Santé

Des berceuses pour les enfants malades

Parce que le repos est l’un des ingrédients de la guérison, quatre artistes ont accepté d’adapter une de leurs chansons en berceuse pour l’offrir aux enfants malades, dans le cadre de la plus récente campagne de la Fondation de l’Hôpital de Montréal pour enfants (Montreal Children’s). Dans la touchante première vidéo diffusée mardi dernier, Charlotte Cardin lance le bal avec Faufile, une douce chanson qu’elle interprète, accompagnée à la harpe, pour Rachel, une jeune patiente de l’hôpital née avec une malformation cardiaque congénitale. Suivront Seul au combat, de Ludovick Bourgeois, Les coloriés, d’Alex Nevsky, et Exhale/Inhale, de Matt Holubowski. Une nouvelle vidéo sera mise en ligne tous les mardis jusqu’au 3 septembre, sur YouTube. — Valérie Simard, La Presse

SANTÉ

Le yoga aiderait les parents d’enfants TDAH

Les parents d’enfants présentant un trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) sont particulièrement durs envers eux-mêmes, mais le yoga semble en mesure de leur venir en aide, affirme une chercheuse de l’Université Laval qui a discuté de ses travaux en primeur avec La Presse canadienne.

Quelque 600 parents d’enfants de 8 à 11 ans et présentant ou non un TDAH ont répondu à un questionnaire mis en ligne plus tôt cette année par Nancie Rouleau, docteure en neuropsychologie, qui enseigne à l’École de psychologie de l’Université Laval, et ses collègues.

Première constatation : les parents dont l’enfant présente un TDAH font preuve d’une très faible compassion envers eux-mêmes quand on les compare aux parents dont l’enfant du même âge n’a pas de TDAH.

« Ce que ça veut dire dans la vie, c’est [que les parents dont l’enfant présente un TDAH] ont une autocritique plus élevée, ils sont plus durs envers eux-mêmes qu’ils ne le seraient envers quelqu’un d’autre. »

— Nancie Rouleau, professeure de psychologie à l’Université Laval

« Cette petite voix critique intérieure que nous avons tous, chez eux, elle est particulièrement élevée. Si on ajoute à ça le jugement qu’ils reçoivent parfois dans les médias et dans la société, ils n’ont pas besoin de se faire critiquer à ce point-là ; ils le font suffisamment eux-mêmes », explique Nancie Rouleau.

Mettre en place un programme

Les chercheurs veulent mettre en place un programme d’intervention basé sur les pratiques contemplatives comme la méditation, le yoga et le taï-chi. Ils se sont demandé si les niveaux de pleine conscience – à savoir d’être dans le moment présent, d’être pleinement conscient des émotions et des pensées et même des sensations physiques que l’on ressent à chaque instant de la journée – et de compassion pour soi des parents étaient associés à la pratique du yoga, particulièrement.

« On a demandé aux parents s’ils avaient déjà pratiqué le yoga de façon soutenue, donc au moins une fois par semaine pendant au moins quatre mois, et s’ils le pratiquaient actuellement, précise Mme Rouleau. On a vu un effet très significatif de la pratique du yoga. »

Les parents qui ont un enfant TDAH et qui ont une pratique actuelle du yoga, a-t-elle dit, ont des niveaux de compassion pour soi et de pleine conscience significativement plus élevés que les parents d’enfants TDAH qui ne le pratiquent pas.

Cela porte à croire que la pratique du yoga pourrait améliorer la compassion pour soi et la pleine conscience, et qu’elle pourrait réduire le stress parental – l’écart entre les demandes et les exigences auxquelles le parent doit répondre dans son rôle de parent et les capacités qu’il a l’impression de posséder afin de pouvoir satisfaire ces demandes.

« Le sentiment de compétence parentale est très écorché par la présence d’un TDAH dans une famille. »

— Nancie Rouleau, professeure de psychologie à l’Université Laval

« Si, pendant des années, vous essayez de cadrer votre enfant, de lui enseigner certains comportements, de l’aider à mieux se comporter, à faire ce qu’il a à faire au moment où il doit le faire, et que ça ne fonctionne pas, c’est certain qu’on se blâme toujours comme parent quand notre enfant ne va pas bien. On se critique, on se dit qu’on ne l’a pas », indique Mme Rouleau.

Les bienfaits du yoga

Environ 18 % des parents qui ont répondu au sondage pratiquaient ou avaient déjà pratiqué le yoga, tandis que 10 % le pratiquaient actuellement.

« Le yoga, ce n’est pas seulement des postures physiques, ce n’est pas de la gymnastique, il y a tout un côté connexion corps-esprit, donc d’être conscient de nos émotions pendant les postures. C’est une pratique intégrative qui va travailler aussi la compassion pour soi, en plus de travailler la santé physique », dit la Dre Rouleau.

Pour être en mesure d’aider son enfant, ajoute-t-elle, le parent doit être moins stressé. Il doit être en bonne santé mentale et physique, et doit être présent dans la relation.

« La pratique quotidienne du yoga, c’est un entraînement sur plusieurs années qui nous aide à revenir dans le moment présent, comme la méditation, explique Mme Rouleau. C’est un peu comme si votre tapis de yoga devenait votre laboratoire pour voir comment vous allez aujourd’hui. » 

« Ce sont des pratiques qui permettent d’améliorer la connaissance de soi, de réguler nos émotions, et il faut se rappeler qu’il y a de la méditation dans la pratique du yoga. »

— Nancie Rouleau, professeure de psychologie à l’Université Laval

La littérature scientifique témoignerait d’ailleurs déjà de l’efficacité du yoga au chapitre de la compassion pour soi. De plus, pour certains adultes et enfants qui ont un TDAH, s’asseoir et méditer représente un défi de taille. Le yoga constitue donc pour cette clientèle une bonne porte d’accès aux pratiques méditatives.

« Mon équipe et moi-même sommes convaincus que la pratique contemplative, particulièrement du yoga et de la compassion pour soi, peut être des outils très efficaces pour ces parents-là, dit la Dre Rouleau. Je pense que c’est très encourageant, et ça nous indique une voie potentielle d’intervention ou d’aide pour eux. »

L’enquête se poursuit. Les parents d’un enfant âgé de 8 à 11 ans qui a ou non un TDAH sont invités à y participer. Les chercheurs cherchent plus particulièrement à recueillir les commentaires de papas et de parents dont l’enfant n’a pas de TDAH.

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