école spécialisée en déficience intellectuelle

Collecte de fonds pour un terrain de jeux adapté

Une école publique de Montréal spécialisée en déficience intellectuelle lance une campagne de financement pour refaire sa cour, mal adaptée aux besoins des élèves qu’elle accueille. Les parents et le personnel de l’école cherchent 75 000 $ auprès de particuliers, d’entreprises et de fondations. L’objectif : favoriser l’autonomie et permettre aux enfants ayant une déficience intellectuelle profonde de jouer comme les autres.

Au moment de la récréation, Rahma, 4 ans, accourt vers la balançoire. Anticipant le fait qu’elle ne pourra y grimper seule, son enseignante la porte pour l’asseoir. « La plupart des enfants ont besoin d’aide pour monter sur la balançoire et en descendre, explique la directrice de l’école Saint-Pierre-Apôtre, Isabelle Côté, en regardant la scène. Avec les travaux, des assises plus basses et plus larges, ils devraient pouvoir s’asseoir seuls, être autonomes. »

Cet établissement public, situé dans le quartier Villeray, accueille 125 élèves de 4 à 12 ans. Tous présentent une déficience intellectuelle de légère à profonde et ont des besoins particuliers. Constatant l’aspect vétuste, mal adapté et non sécuritaire de la cour de l’école, les parents et l’équipe éducative ont lancé un projet de réaménagement de la cour, dont le coût est estimé à 125 000 $.

La Commission scolaire de Montréal (CSDM) va participer à hauteur de 25 000 $. Idem pour le ministère de l’Éducation. Le reste devra être financé par l’école. Les parents d’élèves et l’équipe éducative ont donc lancé un financement participatif pour récolter 75 000 $. Ils comptent sur les particuliers, entreprises et fondations pour pouvoir lancer les travaux en juin 2019.

Pas de sortie les jours de pluie

La cour actuelle, dont la configuration date de 1994, ne correspond plus aux besoins de l’établissement qui reçoit de plus en plus de jeunes avec une déficience intellectuelle profonde. Ces enfants utilisent rarement les équipements, car ils sont trop complexes en matière de sécurité et d’accès. « Chacun doit avoir sa place dans la cour. Nous voulons créer un espace dédié, sécurisé, avec des équipements adaptés », explique l’ergothérapeute de l’établissement, Nathalie Breault. 

Autre point noir : pendant les jours de pluie, la plupart des enfants ne peuvent sortir, à cause du sable qui compose la moitié de la cour. « Le sable recouvre l’asphalte et devient très glissant, indique l’ergothérapeute. Et puis, certains enfants le mettent dans la bouche, en ont plein les chaussures. » Le sable devrait donc être remplacé par du caoutchouc coulé, idéal pour amortir les chutes.

vers davantage d’autonomie

Isabelle Côté souligne l’importance de la cour d’école dans la vie de ces enfants : « C’est parfois leur seul terrain de jeu. Pour certains parents, il est pratiquement impensable de se rendre au parc, car tout l’environnement n’est pas sécuritaire pour leur enfant. L’espace n’est pas toujours clôturé, les modules pas adaptés à leur âge ni à leurs capacités motrices. Une simple sortie au parc peut se transformer en expédition. » Elle constate également que lorsque les enfants se dépensent dans la cour, ils sont en général plus attentifs en classe.

Pour elle, accroître l’autonomie dans la cour d’école influe positivement sur le quotidien. « Un enfant capable de marcher, courir, grimper, garder l’équilibre, lancer, attraper, aura plus de contrôle sur son corps et plus de facilité à s’adapter à son environnement. Il pourra atteindre une autonomie fonctionnelle qui lui permettra de participer de façon optimale à la vie en société. »

Et de résumer : « La cour d’école n’est pas seulement un endroit pour s’amuser, c’est aussi un endroit pour apprendre. »

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