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Bientôt un Uniqlo à Montréal ?

Depuis quelques jours, nombre de publications et de blogues ont relayé une nouvelle : Uniqlo ouvrirait enfin sa première boutique au Québec, au Centre Eaton de Montréal. Certains s’avancent même sur le local sélectionné par le détaillant japonais de prêt-à-porter abordable qui compte des adeptes partout sur le globe, soit l’ancien local de Forever 21, rue Sainte-Catherine. Une information qu’Uniqlo a refusé de corroborer. Selon la position officielle de l’entreprise, transmise par son attachée de presse au Québec, Uniqlo serait toujours activement à la recherche d’un espace commercial à Montréal, y compris au Centre Eaton. Les mordus d’Uniqlo devront donc s’armer encore de patience avant de célébrer officiellement la nouvelle. En attendant, il est toujours possible de magasiner de l’Uniqlo en ligne au Canada.

— Iris Gagnon-Paradis, La Presse

Épilation pubienne

Quand les stéréotypes s’en mêlent

Les femmes s’épilent davantage le pubis quand elles sont en couple, selon une nouvelle étude belge. Chez les hommes, c’est le contraire. Cela s’explique par le poids des stéréotypes, explique son auteur principal.

Une apparition remarquée

L’étude est née en 2011 quand Kaat Bollen, étudiante à la maîtrise à l’Université de Louvain, en Belgique, est allée dans un talk-show télévisé pour parler de sexologie. « Le présentateur lui a demandé quel était son sujet de maîtrise », explique l’auteur principal de l’étude, Paul Enzlin, qui était le directeur de maîtrise de Mme Bollen. « Quand Kaat a répondu que c’était l’épilation du pubis, ça a créé toute une sensation. Ça a carrément lancé une carrière médiatique pour elle. Un magazine lui a demandé d’écrire un article avec un quiz sur le sujet, et j’ai eu l’idée d’en profiter pour y lier une étude sur l’épilation du pubis. Sans la popularité du magazine, Humo, on n’aurait jamais réussi à avoir autant de répondants d’âges divers. Souvent, les études en sexologie utilisent des étudiants universitaires, ça limite l’application à la population en général. » L’étude, qui comportait plus de 4400 cobayes, a été publiée cet été dans le Journal of Sexual Medicine. À noter, Mme Bollen a depuis publié quatre livres sur la sexualité en plus d’apparaître dans de multiples capsules vidéo sur le sujet, entre autres projets.

Hommes et femmes

La conclusion la plus surprenante de l’étude est que l’épilation est plus populaire chez les hommes célibataires que chez ceux qui sont en couple, alors que c’est le contraire chez les femmes. L’effet est en partie lié à l’âge – les hommes plus âgés sont moins susceptibles de s’épiler le pubis et sont plus souvent en couple –, mais pas entièrement. « Chez les femmes en particulier, l’effet du couple demeure même si on compare des femmes du même âge », dit M. Enzlin. L’impact du couple sur l’épilation du pubis n’est statistiquement significatif que pour les femmes dans la vingtaine et dans la quarantaine, à cause du nombre limité de répondants dans chaque catégorie d’âge. Est-il possible que l’échantillon compte une surreprésentation d’amateurs d’épilation pubienne ? « C’est possible, mais quand on compare les proportions aux autres sondages, on a des résultats comparables. »

Comportement et identité

Pourquoi les femmes en couple s’épilent-elles plus souvent le pubis que celles qui sont célibataires ? « Notre hypothèse est qu’il s’agit d’un comportement suscité par l’identité, par les modèles sociaux féminins, dit Paul Enzlin. Les femmes se sont traditionnellement faites belles pour l’intimité avec leur mari, alors que les hommes n’ont pas ce modèle, du moins pas jusqu’à récemment. » La perte de poils pubiens durant une séance de sexe oral semble être une motivation importante de l’épilation, ce qui pourrait en partie expliquer l’impact du couple sur la femme, selon M. Enzlin – et il y a moins de poils sur le pénis.

L’influence du porno ?

La prévention des dommages causés par l’épilation pubienne est l’un des buts de Paul Enzlin. « Ce n’est pas une pratique condamnable en soi, mais il faut prendre soin de la peau de cette région sensible, utiliser un rasoir neuf chaque fois, de la crème à raser. Peut-être faudrait-il modifier un peu le message de prévention pour les différents groupes. Parfois, un médecin, un dermatologue, pourrait être plus efficace pour faire de la prévention. Il faut aussi parler d’acceptation de son corps, voir les motivations de l’épilation pubienne. » Certains chercheurs avancent que l’accessibilité de la pornographie en ligne fait des pubis sans poils une norme à suivre, et parfois mènent à des interventions chirurgicales pour modifier les lèvres du vagin. Qu’en pense le sexologue de Louvain ? « C’est très possible, les stars du porno deviennent des modèles à imiter. »

Négociations

M. Enzlin veut maintenant étudier plus en détail les négociations liées à l’épilation pubienne à l’intérieur du couple. « Beaucoup de gens dans des relations temporaires se rasent le pubis pour être dans un état optimal pour une relation sexuelle avec une personne qu’elles connaissent depuis peu. J’aimerais comprendre si c’est une demande du partenaire, ou une demande supposée du partenaire, s’il y a des signes non verbaux qui mènent à l’épilation. Notre étude ne permettait pas de comparer les comportements d’une personne avec le discours de son partenaire. » Parmi les autres domaines d’études de M. Enzlin, on retrouve l’impact du diabète et d’autres maladies sur la vie sexuelle des femmes et la vie sexuelle des hommes touchés par la démence précoce.

Quelques chiffres

28 % des hommes de 15 à 20 ans pratiquent l’épilation pubienne

88 % des femmes de 15 à 20 ans pratiquent l’épilation pubienne

48 % des hommes de 50 à 60 ans pratiquent l’épilation pubienne

66 % des femmes de 50 à 60 ans pratiquent l’épilation pubienne

Source : Journal of Sexual Medicine

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