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L’impression 3D à la rescousse du patrimoine

Restaurer et rénover des immeubles patrimoniaux est souvent un travail très long et délicat. Grâce à la technologie, Creadditive parvient maintenant à le faire de manière plus efficace, mais aussi plus précise. Entrevue avec Martin Lavoie, entrepreneur de Gatineau qui fait du « vieux » avec du neuf !

Comment votre entreprise est-elle née ?

Quand nous nous sommes lancés, il y a deux ans, c’était plutôt dans le domaine industriel. Mes associés et moi voulions aider les manufacturiers avec l’impression 3D. Nous avons toutefois rencontré un nouveau partenaire qui avait des entreprises dans le domaine de la construction. Il faisait beaucoup de travaux au parlement du Canada, dont la reconstruction de pièces de plâtre endommagées. Il cherchait un moyen de gagner en efficacité, et c’est ainsi que nous sommes entrés en scène. Ensuite, nous avons regardé comment nous pourrions utiliser la numérisation dans d’autres types de projets de construction.

Comment utilisez-vous l’impression 3D en construction ?

Nous l’avons notamment utilisée pour remplacer des ornements endommagés durant la rénovation. Normalement, un artiste doit faire un croquis et il y a un long processus d’approbation pour s’assurer de respecter tous les détails. Avec nos instruments, nous pouvons simplement numériser la pièce, la reconstruire numériquement et faire un modèle 3D en plastique. Ensuite, on peut faire un moule pour couler le plâtre. L’artiste, lui, peut se concentrer sur la finition de la pièce. C’est beaucoup plus rapide.

De quelle manière utilisez-vous la numérisation de longue portée ?

Cela permet notamment d’avoir des mesures très précises et d’éviter les erreurs. Dans une pièce du parlement, il fallait installer des pièces de bois arrondies au plafond, par exemple. Dans un projet semblable, un huitième de pouce peut entraîner une différence d’un pouce et plus à la fin. Nous avons numérisé le plafond, créé les pièces par ordinateur, puis entré les données dans une découpeuse à commande numérique. Tout s’insérait parfaitement à la fin.

De plus, pour les vieux bâtiments, il n’y a généralement pas de plans en 3D pour les architectes. Quant aux vieux plans en 2D, ils sont imprécis, car ils n’ont souvent pas été respectés durant la construction et ils n’ont pas été mis à jour lors de rénovations. La numérisation règle ce problème-là. Nous l’avons notamment fait pour des immeubles patrimoniaux du projet de développement Zibi, situé sur les rives de la rivière des Outaouais.

Est-ce difficile de convaincre le milieu de la construction d’adopter cette technologie ?

La construction est un secteur où la connaissance de la modélisation et des logiciels est assez limitée. Au départ, les clients ont parfois de la difficulté à voir les applications de cette technologie. Quand on fait des tests avec eux, ils comprennent mieux comment ils peuvent l’utiliser.

C’est aussi pour cette raison qu’on donne rarement les données brutes. Les entrepreneurs n’ont pas les outils ou les connaissances pour les utiliser. Nous offrons donc le service jusqu’à la fabrication en confiant l’usinage à des sous-traitants spécialisés.

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