Opinion

Une saine rentrée pour enfants et enseignants

Le 16 juin dernier, le ministre de l’Éducation du Québec, Jean-François Roberge, a présenté un plan consistant entre autres à regrouper les élèves en bulles de 5 à 6 personnes à l’école dès la rentrée fin août. Cette lettre, fruit du travail d’un groupe de parents, d’enseignants et de médecins, vise à apporter de façon constructive des éléments de réflexion montrant qu’un tel projet, outre son manque de réalisme, peut se révéler gravement néfaste pour nos enfants.

Il est maintenant connu qu’enfants et adolescents sont nettement moins à risque d’attraper ou de transmettre le coronavirus ; les données provenant des pays où les écoles sont restées ouvertes sont rassurantes. C’est dans ce contexte qu’il nous paraît injuste d’imposer des mesures aussi contraignantes à nos enfants et nos adolescents, qui subissent déjà beaucoup trop les effets adverses de cette pandémie.

Comme parents, nous voulons que nos enfants et nos ados retrouvent une qualité de vie et une enfance normale, autant que faire se peut, et se développent pleinement dans un environnement sain. Comme enseignants, nous savons pertinemment que l’utopie des bulles de 5 à 6 dans les classes sera non applicable dans notre quotidien et portera préjudice à nos élèves. La socialisation est si importante pour nos jeunes ; il semble irréel de leur imposer quatre contacts étroits avec interdiction d’y déroger.

Même en jouant aux policiers, les membres du personnel scolaire ne pourront empêcher les adolescents de s’approcher de leurs amis.

Les écoles ne seront pas prêtes pour la rentrée dans deux mois, il faut agir maintenant ! Il faut s’équiper de chariots pour le déplacement des professeurs, procéder à l’achat massif de masques pour les déplacements dans les aires communes des plus âgés, réorganiser nos écoles avec stations pour lavage des mains et transformer nos gymnases et agoras en multiples petites cafétérias. Tout ne pourra être comme avant, car un rassemblement de centaines d’adolescents au dîner est beaucoup trop risqué pour la santé publique. Par contre, il y a nécessité de trouver un compromis avant d’imposer à un élève de passer toutes ses pauses assis à son bureau et de dîner dans sa classe avec les mêmes quatre contacts imposés… pendant des mois !

Aujourd’hui, nous signons une pétition déjà forte de plus de 1150 noms pour la mise en place rapide d’un comité de travail entre le ministère de l’Éducation, la Santé publique et des enseignants et des directeurs sur le terrain afin de trouver un compromis qui ne brimera pas le développement de nos jeunes et assurera une année scolaire sécuritaire et harmonieuse pour tous, dans le respect de la sécurité collective.

*Cosignataires : Suzanne Vaillancourt, urgentologue pédiatre au CUSM ; Nathalie Jones, enseignante d’anglais langue seconde au Centre de services scolaire de Laval ; et Annie Janvier, pédiatre néonatologiste, éthicienne clinique, CHU Sainte-Justine

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