GSM Project

Des expositions pour la planète

Il y a d’abord eu cette exposition sur les sports à Montréal, puis une autre portant sur la vie d’une esclave, à Monticello, en Virginie. À celles-là, il faut ajouter une exposition sur le parfum, à Dubaï, et une autre sur la guerre à Singapour. En l’espace de quelques mois, GSM Project a livré quatre expositions uniques qui témoignent d’un certain goût du risque, mais aussi d’un foisonnement d’idées.

Comment cette entreprise montréalaise en est-elle arrivée à se forger une spécialité dans « l’expérience des visiteurs », notamment pour les musées ?

« En osant faire autrement », explique Yves Mayrand, président de GMS Project.

Selon lui, c’est en 1988, avec l’exposition Mémoires du Musée de la civilisation de Québec, que tout a changé pour cette entreprise qui s’affairait jusqu’alors à des projets de design variés.

« À l’époque, il y avait deux façons de faire une exposition : soit on présentait les objets de façon contemplative, soit on racontait une histoire basée sur une thématique, dit-il. Avec Mémoires, on a créé une troisième façon avec la visite immersive. »

GSM en remettait quatre ans plus tard à Montréal avec la nouvelle exposition du musée Pointe-à-Callière. Pour la première fois, on transformait des vestiges archéologiques en spectacle multimédia grâce à des projections vidéo. « Ça aussi, pour les musées, c’était révolutionnaire », souligne le designer de formation.

Forte de ces succès, GSM a décroché des contrats à l’international qui l’ont amené à ouvrir des bureaux à Dubaï et à Singapour. L’entreprise a entre autres aménagé l’observatoire du Burj Khalifa, la plus haute tour au monde.

« Chaque nouveau projet devient une occasion pour nous de se renouveler, explique M. Mayrand. On regarde chacun avec l’objectif d’en faire une réalisation quasi unique, sans jamais répéter la même recette. »

Approche pluridisciplinaire

Pour y arriver, GSM s’appuie sur une équipe pluridisciplinaire rassemblant une trentaine de spécialités, dont des muséologues, des recherchistes et des designers. « Pour un projet à Singapour, on a même engagé des auteurs de théâtre », souligne M. Mayrand.

Cette façon de mêler les expertises permet de créer des expositions qui se collent aux demandes du client.

« Parfois, un projet va demander un peu plus de création de contenu, alors qu’un autre va nécessiter plus d’efforts du côté des technologies. On a d’une certaine façon une boîte à outils dans laquelle on pige afin de produire une création faite sur mesure pour nos clients. »

— Yves Mayrand

Cette approche permet à l’entreprise d’oser des propositions originales, selon son président. À Singapour, elle a par exemple créé une exposition sans texte reposant exclusivement sur des documents vidéo et audio.

« Ici, on n’a pas d’équipe de recherche et développement, ajoute celui qui pilote GSM. Chaque projet devient un projet de R et D et nous permet d’innover. »

Cette façon de se lancer pratiquement dans le vide à chaque projet, GSM l’expérimente depuis ses débuts, il y a 60 ans de cela. Au fil des années, l’entreprise y est allée de réalisations variées, du design de pavillons d’Expo 67 à celui des premières voitures du métro de Montréal, en passant par la création de taxis pour la ville de New York.

« L’ADN de GSM n’a jamais changé, souligne d’ailleurs son président. Tout ce qui a changé, c’est le contexte : on s’est spécialisé dans un marché précis à l’international plutôt que de nous limiter à faire un peu de tout au Québec. »

Et ça semble bien fonctionner. L’entreprise compte actuellement sur une équipe de 80 employés à son bureau de Montréal, en plus d’une quarantaine à Dubaï et d’une douzaine à Singapour.

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