibilité de la société à une inscription sur le parquet de Bay Street.

Marchés financiers

La Banque du Canada surveille le commerce mondial

La Banque du Canada sera attentive aux signes indiquant que les effets négatifs des différends commerciaux se font sentir en dehors des secteurs d’exportation directement touchés, a affirmé jeudi le gouverneur de la banque centrale. Invité à Vancouver, Stephen Poloz a assuré que la banque chercherait à voir dans quelle mesure la faiblesse du secteur manufacturier pourrait se propager au secteur des services, à l’emploi, aux dépenses de consommation ou au secteur du logement. Le patron de la banque centrale a ajouté qu’il surveillerait également les marchés du travail et du logement. La banque centrale a maintenu son taux d’intérêt directeur inchangé à 1,75 % pendant plus d’un an, alors que d’autres banques centrales du monde entier ont décidé, l’an dernier, d’abaisser leurs taux. — D’après La Presse canadienne

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